EXCLUSIF Des milliers d'investisseurs locatifs risquent de boire la tasse

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Le groupe de résidences en bord de mer ou à la montagne Mona Lisa a été placé en redressement judiciaire.

La Joconde a perdu son sourire. Après avoir été en cessation de paiements le 19 février, l'exploitant d'hôtels et de résidences de tourisme Mona Lisa a été placé en redressement judiciaire.
Depuis 1989, le groupe commercialisait auprès du grand public des logements en défiscalisation (Lois De Robien, ZRR, Malraux, déficit foncier...) à travers sa filiale Mona Lisa investissements. Il en assurait ensuite l'exploitation (promotion auprès des vacanciers, réservations, entretien...) et versait un loyer aux investisseurs privés que les logements soient ou non occupés. Aujourd'hui, Mona Lisa compte 19 hôtels et 13 résidences de tourisme, principalement à la montagne et en bord de mer.
Les résidences étant généralement déficitaires pour l'exploitant les premières années, le groupe avait l'habitude, comme beaucoup d'autres, de puiser dans les bénéfices des ventes de l'année pour payer les loyers des programmes précédents.
Mais la chute brutale des transactions immobilières dans le neuf en 2008 a enrayé la machine, obligeant Philippe Berne, PDG de Mona Lisa, à proposer aux bailleurs particuliers une baisse de 50% des loyers pour 2009.
Cela n'a pas suffi et, si aucun repreneur n'est trouvé, les investisseurs qui ont placé leur épargne dans ces logements n'auront plus de locataire et verront leur rentabilité s'effondrer. Concernant les hôtels, ils seraient peut-être même contraints de vendre leur bien, perdant ainsi la quasi-totalité du bénéfice fiscal. Les premières réactions ne poussent guère à l'optimisme : « Nous avons regardé le dossier et aucun site n'a retenu notre attention » témoigne un gros acteur du marché.
Les groupes de résidences Transmontagne en 2007 et Maisons de Biarritz en 2008 avaient connu la même mésaventure. Mais, dans les deux cas, l'exploitation de la plupart des résidences avait été reprise au prix d'une révision des loyers à la baisse. Ce qui avait fortement écorné le rendement de l'investissement pour les particuliers. Dans d'autres cas, comme dans une résidence du Val d'Allos (Alpes de Haute-Provence) par exemple, l'exploitant ne paye plus les loyers depuis plusieurs mois.
Le plus souvent, les personnes démarchées ont été trompées par des simulations de rendements optimistes, voire trompeuses. C'est ce que tente actuellement de démontrer le cabinet d'avocats Lecoq-Vallon et associés auprès des tribunaux. De nombreuses actions en justice ont déjà été lancées : à Orcières les Merlettes dans le cadre de la loi Demessine (SCI Les balcons du Soleil), au tribunal de Bobigny pour une résidence de tourisme 3 étoiles qui s'est transformé en foyer d'hébergement (SCI Les séjours de la plaine), à Chamrousse pour une résidence de Transmontagne ou encore contre le groupe Quiétude à Nontron pour une résidence en ZRR (zone de revitalisation rurale).

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