La Suisse refuse de lutter contre la spéculation sur les denrées alimentaires
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Œuvrer contre les famines au plan mondial. Telle était l'ambition d'une des quatre votations proposées au peuple suisse, le 28 février. Précisément, celle-ci demandait une interdiction des paris en bourse sur les marchandises agricoles.
Avec un taux de participation d'environ 63 %, ces votations fédérales suisses ont connu leur plus forte participation depuis 1992, date du scrutin sur l'adhésion de la Suisse à l'Espace économique Européen. L'initiative a finalement été rejetée par 59,9 % des votants.
Longtemps relégué au second plan, le débat contre la spéculation des denrées alimentaires a pris de l'ampleur du côté suisse. Cette consultation pourrait bien réveiller les esprits, engendrer des modifications dans les cantons favorables, faire bouger le Parlement et entraîner, malgré tout, un encadrement législatif plus strict suite à l'entrée en vigueur au 1er janvier de la Loi sur l'infrastructure des marchés financiers (LIMF).
"Les deux crises alimentaires de 2008 et 2012 auraient pu être évitées car elles étaient une conséquence de la spéculation", martèle Muriel Waeger, vice-présidente des Jeunes socialistes suisses (JSS), à l'origine de cette question aussi technique que politique qui avait rassemblé quelque 140 000 signatures pour être déposée à la Chancellerie fédérale. L'initiative avait été rejetée au Parlement il y a un an, pour être ensuite présentée au peuple.
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"C'est un certain type de spéculation que nous remettons en cause : le fait de revendre pour modifier artificiellement les prix sans avoir accès à la matière première", explique la jeune élue avec, à l'appui, une étude réalisée en 2010 par la Banque Mondiale établissant une relation entre les activités des fonds indiciels et le prix des denrées.
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La Suisse est une place financière des plus importantes par où transite la moitié de la spéculation sur le blé et 30 % de la spéculation alimentaire mondiale.