Les professionnels de la station iséroise attendaient la décision de la Communauté de Communes de la Matheysine, en charge du site. Le couperet est tombé mardi 24 juin : la collectivité n’a pas pu réunir les fonds nécessaires pour maintenir l’activité de cette station déjà sauvée in extremis l’an dernier.C'est « la fin d'une histoire commune ». Un communiqué de presse conjoint de la Communauté de Communes de la Matheysine et de SATA group, exploitant de la station, diffusé mardi 24 juin en fin de journée, a douché les espoirs des défenseurs de l'Alpe du Grand Serre, station de ski iséroise emblématique, proche de Grenoble qui avait déjà failli rester close l'an dernier.
Sur la sellette, la station espérait voir une issue favorable se dessiner mais les acteurs expliquent ne pas disposer « des moyens financiers adaptés et suffisants à la construction d'un nouveau modèle économique 4 saisons pour la destination de l'Alpe du Grand Serre. » Actant ainsi la fermeture définitive de la station.
Début mars, la Communauté de communes de la Matheysine s'était engagée dans un nouvel appel d'offres visant à renouveler la délégation de service public pour la station.
«C'était l'outil de la dernière chance,estime Coraline Saurat, présidente de la collectivité, contactée par La Tribune.Nous n'avons pas réussi à réunir les financements suffisants - nous avons fait le choix d'abandonner la procédure »,résume-t-elle, taclant au passage l'État, «grand absent »autour de la table, alors que le département et la région s'étaient engagés à soutenir le projet de la station.
« Malgré les annonces, les déplacements ministériels nous n'avons pas eu d'engagement sur des investissements précis... c'était du spectacle ! », embraye-t-elle.
« Nous ne sommes pas arrivés à faire en six mois ce que nous n'avions déjà pas réussi à faire en cinq ans », poursuit Coraline Saurat, évoquant plusieurs millions d'euros nécessaires - un montant conséquent ramené au budget de la collectivité. À l'automne dernier, la station avait déjà défrayé la chronique, ses défenseurs parvenant à arracher in extremis un sursis d'un an pour tenter de réinventer un modèle économique.
200 emplois menacés
Du côté des défenseurs de la station, habitants, commerçants et socioprofessionnels, c'est la douche froide. « Apprendre la décision de fermeture par communiqué de presse et sur les réseaux sociaux, cela a été très dur à encaisser, réagit Florent Battistel, directeur de l'ESF de l'Alpe du Grand Serre.