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Les banques au pied d'un "mur de dette" de 2.500 milliards d'euros

Infographie La Tribune
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Alexandre Maddens  |   -  492  mots
Les secteurs bancaires américain et allemand devront honorer, à eux seuls, 1.300 milliards de dollars avant la fin de l'année 2012.

3.600 milliards de dollars, soit plus de 2.500 milliards d'euros. C'est le montant de dette qui arrivera à maturité pour les banques avant 2013. Ce chiffre, qualifié de « mur de la dette » par le Fonds monétaire international (FMI) dans son « Rapport annuel sur la stabilité financière », a soulevé de nouvelles interrogations sur la santé du secteur bancaire mondial. Et notamment européen. Selon l'institution internationale, le recours massif par les banques du Vieux Continent au refinancement à court terme introduit « une instabilité supplémentaire » dans le système financier.

Ce sont les établissements allemands et irlandais qui seront en première ligne, poursuit le FMI, car 40 % à 50 % de leurs échéances de remboursement sont attendues avant la fin de l'année 2012. Problème supplémentaire, les secteurs bancaires se trouveront en compétition avec les États, qui doivent refinancer une partie de leur dette souveraine dans les mêmes délais. La course à la liquidité en sera donc d'autant plus disputée. Sans compter que nombre d'établissements en Europe éprouvent toujours de grandes difficultés à se refinancer sur les marchés, à l'image des banques grecques, irlandaises, des caisses d'épargne espagnoles (« cajas ») et des Landesbanken en Allemagne. En France, selon des données de Moody's de 2010, les établissements bancaires devront honorer près de 139 milliards de dollars d'échéances en 2011 et 2012, contre 47 milliards en Irlande, 164 en Espagne, 362 au Royaume-Uni, 621 en Allemagne et 702 aux États-Unis.

« Chiffon rouge »

Sur les marchés, le spectre du « mur de la dette » bancaire n'a pas suscité de fortes craintes. D'aucuns s'interrogent même sur les raisons qui ont poussé l'institution internationale à agiter « ce nouveau chiffon rouge ». Pour Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue, « le FMI semble faire preuve d'alarmisme ». « Les échéances à venir n'ont rien d'extraordinaire, à l'exception du pic de 2012. Pour une banque, avoir un tiers de sa dette à refinancer dans les deux ans n'est pas anormal et correspond à une durée moyenne d'emprunt entre cinq et sept ans », poursuit-il. Et de préciser : « Les inquiétudes devraient surtout se porter sur l'Irlande, où les difficultés de l'État et du secteur bancaire national sont étroitement liées. » Dans son rapport, le FMI évoque ce lien de causalité entre dette souveraine et dette bancaire : « Le coût de refinancement augmente de manière plus forte dans les pays où le risque souverain est élevé. [...] La dégradation de la note d'une banque suit souvent celle de la note souveraine. » En outre, la détérioration des finances d'un État affecte, aux yeux des investisseurs, la qualité de la garantie apportée au secteur bancaire national, ajoute le FMI. Avant de conclure : « Les banques les plus faibles ont provoqué une hausse des coûts de financement, qui touche tous les établissements [...]. Des actions supplémentaires sont donc nécessaires pour les restructurer et, quand ce sera nécessaire, les faire disparaître. »

En France, les établissements bancaires devront honorer près de 139 milliards de dollars d'échéances en 2011 et 2012.

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