Réforme du code du travail : manifestation sous tension à Lyon
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La musique émanant du camion de la CGT reprend. Les banderoles et pancartes se soulèvent de nouveau. Et finalement, les slogans retentissent au niveau de la station Garibaldi, sur le cours Gambetta, à Lyon. Il est 14h30. Deux heures plus tôt, la manifestation contre les ordonnances venant réformer le code du travail avait été bloquée, à peine commencée, par des dizaines de CRS. Puis, les forces de l'ordre avaient coupé la manifestation en deux, isolant à coup de gaz lacrymogène, matraque et flashball une partie des manifestants, pour la plupart issus de groupes anarchistes ou antifascistes. Tant qu'ils ne sont pas libérés, le reste du cortège refuse d'avancer.
"Libérez nos camarades", crie la foule à intervalles réguliers. Au terme de plusieurs négociations, tous sont finalement relâchés. "Maintenant, on peut reprendre la manifestation contre la loi travail XXL, ce pourquoi on était venu", scande Joao Pereira Alfonso, secrétaire général UD CGT 69, au haut-parleur.
Car si entre 5 400 (selon la police) et 10 000 personnes (selon les syndicats) ont décidé de descendre dans la rue, à l'appel de la CGT et de ses alliés (Sud, FSU, Unef), c'est pour clamer leur opposition aux ordonnances présentées à la fin du mois d'août par le gouvernement Philippe et la ministre du Travail, Muriel Penicaud. "Ces ordonnances marquent la fin de la hiérarchie des normes, la fusion des instances représentatives amène à moins de représentation des salariés au sein de l'entreprise, le plafonnement des indemnités prud'homales divisé par deux. Elles ne vont pas dans le sens du monde du travail", regrette Joao Pereira Alfonso.
Avant le début de la manifestation, Christine se trouve à l'avant du cortège, avec un groupe d'amies.
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Mobilisée tant pour le fond que pour la forme, elle se dit également "furieuse de la façon dont passent les lois : normalement, elles doivent être votées, discutées, et amendées si besoin." Un constat que rejoint Ludovic. Cet étudiant en deuxième année à l'IEP de Lyon a revêtu pour l'occasion un t-shirt rose, signe de son appartenance à un mouvement queer-LGBT. Il dénonce "une réforme qui précarise, et touche davantage les minorités. Ce n'est pas la société dans laquelle nous avons envie de vivre."