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Grèce : les négociations sur la dette progressent lentement

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latribune.fr, avec Reuters  |   -  672  mots
Les discussions entre la Grèce et ses créanciers privés sur un échange de dette n'ont guère progressé alors même que le délai pour parvenir à un accord qui évite un défaut désordonné s'épuise rapidement.

Les négociations, qui ont repris après avoir été rompues vendredi dernier, achoppent toujours sur le même point: le coupon que doit servir Athènes sur les obligations nouvelles échangeables avec celles détenues par ses créanciers obligataires.

La Grèce a proposé un coupon d'un peu plus de 3,5% lors d'une réunion de deux heures mercredi, offre rejetée par les créanciers obligataires qui veulent au moins 4%, selon une source citée par Reuters.

Les négociations entre le Premier ministre, Lucas Papadémos et Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi), qui représente les créanciers privés de la Grèce, doivent reprendre jeudi soir à Athènes.

Les deux parties doivent s'entendre très rapidement pour que la Grèce puisse recevoir une nouvelle tranche d'aide d'un plan de renflouement de 130 milliards d'euros, avant l'arrivée à échéance en mars de 14,5 milliards d'euros d'emprunts obligataires.

Le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, a dit à des parlementaires qu'une bonne partie de l'échange de dette devait être agréée d'ici vendredi midi et formalisée d'ici la réunion lundi de l'Eurogroupe, soit les ministres des Finances de la zone euro.

"Voici venus le moment crucial de la bataille finale de l'échéance de dette et le moment crucial de la bataille finale et décisive d'un nouveau renflouement", a dit Venizelos au Parlement. "Il faut négocier maintenant, à tout prix, pour le bien du pays".

Malgré l'urgence du moment, les actions des banques grecques sont en nette hausse, en témoigne leur indice sectoriel qui gagne 5% dans l'après-midi, le marché se montrant plutôt optimiste pour ce qui concerne la conclusion d'un accord.

"Il y a un certain soulagement parce qu'on pense que le risque de voir la Grèce quitter la zone euro s'est un peu plus éloigné", dit Natasha Roumantzi, analyste de Piraeus Securities.

Pas de miracle

L'échange est censé réduire d'une centaine de milliards d'euros une dette grecque qui dépasse actuellement 350 milliards d'euros. Pour ce faire, les créanciers privés de la Grèce doivent accepter une réduction de moitié de la valeur faciale de leurs obligations.

Les négociations portent sur le coupon et la date d'échéances des obligations nouvelles que la Grèce émettrait en remplacement des anciennes.

Athènes veut imposer un intérêt inférieur aux 4% au moins que réclament ses créanciers privés. Un intérêt de 3,5%, par exemple, impliquerait pour ces derniers une perte de l'ordre de 70%, selon le calculateur Reuters Breakingviews.

La Grèce connaît sa crise la plus grave de l'après-guerre, avec un chômage sans précédent et des manifestations, grèves et débrayages quasi-quotidiens contre des mesures d'austérité qui ont intensifié une récession déjà brutale.

Près d'un jeune sur deux est sans emploi et les hausses d'impôts et réductions salariales successives nourrissent la colère populaire.

Le dernier programme de renflouement conclu avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) - sous réserve de mesures d'austérité sévères et de réformes structurelles - est censé ramener la dette à 120% du PIB en 2020 contre 160% actuellement.

Horst Reichenbach, qui dirige le groupe de travail de la Commission européenne chargé de rebâtir l'économie européenne, exhorte l'Europe à faire preuve de patience avec la Grèce, arguant que les réformes avancent lentement et qu'il ne faut pas s'attendre à un miracle.

A Washington, une porte-parole du FMI a dit que l'autorisation du conseil d'administration était sollicitée afin d'ouvrir avec la Grèce des discussions susceptible de déboucher sur un accord donnant un "accès exceptionnel" aux prêts du Fonds.

La Grèce dispose déjà d'un accès exceptionnel au FMI, qui lui permet de tirer à hauteur de plus de 600% de sa quote-part. Toute nouvelle négociation nécessite un nouvel aval du conseil d'administration.

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Commentaires

JP  a écrit le 20/01/2012 à 8:50 :

on se frotte les yeux quand on apprend que les hedge founds envisageraient de saisir la Cour des Droits de l'Homme de Strasbourg, au cas où ils ne seraient pas payés (par l'argent prété au mois par mois)! Surréaliste!

Franchouille  a écrit le 19/01/2012 à 18:03 :

On tourne en rond.

ombrelle  a répondu le 19/01/2012 à 21:32:

Et ça ne tourne pas rond.