Drôme : quel rôle pour l'aéroport de Valence ?
Aurélien Tournier
Aurélien Tournier
Sans les subventions et le soutien des collectivités, certains aéroports français mettraient la clé sous la porte. Dans la Drôme, l'aéroport de Valence-Chabeuil, situé à quelques kilomètres de la ville-préfecture, en fait partie. Et il ne s'agit pas d'un cas isolé. Avec ses seuls 2 000 passagers commerciaux par an, la structure est en déficit. Il lui faudrait atteindre en effet le million pour parvenir au seuil de rentabilité. Pour autant, les comptes flirtent avec l'équilibre.
L'initiative portée par Piéric Brenier, à travers la création de l'agence de voyages BirdyFly en juin 2014, apporte ainsi un nouveau souffle et s'inscrit pleinement dans la stratégie de la structure. Seul financeur depuis 2013, le Département profitera de cet élan pour continuer à investir sur le site. La rénovation de l'aérogare, l'aménagement de salles de réunion et d'un bar destinés aux futurs voyageurs sont prévus en cette fin d'année. En 2010, la piste et le balisage avaient été refaits (à hauteur de 5 millions d'euros).
Par ailleurs, les équipes de la Direction régionale de l'aviation civile (DGAC) devraient quitter le site d'ici fin 2015. Trois personnes agrémentées seront alors chargées de l'information aéronautique auprès des aéronefs, ce qui portera à 10 le nombre de salariés présents sur le site.
Les investissements peuvent paraître nombreux. Pour autant, le budget de fonctionnement de l'aéroport n'est pas aussi élevé qu'on puisse le croire. Les délibérations, qu'Acteurs de l'économie a pu se procurer, montrent en effet que le budget de l'aéroport ne dépasse pas les 400 000 euros. "Nos équilibres financiers n'ont absolument rien à voir avec de plus grosses structures. Nous ne finançons aucune ligne", indique Marjorie Léauthier.
D'après une simulation, le déficit de la structure, en terme de fonctionnement, avoisinerait pour 2014 les 70 000 euros. Il était de l'ordre de 187 000 euros en 2011.
Mais à l'heure des restrictions budgétaires et des futures régions, quid du financement de ces aéroports locaux ? Un peu plus de 100 aéroports maillent en effet le territoire. Pour Philippe Aliotti, délégué général de l'Union des aéroports français (UAF), le choix sera résolument politique.
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Gérard Chaumontet, vice-président (PS) chargé de l'économie, de l'emploi et de l'innovation, ne semble pas inquiet quant au devenir de la structure. "Un parc d'activités de 10 hectares devrait voir le jour à ses abords. Rhône-Alpes est la deuxième région aéronautique de l'Hexagone. Des entreprises de ce domaine se sont déjà manifestées pour s'y implanter. Il y aura toujours une collectivité qui soutiendra ce projet", souligne-t-il.
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Pour l'heure, le syndicat mixte, qui gère l'équipement, réunit seulement la Chambre de commerce et d'industrie de la Drôme ainsi que le Conseil général. La communauté d'agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes présidée par Nicolas Daragon (UMP), qui compte 51 communes et près de 200 000 habitants, devrait le rejoindre d'ici les prochains mois. Une délibération en ce sens va en effet être proposée en mars 2015.
Aurélien Tournier
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