Un pas de plus pour le metrocâble grenoblois ?
Marie Lyan
Marie Lyan
Un premier bilan sous un jour positif : c'est le portrait qu'ont brossé les élus métropolitains à l'égard de la consultation publique qui s'est tenue à l'automne dernier sur le projet de metrocâble reliant la commune de Fontaine à Saint-Martin-le-Vinoux.
"Il était tout à fait normal que pour un projet de cette importance que nous passions par une consultation préalable avec les métropolitains", a estimé à son tour la vice-présidente déléguée à la participation citoyenne, Marie-José Salat.
Une déclaration qui n'est pas sans rappeler le premier projet de transport par câble de l'ex-président Marc Baïetto, devant relier Fontaine et le plateau du Vercors, et qui s'était soldé par une forte opposition des riverains. Cette fois, la nouvelle équipe l'assure, le projet a été bien accueilli.
Près de 800 personnes ont ainsi participé à trois ateliers publics, tandis que 350 contributions ont été rédigées sur les différents registres d'expressions mis en place par la Métropole. Une centaine de scénarios ont également été générés, via un outil de datavisualisation.
Interrogés sur les réticences, Marie-José Salat évoque surtout des questionnements autour de la priorisation de ce nouveau projet :
"Il faut être dans une approche frugale des investissements, où tout ce qui peut être recalibré doit l'être", a estimé Christophe Ferrari. Le président de la Métropole a également souligné qu'il ne fallait pas opposer les projets les uns aux autres :
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Si la projet est pour l'instant compris au sein d'une fourchette large, entre 54 millions d'euros et 60 millions d'euros en fonction des options, les citoyens ont fait remonter leur volonté de sobriété esthétique et de sobriété des coûts. Comme envisagé au départ, la station du parc d'Oxford sera notamment conditionnée par la prise en charge des investissements par les acteurs économiques présents sur place.
Christophe Ferrari a également rappelé qu'il faudrait profiter des sources de financements disponibles, et notamment des appels à projets innovants lancés par l'État.
Si l'agglomération n'a pas fait le choix de passer par un partenariat public-privé, mais bien par un appel d'offres, qui se fera "en toute transparence et en fonction du cahier des charges", on sait d'ores et déjà que l'industriel isérois Poma, reconnu pour son savoir-faire dans le domaine, attend depuis longtemps un dossier de ce type dans l'agglomération grenobloise.
La prochaine étape ? Après un vote qui doit avoir lieu ce vendredi au conseil communautaire, une restitution des résultats au public est prévue lors d'une réunion le 4 février.
Le projet de metrocâble, tel que présenté aux citoyens, prévoit quatre stations (et deux stations supplémentaires en option), pour un temps de parcours de 15 à 16 minutes et une mise en service en 2021-2022. Totalement intégré aux services de transports en commun, son accès se ferait au moyen d'un ticket unique.
Des réflexions sont en cours pour définir quel pourrait être l'aménagement de la station de Fontaine-La-Poya, pour plus d'intermodalité. Le projet table sur une fréquentation de 5 000 voyageurs par jour à la mise en service et de 8 500 voyageurs par jour à plus long terme.
À lire également
Dans un communiqué publié en novembre dernier, l'ADTC (Association pour le Développement des Transports en Commun) estimait cependant que "les besoins de transport public au niveau de l'agglomération n'ont pas fait l'objet d'analyses fixant les priorités sur les choix d'investissements", ajoutant : "compte-tenu des prévisions très moyennes de trafic escompté pour ce trajet, en plus à une échéance assez lointaine, il est plus urgent d'investir dans l'extension du réseau de tramway".
Marie Lyan
Budget de l'aéroport de Saint-Étienne : les opposants enfoncent le clou et saisissent la justice
Transport de marchandises : le service de ferroutage entre la France et l'Italie vacille
Congé parentalité : à Grenoble, la bataille juridique mènera jusqu'au Conseil d'Etat
TPE-PME : les experts-comptables évoquent le spectre d'une récession en Auvergne-Rhône-Alpes