Il parlera, à Grenoble, des quartiers prioritaires, au sein d'un quartier qui avait lui-même marqué les esprits, dès les années 2010 : le quartier de la Villeneuve, à cheval entre les communes d'Echirolles et de Grenoble, était en effet devenu un symbole malgré lui à travers le discours de Nicolas Sarkozy, prononcé en juillet 2010, à la suite d'une nuit de violences urbaines. Avec ses 22.000 habitants, et ses 8.000 logements, cet ensemble urbain à l'architecture héritée des années 60, reconnaissable par ses nombreuses coursives et bâtiments élevés et inter-reliés, s'étend en réalité sur cinq secteurs : l'Arlequin, le Village Olympique et les Géants à Grenoble, ainsi que les Essarts et Surieux à Echirolles.
Depuis plusieurs années, ce quartier a fait l'objet de plusieurs conventions entre les collectivités locales et l'État, en premier lieu dans le cadre du premier Programme national de renouvellement urbain (PNRU 2006-2016). Suivi, d'un nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) sur la période 2018-2028, qui vise à poursuivre les efforts engagés sur les deux communes de Grenoble et d'Echirolles, avec des travaux intervenants sur différents champs (logements, cadre de vie, économie, emploi, éducation, sécurité, etc).
Six mois après une visite plutôt axée sur la santé en Nord-Isère (où il avait notamment visité l'usine de production de paracétamol du chimiste Seqens), c'est donc ici qu'est annoncé le premier ministre Jean Castex, afin de tirer un premier bilan de la mise en place d'un dispositif précis : le Comité interministériel à la Ville (CIV), une structure en charge de définir et coordonner les actions de l'Etat au sein des territoires urbains depuis 1988, mais qui ne s'était pas réunie depuis 2013...
Cet outil directement placé sous la responsabilité du Premier ministre est chargé de veiller sur 1.513 quartiers prioritaires regroupant 5,4 millions d'habitants, soit 8% de la population française, avec des spécificités de taille : 39,1% de sa population aurait moins de 25 ans (contre 29% pour le reste de l'Hexagone), mais surtout un taux de pauvreté et un taux de chômage 3 fois plus élevé qu'ailleurs,précisait déjà le gouvernement en janvier dernier.