Etats-Unis : l’immobilier reprend des couleurs

 |  | 571 mots
Lecture 3 min.
Les ventes de maisons neuves aux Etats-Unis sont en hausse de 25,4% sur un an, selon des données officielles
Les ventes de maisons neuves aux Etats-Unis sont en hausse de 25,4% sur un an, selon des données officielles (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Boulet de l'économie américaine, le marché de l’immobilier, dont les prix avaient été divisés par deux, commence à se redresser.

Plus de cinq ans après le début de la crise des subprimes, le marché de l'immobilier américain est désormais en phase de reprise. Une bonne nouvelle pour l'économie dont le secteur de l'immobilier a "freiné la croissance entre 2009 et 2011", explique l'économiste Inna Mufteeva, chez Natixis.

Depuis 2012, la construction présente des signes de reprises, de même que les prix. Les ventes de maisons neuves aux Etats-Unis relevées par le ministère se sont ainsi élevées à 444.000 entre novembre 2012 et octobre 2013, Soit une hausse de 25,4% sur un an.
En matière de prix également, "le marché immobilier est en train de rebondir. Après un point bas atteint à la fin 2011, les prix reprennent leur marche en avant : ils ont crû de 11,2% entre le troisième trimestre 2012 et le troisième trimestre 2013", explique Victor Pagès, fondateur de My US Investment, cabinet de conseil spécialiste du marché immobilier américain.

Certaines hausses ont été particulièrement marquées : "Sur la côte ouest, dans des villes comme Los Angeles, San Francisco, San Diego ou Las Vegas, les prix ont crû de 20 à 25% lors des douze derniers mois. Alors que les grandes villes floridiennes ont pour leur part vu les prix de l'immobilier croître de 10 et 15%. La hausse est plus modeste à New York (4,3%), un marché très spécifique", ajoute Victor Pagès.

Une phase de rattrapage

Le marché immobilier outre-Atlantique est clairement entré dans une phase de rattrapage, après une division des prix entre 2007 et 2011 par deux ou plus dans certaines régions comme la Floride.
Si les hausses de prix récentes sur un an sont impressionnantes, il est en revanche trop tôt pour évoquer le risque de formation d'une nouvelle bulle immobilière. "L'indice des prix est désormais revenu au niveau de 2004 et reste bien en dessous de l'avant crise", indique Inna Mufteeva qui juge

 qu'il y a encore de la place pour une augmentation des prix, malgré la hausse attendue des taux de crédits immobiliers qui devraient suivre le mouvement des taux longs des titres de trésor américain qui sont sur une pente ascendante".

Les Américains ont besoin de 1,5 million à 1,7 million de logements par an

De même, en matière de construction le marché est devenu plus raisonnable. On ne prend plus le risque de construire des "villes fantômes" comme cela a pu être le cas avant la crise où "2 millions de logements étaient mis en chantier par an", se rappelle l'économiste de Natixis, soit plus que les besoins de la population qui s'élèvent désormais  entre "1,5 et 1,7 million de logements par an", ajoute Inna Mufteeva. Désormais, les mises en chantier sur un an s'élèvent à environ 900.000 unités.

Les banques scrutent le passé des emprunteurs

Les conditions de financement des particuliers se sont également resserrées drastiquement. "Aujourd'hui, les banques scrutent l'historique des crédits souscrits par chaque emprunteur qui souhaite acquérir un bien immobilier. Elles leur demandent de montrer patte blanche. Le moindre petit retard de paiement sur une carte de crédit peut provoquer le refus d'un dossier", remarque Victor Pagès.

En outre, après un défaut, "il faut un certain nombre d'années pour pouvoir représenter un dossier de crédit. Nous ne sommes vraiment plus dans un schéma où l'on prêtait à 110% à sans trop de difficulté", assure-t-il. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/12/2013 à 9:57 :
Il ne s'agit pas de reprise de l'immobilier, mais de l'entrée des institutionnels sur le marché de la location. Il suffit de regarder les chiffres des ventes par type d'unités (single unit= maison individuelle, etc).
a écrit le 07/12/2013 à 16:57 :
On tente d'engager une spéculation folle pour laisser à pesner que la croissance américaine repart grâce à l'immobilier (il faut bien quelque chose..) La spéculation devrait suivre permettant ainsi un enrichissement de ceux étant déjà propriétaires et d'une offre quasi "gratuite" pour ceux qui aspirent à le devenir. Malheureusement cette bulle trouvera plusieurs limites. Outre les prix qui ne peuvent monter jusqu'au ciel, les loyers élevés pèsent sur la grille des salaires qui pèse à son tour sur le revenu des entreprises obligeant encore à leur concentration pour rendre l'équation des hauts salaires possibles. Cette posture que nous connaissont bien en France étouffe l'emploi qui doit être à son tour subventionné pour éviter une révolte sociale... ce qui étouffe par circuit le coût du travail... et donc l'emploi. Or si le processus est à peu près possible dans notre petit pays car le multiple attendu de l'extérieur est plus grand en relatif, sa copie américaine réclamerait un monde économique tout soumis à cette exigence ou pour le moins 2 fois plus grand! A l'évidence l'Amérique devra rapidement réviser son plan.
a écrit le 07/12/2013 à 16:55 :
On tente d'engager une spéculation folle pour laisser à pesner que la croissance américaine repart grâce à l'immobilier (il faut bien quelque chose..) La spéculation devrait suivre permettant ainsi un enrichissement de ceux étant déjà propriétaires et d'une offre quasi "gratuite" pour ceux qui aspirent à le devenir. Malheureusement cette bulle trouvera plusieurs limites. Outre les prix qui ne peuvent monter jusqu'au ciel, les loyers élevés pèsent sur la grille des salaires qui pèse à son tour sur le revenu des entreprises obligeant encore à leur concentration pour rendre l'équation des hauts salaires possibles. Cette posture que nous connaissont bien en France étouffe l'emploi qui doit être à son tour subventionné pour éviter une révolte sociale... ce qui étouffe par circuit le coût du travail... et donc l'emploi. Or si le processus est à peu près possible dans notre petit pays car le multiple attendu de l'extérieur est plus grand en relatif, sa copie américaine réclamerait un monde économique tout soumis à cette exigence ou pour le moins 2 fois plus grand! A l'évidence l'Amérique devra rapidement réviser son plan.
a écrit le 07/12/2013 à 16:48 :
+25% en un an, il y a un problème, l'immobilier ne doit pas être si volatile. Il s'agit donc bien d'un phénomène de bulle (mais sur des bases pour l'instant raisonnables par rapport à la précédente) qui peut s'accélérer.
Réponse de le 07/12/2013 à 18:14 :
quand on part de très bas... un pourcentage ne veut rien dire.......
Réponse de le 07/12/2013 à 20:57 :
C est repartit ,la planche à billet imprime ,les client s endettent ... A via tôt pour le prochain krach...!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :