DECRYPTAGE. Lyon a connu sa première ligne de métro automatisée - la ligne D - en 1991. Vingt ans plus tard, c'est la ligne B qui a été automatisée complètement, avec une mise en service en juin dernier. Mais depuis son lancement, cette ligne a connu une série de pannes, dont un tiers environ seraient imputables à l’infrastructure du système. Un enjeu qui pourrait venir peser également au sein du cahier des charges des futurs délégataires des transports en communs lyonnais (TCL), dont l'allotissement en plusieurs morceaux du marché a été annoncé à l'horizon 2024. Sans oublier les...Depuis l'automatisation du de la ligne B en juin 2022, les lyonnais ont connu un certain nombre de pannes, principalement en septembre et octobre, dont un tiers seraient imputables à l'automatisation. Se pose alors la question des enjeux de cette automatisation, à quoi sert-elle vraiment et jusqu'où Sytral Mobilités compte aller ?
Avant tout, il faut savoir que Sytral Mobilités est l'autorité organisatrice des mobilités sur les territoires lyonnais (hors TER). Via une délégation de service public, c'est Keolis qui opère (pour le moment) les transports en communs à Lyon (tram, bus et métro), avant un projet d'allotissement de ce réseau de transport public en plusieurs lots, décidé par la majorité écologiste, à compter de 2024. Et pour Keolis, c'est Alstom qui a été mandaté pour assurer l'automatisation des métros lyonnais.
A Lyon, toutes les lignes sont déjà équipées de systèmes automatisés : toutefois, les lignes A et C disposent encore d'un système prévoyant un conducteur. La ligne A devrait cependant pouvoir se passer de conducteur à l'horizon 2032. La ligne D est quant à elle déjà automatisée depuis 1991, mais elle va bientôt devoir renouveler à nouveau son système. Quant à la ligne B, son automatisation a été le fruit "d'un projet complexe, engagé dans le cadre du précédent plan de mandat" , adopté fin 2014. Et désormais encore en cours de "rodage", comme le démontrent les nombreuses pannes qui ont mis à l'arrêt cette ligne à plusieurs reprises au cours des deux derniers mois.
La ligne B a fonctionné 95% du temps en octobre
"La typologie des incidents qu'on a rencontré est toujours la même : des incidents qui sont plutôt liés aux usagers ou aux voyageurs, des incidents liés au système ou à l'infrastructure (c'est là qu'on retrouve les incidents de la ligne B concernant le pilotage automatique), ainsi que des incidents attribuables au matériel roulant, et qui concernant donc des problèmes avec les trains ou les rames", explique à La Tribune Nicolas Mallot, directeur général adjoint de Sytral Mobilités.
Ainsi, en octobre, rien que pour la ligne B, 35% des incidents étaient attribuables aux voyageurs (colis abandonnés, malaises...), 32% au matériel roulant et 32% à l'infrastructure du système.
En septembre et octobre, les lignes A, B, C et D ont fonctionné "entre 95% et 99% du temps". Sachant qu'une rame de métro roule environ 600 heures par mois. "Je ne dis pas qu'il faut s'en satisfaire", lance Nicolas Mallot. La ligne B, en octobre qui a connu des pannes en lien avec le pilotage automatique et au système informatique, n'a quant à elle fonctionné que 95% du temps.