ENTRETIEN. Aurélie Le Meur, 39 ans, fait partie des nouveaux visages de la "vague verte" issues des dernières élections municipales. Devenue 1ère vice-présidente de Grand Chambéry (135.000 habitants) en charge de la transition écologique, elle veut faire de cette agglomération, située aux portes des Alpes, une ville "pionnière" sur le terrain des transitions, qui n'ait "rien à envier" aux plus grandes métropoles. Une occasion de se positionner également sur des dossiers brûlants comme le Lyon-Turin.LA TRIBUNE AURA - Quel est votre parcours avant votre arrivée en politique?
AURELIE LE MEUR- Ingénieure environnement de formation, j'ai étudié en France et à l'étranger sur des problématiques de gestion de la qualité et de la ressource en eau.
Je suis arrivée à Chambéry en 2006 comme chargée de mission développement durable pour Savoie Vivante, une association qui accompagne la dynamique de développement local dans les territoires ruraux. J'ai ensuite pris la direction de l'association. En 2017, je suis devenue directrice des pôles Lien aux populations, Écoute des territoires et Concertation à l'Agence alpine des Territoires, spécialisée dans le développement et l'aménagement territorial.
Comment vous êtes-vous lancée en politique ?
"J'ai toujours regardé la politique de loin, jusqu'en 2017, quand nous avons fondé le Mouvement citoyen du Grand Chambéry. Avec de nombreux acteurs et habitants, nous posions le constat d'un problème démocratique de fond : le record d'abstention aux élections municipales de 2014, alors que ce sont les élections qui intéressent le plus les habitants. C'était très inquiétant.
Nous avons souhaité redonner le pouvoir d'agir aux citoyens, en refaisant prendre conscience que les élus ne doivent pas être là pour faire carrière. Ce sont des citoyens qui, à un moment donné, prennent un engagement et les responsabilités d'administrer une ville.
Cette démarche citoyenne collective a constitué une liste pour les municipales, avec des personnes tirées au sort, d'autres proposées et aussi des volontaires. Je me suis portée volontaire afin de prendre ma part et m'engager.
Le groupe local d'Europe Écologie Les Verts (EELV) nous a apporté son soutien, mais je ne suis pas membre d'EELV. J'ai conduit la liste Chambé citoyenne aux dernières élections municipales, qui a obtenu 22,5% des voix, 22 voix derrière la liste de Thierry Repentin. Nous avons alors passé un accord pour unir nos listes au second tour, que nous avons remporté avec 52,6% des voix.