Immobilier : les acquéreurs étrangers pèsent de plus en plus en Île-de-France

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Grâce à la baisse de l'euro face à la livre sterling, les britanniques achètent de plus en plus à Paris
Grâce à la baisse de l'euro face à la livre sterling, les britanniques achètent de plus en plus à Paris (Crédits : Décideurs en région)
Un peu plus de 9% des acquéreurs de logements sont étrangers en Île-de-France, une part qui ne cesse de croître depuis quatre ans.

Trimestre après trimestre, la tendance se confirme : il n'y a jamais eu, en proportion, autant d'acquéreurs étrangers à Paris et en Île-de-France. « Les étrangers sont plus que jamais là, ce sont des niveaux record depuis dix ans, toutes zones confondues », relate Thierry Delesalle, notaire à Paris. Selon les chiffres des notaires d'Île-de-France, au premier trimestre 2015, 9,2 % des acquéreurs de biens immobiliers situés dans la capitale étaient de nationalité étrangère, « alors qu'il y a encore 5 ou 6 ans, ils ne représentaient que 6 % du total des acheteurs », note Thierry Delesalle. Au premier trimestre 2014, ils étaient 8,2 %.

Les Italiens sont les étrangers qui achètent le plus à Paris...

Une spécificité parisienne par rapport au reste de l'Île-de-France tient notamment à la nationalité de ses acquéreurs : 16,6 % sont italiens, de loin les étrangers les plus présents à l'achat immobilier dans la capitale. Viennent ensuite des britanniques qui pèsent 6,6 % des acquisitions étrangères à Paris, en hausse ces derniers mois « certainement du fait de la dépréciation de l'euro par rapport à la livre sterling », explique Thierry Delesalle. Dans les très huppés 4ème et 7ème arrondissements, la part des acquéreurs étrangers montent même à 17,5 %. Clairement dans ces quartiers les plus riches, qui attirent les investisseurs du monde entier, l'effet de la baisse de l'euro s'est fait ressentir.

... et en Île-de-France, ce sont les Portugais

Plus globalement, 9,5 % des transactions ont été réalisées par des étrangers au premier trimestre 2015 en Île-de-France, contre 9,1% l'an dernier et 6,1% en 2010, environ 80 % de ces acquéreurs étant résidents, selon les notaires. En termes de nationalité, 14,5 % d'entre eux sont portugais et 14,3 % sont chinois.

La zone où les étrangers sont les plus présents est la première couronne, où ils ont réalisé 11,2 % du total des transactions immobilières au premier trimestre 2015. Les Chinois sont très actifs à la périphérie de Paris : ils représentent 22,6 % des acheteurs étrangers dans cette zone, devant les Portugais (13,5 %). En grande couronne en revanche, 26,5 % des acquéreurs sont portugais, et 10,2 % sont algériens pour un total d'un peu plus de 7,4 % de transactions générées par les étrangers.

Maintien des prix à un niveau élevé

Comme toutes les grandes métropoles occidentales, l'Île-de-France présente un excédent migratoire avec le reste du monde. Les acquéreurs étrangers participent donc à maintenir les prix de l'immobilier francilien à un niveau élevé, même si le niveau bas des taux d'intérêt y contribue aussi significativement, en redonnant du pouvoir d'achat aux ménages franciliens.

Globalement, au premier trimestre 2015, le prix moyen des appartements anciens franciliens a baissé de 2,6 % par rapport au premier trimestre 2014 à 5260 euros le mètre carré. Et malgré la conjoncture difficile, les volumes de ventes de logements anciens ne s'écroulent pas. Ils sont stables en Ile-de-France au premier trimestre 2015.

A Paris, le nombre de ventes d'appartements anciens reste « médiocre », selon les notaires, à 6800 unités au premier trimestre 2015. Certes, ces ventes sont en légère hausse de 2 % sur un an, mais elles restent inférieures de 26 % à la moyenne trimestrielle de la période faste 1999-2007. Les prix des appartements anciens sont toutefois en baisse de 2,9 % dans la capitale, passant en dessous de la barre symbolique des 8.000 euros du mètre carré.

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a écrit le 30/05/2015 à 13:14 :
Les Français ne peuvent pas utiliser leur capital retraite, ni emprunter au dela d'une mensualité de 30% de leur revenu, ni "recharger" l'hypotheque de leur maison. Ils subissent donc un concurrence agressive et "déloyale de la part des étrangers qui n'ont pas ces contraintes et disposent beaucoup plus facilement d'un apport. Il est peut etre temps d'instaurer des droits de mutation beaucoup plus élevés pour les étrangers..
a écrit le 29/05/2015 à 9:44 :
Merci pour cette article très renseigné, les chiffres sont très parlants. Gageons que les 9% vont vite augmenter. L'attractivité de Paris est incomparable dans le monde, les étrangers peuvent ainsi réaliser leurs rêves, peut-être celui de faire partie de cette culture parisienne tellement encensé partout sauf sur Fox News ;)
a écrit le 28/05/2015 à 17:49 :
ce qui serait interessant c est de savoir pourquoi ces etrangers achetent : est ce un placement (logement a louer), un pied a terre (ie vide 98 % du temps), un moyen de blanchir ou de mettre l argent en surete (par ex dans le cas de l algerie ou russie) ou pour s installer en france (retraites anglais par ex)

sinon penser que les etrangers vont soutenir le marche francais est delirant. ca ne concerne qu un petit nombre d endroits (qui va acheter un pied a terre a St etienne ?) et une fraction modeste des acheteurs
Réponse de le 28/05/2015 à 19:14 :
@cd: pourtant facile à comprendre ..Le centralisme typiquement français ne fait que se renforcer ; le grand paris va accentuer ce centralisme et les étrangers ont bien compris que les prix continueront de flamber en IDF
Réponse de le 28/05/2015 à 22:38 :
Je doute qu un portuguais ou un algerien achete en france car on est un etat centralise. De toute facon,c est au final le bouillon assure car les prix ne peuvent durablement s ecarter des revenus des habitants : les arbres ne montent pas au ciel. Et comme les francais vont s apauvrir (hausses d impots + economie en declin donc moins d emplois et mal paye), la chute des prix me parrait inevitable (surtout quand pepe va devoir payer la maison de retraite et vendre)
Réponse de le 29/05/2015 à 9:01 :
@cdg: il y a maintenant 7 ans tout le monde tenait votre discours et nous étions quelques uns à dire qu après une correction de 20 % les prix remonteront ..et bien c est exactement ce qu il se passe ..Les prix de l ancien repartent un peu en province et le neuf n a jamais baisse.
Réponse de le 29/05/2015 à 16:22 :
Les prix repartent surtout car l etat subventionne les acheteurs (pinel, PTZ) mais c est tres malsain comme systeme car tot ou tard les subventions vont cesser (l etat francais n a plus un sou). pire cette politique du logement cher nous coule car elle pousse a la hausse les couts & salaires et incite a investir dans le parpaing au lieu de secteurs plus porteur.
Sinon je maintien que les prix ne peuvent a long terme diverger des revenus des acheteurs. le credit permet de masquer temporairement le probleme mais comme toute solution temporaire ca ne dure qu un temps
a écrit le 28/05/2015 à 17:03 :
Les Français n'ont plus d'argent ou ils s'en vont loin. Signe des temps....

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