Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand rendra sa décision dans moins de dix jours. Il doit statuer sur les recours déposés il y a quatre ans par des associations, notamment écologistes, qui s'opposent au projet de déviation de deux communes de Haute-Loire, Saint-Hostien et Le Pertuis.
Véritable serpent de mer, ce projet a été déclaré d'utilité publique en 1997 et autorisé par un arrêté du préfet en 2020. Il doit permettre d'aménager un tronçon de 10,7 km en deux fois deux voies sur la route nationale 88 entre Le Puy-en-Velay et Lyon.
Lors d'une audience, la semaine dernière, le rapporteur public a demandé l'annulation partielle pour un défaut sur les mesures compensatoires, censées compenser les atteintes à la biodiversité comme l'impose le Code de l'environnement. Le juge suivra-t-il ces conclusions ou ira-t-il plus loin et annulera-t-il le projet, comme le réclament les requérants ? Ou laissera-t-il ce chantier, débuté il y a deux ans pour sa phase préparatoire, se poursuivre, comme le demandent l'Etat et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, maître d'ouvrage sur cette opération ?
Dans ce dossier, vieux de plus de trente ans, ce sont bien deux visions qui s'opposent sur fond de querelles politiques. Cette déviation est même devenue dans la bouche de certains la « route à Wauquiez », du nom de l'ancien président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui a relancé le projet.