« Les arbitrages des clients, s'ils ont lieu, ne se font pas sur les départs au ski ». Cette affirmation, formulée par Betty Rech, chargée de missions transverses pour Atout France, semble depuis des années faire loi dans le secteur du tourisme hivernal en montagne. Pour preuve : malgré le contexte inflationniste (en ralentissement progressif en 2023), là où le facteur prix est de loin le premier déterminant dans le choix des séjours et des consommations de loisirs, les montagnes françaises enregistrent un taux de réservations supérieur de deux points par rapport à l'année précédente, de mi-janvier à avril. Soit une « jolie avance par rapport à l'année dernière » et une « très bonne saison en perspective », résume souriante Caroline Leboucher, directrice générale de l'agence de promotion touristique.
Déjà, le mois de décembre laissait augurer une forte progression des réservations : « le calendrier était très favorable entre Noël et Nouvel an, pointe Sylvain Charlot, délégué montagne pour Atout France. Les semaines de vacances étrangères étaient en effet pratiquement toutes concentrées sur les mêmes que les françaises. Nous avons ainsi mesuré une croissance de 12 points sur le début de la saison par rapport à l'année 2022-2023 sur l'ensemble des stations. Alors que nous estimions une hausse de 5 points... ». Au point que les domaines skiables « n'ont jamais fait un début de saison aussi exceptionnel », relève Caroline Leboucher, après avoir échangé avec les acteurs présents ce début de semaine à Chambéry (Savoie) pour le salon Destination montagnes.
« Cette tendance est notamment ressentie les week-ends : sur deux jours, certaines stations réalisent 60 % de leur chiffre d'affaires de la semaine. De même, le syndicat des moniteurs des cours de ski mesure une hausse de 15 à 18 % des heures réservées à l'avance. C'est un autre indicateur intéressant, à la fois sur le fait que le ski reste une motivation pour venir à la montagne l'hiver, même si ce n'est plus la seule, mais aussi sur le fait qu'on vit une année exceptionnelle », ajoute la directrice générale.