Logement : le Grand Paris devra fluidifier les parcours résidentiels

 |   |  533  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : <small>DR</small>)
Plus qu'ailleurs, les freins à la mobilité résidentielle à Paris et ses alentours restent importants. Pour changer la donne, la loi du Grand Paris qui a fixé pour objectif de construire 70.000 logements par an devra se concentrer sur le parc intermédiaire.

Pour être couronnée de succès, l'opération du Grand Paris -qui prévoit la construction de 70.000 logements par an contre 40.000 aujourd'hui- devra assurément développer une offre locative intermédiaire. Les parcours résidentiels dans Paris et ses alentours sont en effet davantage freinés qu'ailleurs et la partie basse des classes moyennes en souffre tout particulièrement.
Il faut dire que la structure de l'offre de logements ne leur est pas favorable. Pour faire changer la donne, la création de logements intermédiaires, aujourd'hui trop marginale, permettra aux ménages franciliens de facilité la transition entre un marché locatif social gelé et un marché libre trop coûteux.

Le marché libre de plus en plus inaccessible

À Paris intra-muros, par exemple, tandis que les prix des biens les plus chers augmentaient de 135 % au cours des années 2000, ceux des biens les moins chers enflaient de 220 %. Alors qu'elles se tournent historiquement à un moment de leur vie vers l'accession à la propriété, les classes moyennes sont donc de plus en plus nombreuses à en être exclues.
Par répercussion, le parc locatif est lui aussi devenu trop couteux. "Le "saut à la relocation" pratiqué à l'occasion de changements de locataires a correspondu à des augmentations annuelles de loyer de 11 % en moyenne pendant les années 2000", indique Claire Juillard.

Deux alternatives difficiles à dépasser

Les classes moyennes inférieures sont désormais devant deux alternatives difficiles à dépasser : louer un petit appartement dans le centre ou acheter une plus grande maison en périphérie de Paris. Sachant que plus les revenus des ménages seront faibles, plus leurs appartements à Paris seront petits et plus leurs maisons en périphiérie seront éloignées.
"C'est donc mécaniquement que les ménages démarrent leur parcours résidentiel dans Paris intra-muros ou en proche banlieue, les mieux dotées en petits logements dans le locatif privé, et le poursuivent en périphérie, la mieux pourvue en logements familiaux en accession", indique Claire Juillard.

Des chocs plus importants dans les parcours résidentiels

Seulement à Paris et en proche banlieue, les chocs dans les parcours résidentiels, comme les décohabitations en solo, les installations en couple, ou les séparations et recompositions familiales, sont légions. "Les parcours résidentiels suivent la multiplication des étapes du cycle de vie. Non seulement leurs étapes sont plus nombreuses mais leur déroulé est plus heurté. Avec la précarité financière qu'elle induit, l'instabilité familiale, en particulier, engage dans un épisode d'un genre nouveau : la perte du statut de propriétaire et le retour dans le parc locatif", constate Claire Juillard.
L'enjeu est donc bien d'amortir le choc. "Une solution réside dans la diversification de l'offre locative. En particulier, il s'agit de renforcer encore les moyens de redéployer l'offre à loyer intermédiaire", ajoute l'économiste. Ce, sur tout le territoire du Grand Paris, là ou souvent, les ménages se voient contraints de renoncer à leur statut de propriétaire.
 

>> Pour aller plus loin:

Consultez nos annonces immobilières particulières

Consultez nos annonces immobilières professionnelles

Pour vos travaux, demandez le devis adapté à vos besoins

Découvrez le prix de l'immobilier dans votre rue

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/05/2013 à 14:41 :
"Le grand Paris" est une ânerie. Cette stupidité est symptomatique de mal français: l'hyper centralisaton.
Messieurs les décideurs arrêtez vos bêtises, soyez audacieux, développez le territoire. Louis XIV est mort depuis plusieurs siècles. Internet et le Cloud permettent de nous mettre tous en réseau indépendamment de notre lieu de vie
Que Paris reste une capitale touristique passe encore, mais comprenez que beaucoup beaucoup de franciliens et de provinciaux en ont marre de converger tous les matins, tous ensemble dans un seul et même endroit pour satisfaire la mégalomanie de cadres dirigeants français.
Marre du RER qui pue, de la gare du nord sale et sordide, des souterrains déprimants, des transports pourris.
Le Grand Paris est une aberration, elle ne va qu'aggraver la situation économique du territoire.
Paris n'est qu'une vielle mère maquerelle décatie destinée aux touristes étrangers. Ce n'est pas un lieu de vie et encore moins un lieu de travail attractif.
STOP AU GRAND PARIS !!
a écrit le 15/05/2013 à 14:28 :
La relecture ça sert à quelque chose. Et la grammaire ce n'est pas pour les chiens...
a écrit le 14/05/2013 à 9:14 :
Plus on est de fous plus on rit, on parti pour une crise à l'espagnole.
a écrit le 13/05/2013 à 20:51 :
L'article ne précise pas qui va être propriétaire des "éventuels 70000 logements" construits chaque année, qui en paie l'achat (les mairies?, l'Etat?Logement intermédiaire, c'est quoi? Un nouveau style d'HLM, mais avec loyers plus élevés ? Qui va en faire la gestion, la maintenance, d'où vient l'argent qui permettra de construire les logements et de les d'acquérir ?Franchement, il faudrait des éclaircissements.
a écrit le 13/05/2013 à 18:51 :
À quand le plan "Grandes Provinces" ?!?
Arrêter de tout concentrer sur Paris, c'est ça la vraie solution...
Réponse de le 13/05/2013 à 20:55 :
+1000
Réponse de le 14/05/2013 à 8:52 :
impensable pour nos dirigeants. rappelez vous les cirx des eleves enarques quand on a voulu mettre l ecole a strasbourg. Hors paris point de salut!
On est pas pret de s inspirer de l exemple allemand
Réponse de le 14/05/2013 à 13:24 :
C'est certain.

A CDG, s'il y a une chose qui devait rester à Paris, c'est bien l'ENA (je ne suis pas un ancien élève). Les enseignants sont des hauts fonctionnaires qui travaillent à Paris. Il est plus rapide et moins coûteux de faire un déplacement d'un ministère ou de la cour des comptes à la rue de l'Université qu'à Strasbourg. Pour des besoins de mémoires ou de carrière post-ENA, les étudiants français et étrangers (n'oubliez pas le cycle international) ont de nombreux rendez-vous à Paris.
Enfin, les élèves qui habitent Paris avant de faire l'ENA, ils sont nombreux, gardent leurs logements parisiens le temps de la scolarité à Strasbourg.
En conclusion, le transfert de cette école à Strasbourg n'a pas été une décision de bon sens.
a écrit le 13/05/2013 à 18:24 :
Pitié pour les Franciliens ! Il est nuisible nuisible de bétonner à tout va : il faut améliorer les transports et réhabiliter bureaux en logements, réhabiliter les logements insalubres

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :