Du résidentiel dans le quartier d'affaires de la Part-Dieu, à Lyon ? Si c'est déjà en partie le cas, le phénomène s'accélère. Depuis plusieurs années, la société publique locale Lyon Part-Dieu, qui articule les opérations public-privé du 2e centre d'affaires français, mène un vaste plan de régénération du bâti. Face au changement climatique, accentuant les îlots de chaleur dans ce quartier ultra-artificialisé, mais aussi dans une dynamique de mixité des activités, les grands ensembles de bureaux, construits dans les années 1960-70, sont pour certains démolis, mais surtout réhabilités. De nouveaux espaces de travail sont créés, mais aussi de nouveaux logements. Les élus écologistes promeuvent depuis le début de leur mandat un « rééquilibrage » entre tertiaire et résidentiel. La Part-Dieu compte en effet 2.500 établissements (institutions, entreprises) et près de 60.000 emplois.
Ainsi, poussés par la réglementation autour de la rénovation énergétique, les projets immobiliers de réhabilitation, plus sobres en carbone, mais bien plus coûteux que la démolition-reconstruction, essaiment dans le 3e arrondissement. Déjà 125.000 m2 de surfaces ont été réhabilitées. De même, 120.000 autres m2 sont en cours de transformation jusqu'en 2026 et 300.000m2 sont qualifiées de « surfaces mutables », d'ici à 2029. Au total, l'objectif fixe une rénovation de près la moitié du parc de bureaux sur le périmètre de la concession d'aménagement d'ici à la fin de la décennie. Le décret tertiaire, imposant une réduction des consommations énergétiques de 40 % par rapport à 2010, oblige en effet les propriétaires. De même, le secteur doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 53 % pour atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050.