Subprimes, Citigroup paie 7 milliards de dollars à Washington

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Après des mois de négociations tendues, la banque américaine Citigroup a annoncé lundi avoir accepté de payer 7 milliards de dollars pour mettre fin à des errements passés dans le secteur immobilier avant la crise financière de 2008. Il est en effet reproché à Citigroup d'avoir commercialisé entre 2003 et 2008 des placements adossés à des crédits immobiliers fragiles qui ont généré des milliards de pertes pour les investisseurs qui les ont achetés.
Citi est la deuxième grande banque à avoir conclu un accord à l'amiable avec les autorités américaines depuis que Barack Obama a mis en place un groupe de travail pour enquêter sur la vente et la titrisation de prêts immobiliers "toxiques".
"Nous pensons que cet accord est dans l'intérêt des actionnaires et qu'il nous permet de nous tourner vers l'avenir", a-t-il poursuivi.
Pour des faits similaires, mais de plus grande ampleur, JPMorgan Chase avait accepté l'an dernier de verser 13 milliards de dollars pour échapper aux poursuites.
Toujours pour les mêmes faits, Bank of America (BofA) est pour sa part engagée dans des négociations très serrées avec les autorités américaines, qui lui réclament près de 17 milliards de dollars, selon la presse.
Citigroup a vendu pour 3,5 milliards de dollars de ces produits complexes, JPMorgan environ pour 33 milliards de dollars et BofA pour 57 milliards de dollars, selon la FHFA, le régulateur des prêts hypothécaires.
Ces accords s'inscrivent dans le cadre d'une vaste enquête sur les pratiques des banques américaines à l'origine de la crise financière, lancée en 2012 par le ministère américain de la Justice en collaboration avec des procureurs des Etats.
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Depuis, une grosse dizaine d'établissements ont payé plus de 80 milliards de dollars en pénalités financières diverses.
Cet accord conclu avec les autorités judiciaires et financière, qui intervient quelques jours après une amende de 8,9 milliards de dollars infligée à la banque française BNP Paribas, a affecté lourdement ses résultats trimestriels de la banque. Il se traduira en effet dans ses comptes par une charge exceptionnelle avant impôt d'environ 3,8 milliards de dollars au deuxième trimestre.
Son montant global est plus de deux fois supérieur aux estimations des analystes financiers en début d'année mais il reste loin des 12 milliards réclamés les autorités à la banque au cours des négociations.
Citigroup a enregistré un plongeon de 96% de son bénéfice net au deuxième trimestre, ressorti à 181 millions de dollars.
Dans le détail, la banque versera 4,5 milliards de dollars en liquide au département de la Justice (DoJ), tandis que 500 millions de dollars iront à l'agence américaine de garantie des dépôts bancaires, la FDIC, et à plusieurs Etats américains (Californie, Massachusetts...) qui étaient associés au dossier. Les 2,5 milliards de dollars restants serviront à dédommager les clients américains sous différentes formes, dont une réduction de prêts immobiliers et d'autres aides pour des travaux liés à l'immobilier.
A Wall Street, l'action grimpait de 3,77% à 48,74 dollars dans les premiers échanges, la communauté financière exprimant son soulagement en découvrant que la banque était malgré tout bénéficiaire.
Citigroup, qui connaît un premier semestre difficile, n'en a pas pour autant terminé avec les autorités américaines.
La banque est l'objet d'enquêtes de la part du gendarme de la Bourse, la SEC, et du DoJ, pour deux cas de fraude découverts au sein de sa filiale mexicaine, Banamex.
Dans les deux cas, Banamex a prêté à deux entreprises locales de l'argent qui était censé financer des créances auprès du groupe d'Etat Pemex. Or, il s'est avéré que le gouvernement mexicain avait cessé de leur accorder de nouveaux contrats.
Le coût de cette fraude, évaluée à 235 millions de dollars, avait contraint Citigroup à réviser ses comptes annuels 2013 en baisse.
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Fin mars, c'est la Réserve fédérale (Fed) qui lui a infligé un camouflet en rejetant ses projets d'utilisation de ses liquidités, invoquant une solidité financière insuffisante pour distribuer un dividende aux actionnaires.
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