Cet appel d'offres a généré une petite déflagration en Haute-Maurienne et ravivé quelques crispations. La société franco-italienne Tunnel euralpin Lyon-Turin (TELT), chargée de construire puis d'exploiter la ligne ferroviaire en cours de construction entre Lyon et Turin, a publié le 23 septembre une offre de marché public de 2,5 millions d'euros pour la fourniture en eau potable d'une dizaine de communes savoyardes, toutes situées sur le tracé du futur tunnel ferroviaire transfrontalier, long de 57,5 kilomètres.
Un sujet pointé de longue date par plusieurs associations écologistes et des élus, qui dénoncent « l'assèchement » de la montagne. Le percement des galeries engendre en effet de « faibles » écoulements structurels, confirme TELT, de l'ordre de 150 litres d'eau par seconde pour les trois descenderies situées en France. Une eau en partie utilisée sur le chantier, traitée, contrôlée, puis versée dans la rivière l'Arc, dont le débit est d'environ 40.000 litres par seconde à Saint-Jean-de-Maurienne.
Publié sur le site des appels d'offres de l'Union européenne, sans communication externe au départ de TELT, cet appel d'offres suscite en tout cas les inquiétudes d'associations et d'élus. Jean-François Coulomme, député LFI de la 4e circonscription de Savoie, estime que ce marché traduit un « changement d'échelle » du risque de pénurie d'eau.