La Tribune

Sarkozy ne veut pas du président de la Bundesbank à la tête de la BCE

(Crédits : Reuters)
Éric Chol et Frank Paul Weber  |   -  354  mots
Pour la succession de Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne, l'Élysée rejette le candidat allemand Axel Weber.

Tout paraissait écrit : Jean Claude Trichet quittant, après son mandat de huit ans, la tête de la Banque centrale européenne (BCE) en novembre 2011, l'allemand Axel Weber était en piste pour lui succéder. Ce gardien de l'orthodoxie monétaire, professeur d'économie de 53 ans devenu patron de la Bundesbank voisine, serait ainsi le premier Allemand à diriger cette institution européenne sise à Francfort. Sauf qu'Axel Weber, connu pour son franc parler et son opposition à une politique monétaire souple, n'a pas les faveurs de l'Elysée. Nicolas Sarkozy, qui verra avec un certain soulagement, a-t-il récemment reconnu, Jean Claude Trichet quitter la barre de la BCE n'a aucune intention d'abandonner celle-ci à Axel Weber, déjà membre de droit du Conseil des gouverneurs de la BCE.

Draghi ou Weber ?

Dans l'entourage du président de la République, on précise d'ailleurs que Nicolas Sarkozy n'a jamais donné son accord à la chancelière Angela Merkel pour laisser la présidence de la BCE à un Allemand. Et pour être bien sûr de se faire comprendre, on rappelle que Nicolas Sarkozy a reçu il y a quelques jours seulement à l'Elysée le gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi, autre candidat au fauteuil de Trichet. Les deux solutions ? Draghi ou Weber ? défient les fragiles équilibres non-dits du directoire de la BCE : le vice-président est en effet portugais et donc deux responsables du sud de l'Europe (avec Draghi) au sommet de la Banque sont difficilement acceptables pour le Nord du continent. De même un Allemand, Jürgen Stark, siège déjà au directoire, et devrait en principe démissionner si Weber est à la présidence.

Enfin, l'Elysée doit aussi rapidement décider quel Français ou Française siègera au directoire : avec le départ de Trichet dans un an, la France ne serait plus représentée pendant plusieurs mois. A moins que Paris impose dès le printemps prochain son candidat pour occuper le poste au directoire que l'Autrichienne Gertrude Tumpel-Gugerell laissera vacant le 1er juin prochain. Un écheveau complexe à démêler à l'Elysée.

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Commentaires

lacy  a écrit le 16/12/2010 à 15:42 :

Draghi est un ex Dirigeant de Goldman Sachs et considéré comme sulfureux
C'est forcément le candidat de Sarkozy, aux ordres des USA
Pour la magouille ,il est génial