Stations de ski : 100 millions pour réchauffer les "lits froids"
Didier Bert
Didier Bert
La Caisse des Dépôts et plusieurs banques (le Crédit agricole, la Banque populaire des Alpes et la Caisse d'épargne Rhône-Alpes) viennent d'annoncer qu'elles vont s'associer pour créer une société foncière destinée à construire ou rénover 1500 à 2000 lits touristiques dans les Alpes du nord.
Cette région compte actuellement plus de 550 000 lits touristiques. Dotée de 30 millions d'euros de fonds propres, la Foncière Hôtelière permettra d'investir jusqu'à 100 millions d'euros.
La création de cette société foncière survient deux ans après celle de la Foncière Rénovation Montagne, lancée en avril 2013 par les mêmes partenaires, qui étaient alors associés à la Compagnie des Alpes. Cette structure était chargée d'acheter, rénover et remettre sur le marché 500 logements, soit 2500 lits, dans cinq stations (La Plagne, Les Arcs, Les Ménuires, Les Deux-Alpes et Serre-Chevalier).
Depuis 2013, 300 logements ont d'ores et déjà été rénové pour un coût total de 37 millions d'euros. Et la Foncière Rénovation Montagne pourrait poursuivre son action à Tignes dès cette année.
Les exploitants des domaines skiables rêvent de voir diminuer la part de lits froids durant la saison, c'est-à-dire entre 30 et 40% des capacités d'hébergement qui demeurent vides. « Chaque perte de lit est une perte de résultat pour l'exploitant, puisqu'il fait face essentiellement à des charges fixes, observe Pascal Vie, directeur juridique et financier de la Société des Trois Vallées (S3V). Il existe un immense réservoir d'appartements anciens à valoriser. »
Prenant le taureau par les cornes, la S3V a créé Affiniski, une filiale qui rénove elle-même des logements, en employant ses propres employés en rénovation. « Souvent des saisonniers qui travaillent sur les remontées mécaniques durant l'hiver », souligne M. Vie.
Toutefois, de telles initiatives se heurtent à la multitude des acteurs. Pour faire revenir des appartements anciens sur le marché de la location, encore faut-il arriver à convaincre leurs propriétaires d'exécuter les rénovations attendues par la clientèle d'aujourd'hui.
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La tâche est ardue quand il s'agit de particuliers qui ont acheté un appartement il y a plusieurs décennies, et qu'ils l'ont retiré du marché de la location, parce que les loyers ont fini de payer l'emprunt, et qu'ils souhaitent le garder pour eux plutôt que le louer à des inconnus, souligne David Ponson, directeur des opérations à la Compagnie des Alpes.
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« Nous devons faire comprendre aux propriétaires qu'un appartement inoccupé ne fait pas fonctionner les remontées mécaniques, les commerces, les écoles, explique Jean-Luc Boch, le maire de Mâcot-La-Plagne. Une station est une usine blanche. Les appartements sont utiles aux besoins économiques de la station. »
Didier Bert
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