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Epargne : la nouvelle offensive des super-livrets

Pascale Besses-Boumard

Publié le 11 mars 2013 à 14:56 - Mis à jour le 11 mars 2013 à 15:06

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Course aux dépôts oblige, les banques multiplient les offres de super-livrets à des taux particulièrement alléchants (jusqu'à 6%). Mais attention, ces offres sont limitées dans le temps et, après fiscalité, elles ne font pas vraiment concurrence au livret A. Cette épargne est toutefois judicieuse pour ceux qui ont fait le plein des livrets réglementés et souhaitent disposer de leur argent à tout moment.

À la conquête de précieux dépôts dans la perspective de la mise en ?uvre des nouvelles règles draconiennes de Bâle III, les banques multiplient aujourd'hui les offres promotionnelles de super-livrets d'épargne. En proposant des taux « boostés » à 4,5 voire 6% pour rémunérer l'épargne apportée, elles font en effet de notables efforts alors que les taux d'intérêt courts de la BCE sont bloqués à 0,75% depuis de nombreux mois. De leur côté, les taux du livret A et du LDD (livret de développement durable, qui a remplacé le Codevi) sont revenus à 1,75% depuis le 1er février.
Ces super-livrets sont-ils donc une aubaine pour les particuliers à la recherche d'une épargne bien rémunérée et souple? Leurs avantages sont, certes, multiples. Le client peut retirer à tout moment des sommes de son compte sans que les avantages de son livret ne soient remis en cause. Il n'y a généralement aucuns frais d'entrée ni de sortie. Et les plafonds sont souvent importants, puisqu'ils oscillent entre 50.000 et 150.000 euros, alors que celui du livret A est actuellement fixé à 22.950 euros et celui du LDD à 12000 euros.

Des taux très "boostés", mais à très court termes

Pour autant, ces super-livrets ont aussi leurs limites. Les taux « boostés » sont toujours bornés dans le temps. Ils ne durent en général pas plus de trois ou quatre mois. Les taux pratiqués ensuite rejoignent logiquement ceux du marché et ne dépassent pas 1,8%. Et, surtout, ces rendements s'entendent avant impôts et prélèvement sociaux, ce qui ramène le résultat final à un taux voisin de celui offert par le livret A et le LDD. D'où l'énorme succès de ces deux enveloppes auprès des Français ces dernières années.
Les super-livrets peuvent toutefois répondre à une demande bien précise des épargnants. D'abord, ils peuvent être précieux pour ceux qui, ayant déjà rempli les livrets réglementés et défiscalisés, souhaitent se constituer une épargne liquide complémentaire. Certains épargnants peuvent aussi saisir l'occasion pour profiter d'une ore intéressante, ouvrir un compte dans une nouvelle banque et bénéficier d'autres avantages. Car il est clair que les ores faites aujourd'hui par les différents établissements en matière de super-livrets visent essentiellement à capter des clients fidèles de manière à conserver leurs dépôts. D'où l'évolution des promotions, plusieurs d'entre elles promettant un taux encore plus avantageux pour ceux qui accepteraient de rester entre six mois et un an.
C'est notamment le cas d'Axa Banque, qui ore un taux de 4% les trois premiers mois, majoré d'un point d'entrée de jeu pour ceux qui conservent leur compte au moins six mois. Idem pour BforBank, avec un super-livret « boosté » à 6% pendant trois mois pour les comptes encore ouverts au 31 août 2013.Il faut dire que ces établissements tentent d'éloigner les « chasseurs de prime » qui ouvrent un compte dans l'unique but de profiter de l'ore promotionnelle et qui le clôturent dès qu'elle se termine. Une activité qui anime manifestement quelques épargnants actifs et sportifs. Et qui se révèle en effet intéressante pour ceux qui peuvent se permettre de placer jusqu'à 100000 euros à chaque fois pour bénéficier des promotions.

(Source : LaTribune)

La fidélité récompensée par un plafond rehaussé

« Ce que nous souhaitons, au contraire, c'est offrir un modèle complet de services bancaires aux clients intéressés par notre livret. Raison pour laquelle, contrairement aux autres ores du marché, nous proposons un plafonnement des versements de 100.000 euros pour nos clients et seulement de 50000 euros pour les nouveaux entrants. Notre volonté étant clairement de récompenser la fidélité », assure Marie-Cécile Plessix, directrice crédit, banque et épargne bancaire chez Axa Banque.
D'autres ores privilégient également la fidélité, comme celle du Cetelem qui propose un taux moins alléchant que ceux de ses concurrents mais sur une longue durée cette fois : 3,3% sur un an et 11 mois, avec un plafonnement différent entre la première année (53000 euros) et les mois suivants (22000 euros).De fait, bien souvent, les ores promotionnelles de super-livrets sont des produits d'appel et visent à capter une clientèle susceptible de souscrire à d'autres services.

C'est le cas pour RCI Banque, la filiale de Renault, très en pointe sur les propositions de super-livrets (elle propose actuellement un taux de 5,5% sur 4 mois, jusqu'à 75000 euros), mais aussi les crédits auto ou autres services d'assurance. Idem pour ING, l'établissement néerlandais multipliant les offres alléchantes de livrets pour mieux vendre d'autres services financiers.« Dans un contexte de baisse des taux et de hausse de la fiscalité, il n'est pas évident de trouver des produits vraiment avantageux par rapport au livret A qui, même après la récente baisse de son rendement, reste ultra compétitif. Ce qui rend plus aléatoire l'intérêt pour un établissement bancaire de concentrer ses efforts sur la commercialisation d'un super-livret », assure Laurent Collet, directeur marketing et distribution à la Caisse d'épargne d'Île-de-France.

Une alternative avec les comptes à terme
Une famille de quatre personnes peut en effet largement placer plus de 100.000 euros sur plusieurs livrets A et LDD. Du coup, les banques proposent « de placer l'excédent sur une épargne de plus long terme et tout aussi sûre », ajoute Laurent Collet, dont l'établissement vient de lancer un compte à terme associé à un PEL dénommé « Quadreto », qui ore un taux annuel de 3% pour un placement bloqué pendant quatre ans et plafonné à 42500 euros. Axa Banque, de son côté, propose également un compte à terme bloqué deux ans et orant un rendement annuel de 3% pour un dépôt minimal de 50.000 euros.
À la différence des livrets, les comptes à terme sont bloqués. En outre, les intérêts sont, comme pour les livrets, soumis à l'impôt sur le revenu. Et pour ceux qui sont soumis à l'ISF, il faut mentionner sur la déclaration le montant du solde du compte (dépôt et intérêts acquis) augmenté des intérêts échus et courus au 1er janvier de l'année d'imposition.
En définitive, pour qu'une épargne tout à fait liquide soit plus intéressante que le livret A, il faut donc que le rendement brut dépasse 3%. On comprend mieux pourquoi le produit financier préféré des Français a encore de beaux jours devant lui.

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Pascale Besses-Boumard

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