ENJEUX. A quelques semaines de l'élection présidentielle, il est une autre question qui sera encore présente sur la table du prochain exécutif, en matière de transports : celle de la LGV Lyon-Turin, un dossier lancé depuis une quinzaine d'années mais qui peine toujours à aboutir. Le prochain gouvernement français devra en effet dévoiler comment il compte relier le tunnel du futur Lyon-Turin, avec ses propres infrastructures ferroviaires. Un vieux serpent de mer qui implique de trancher, sous peine que le futur tunnel ne sorte de terre sans être relié, côté français...Il y a six mois, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué aux Transports, promettait une décision sous six mois au sujet des futurs accès français au tunnel du Lyon-Turin.
Le gouvernement attendait le rapport du Conseil d'Orientation des Infrastructures (COI). Celui-ci vient d'être publié. Et sur 134 pages, le Lyon-Turin n'est mentionné que deux fois : la première pour dire que le chantier a peu avancé, et la deuxième pour indiquer que les prochains quinquennats devraient être ceux de sa réalisation.
Le prochain gouvernement considèrera-t-il ce projet d'envergure comme un caillou dans sa chaussure, qu'il faut traiter immédiatement ou reportersine die, comme les gouvernements précédents l'ont fait jusqu'à présent ?
Si « gouverner, c'est choisir », selon la célèbre formule de Pierre Mendès-France, choisir c'est aussi décevoir. En effet, un seul tracé sera retenu ; et la future ligne destinée à développer les échanges avec l'Italie fera forcément des déçus.
Alors que trois milliards d'euros de marchés publics ont été attribués l'été dernier pour construire le tunnel transfrontalier côté français, on ne sait toujours pas comment les trains accèderont à cette future infrastructure en 2030.
Les cinq scénarios encore possibles et sur la table
Pour l'heure, cinq scénarios demeurent possibles pour des coûts sensiblement équivalents - cinq à sept milliards d'euros -, compte-tenu du coût total du projet, soit 20 à 30 milliards d'euros.
En décembre, SNCF Réseau a présenté les trois scénarios les plus probables : le premier scénario (4,8 milliards d'euros) prévoit de relier Lyon au tunnel transfrontalier en passant sous le massif de la Chartreuse en réutilisant des voies existantes, ce qui limite le volume de fret.
Le deuxième (6,7 milliards d'euros) ajoute à ce scénario des tunnels sous les massifs de Belledonne et du Glandon, augmentant les capacités de fret.