Musée gallo-romain de Lyon, vers l'antique et au-delà
Gérard Corneloup
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Plus de 2 000 ans d'un côté, à peine 40 ans de l'autre. Ces chiffres extrêmes concernent pourtant la même ville : Lyon. D'un côté, il s'agit de la date de la création antique autant que romaine de la cité, un jour de l'an 43 av. J.-C., dans le mouvement des troubles survenus après l'assassinat de Jules César. Création par l'un de ses anciens « adjoints », Munatius Plancus, gouverneur de ce que les historiens vont qualifier de Gaule chevelue, sous le nom initial de « Colonia Copia Felix Munatia Lugudunum », dont on ne conservera que la dernière partie. Une création officielle sinon véritable, car de plus en plus de recherches, et donc de découvertes archéologiques, montrent que l'homme du cru, du peuple gaulois, se fixa à Fourvière bien avant cette date.
De l'autre côté, un modeste demi-siècle, presque terminé, et qui débute en 1975, avec la volonté, pour le moins tardive de consacrer enfin un musée destiné à rappeler cette naissance antique de l'une des plus anciennes cités de l'Hexagone. D'en rappeler les grands moments historiques, mais aussi la vie urbaine et quotidienne, ne serait-ce qu'à partir de la multitude d'objets « récupérés » au fil des chantiers et des siècles.
Avec une question phare : comment édifier là, sur les pentes de la colline, marquées par d'anciennes présences tant architecturales que religieuses, un musée d'importance, sans modifier et dénaturer le riche site archéologique l'occupant ?
À commencer par les deux théâtres antiques découverts à l'aube du XXe siècle, dans les vignes, sortis de terre dans les années 1930 selon la volonté du maire Édouard Herriot et classés au titre des monuments historiques.
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Son successeur Louis Pradel, féru de béton comme Lyon en porte encore le sceau imposant, opte pour un musée de la civilisation gallo-romaine conçu et réalisé par l'architecte Bernard Zehrfuss. Lequel imagine et propose une construction s'intégrant pleinement dans le site archéologique, incrustée dans la colline, toute proche des théâtres sur lesquels le visiteur peut plonger le regard, par le biais de canons à lumière.
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