La Tribune

« Il faut organiser un débat national sur l'Union politique européenne en 2013 »

Pour Michel Barnier, commissaire européen : "Il faut utiliser cette année 2013 pendant laquelle les Allemands auront leur propre élection nationale pour organiser un débat et se mettre au clair sur la question européenne." Copyright Reuters
Pour Michel Barnier, commissaire européen : "Il faut utiliser cette année 2013 pendant laquelle les Allemands auront leur propre élection nationale pour organiser un débat et se mettre au clair sur la question européenne." Copyright Reuters
Florence Autret, à Bucarest  |   -  535  mots
Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, a pressé le président François Hollande à se préparer à répondre à l'offre d'union politique proposée par Berlin. Il s'exprimait à l'occasion du congrès du Parti populaire européen (PPE), qui réunit l'ensemble des droites européennes, qui se tenait mercredi et jeudi à Bucarest (Roumanie).

On dirait une réunion de famille. Une famille éclatée, dispersée aux quatre coins de l'Europe, mais nombreuse et puissante. Sous les lustres énormes du très « ceaucescien » Parlement de Bucarest, colossale pièce montée de marbre blanc dressée en plein c?ur de Bucarest, le parti populaire européen tenait son Congrès mercredi et jeudi en présence d'une pléiade de dirigeants européens, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel.

"On doit cesser d'avoir l'Europe honteuse"

En marge de cette manifestation à laquelle il participait, Michel Barnier a appelé le président François Hollande et les autres dirigeants politiques français à organiser un grand débat national sur l'Europe. Aux yeux du commissaire européen, ancien ministre des Affaires étrangères et des Affaires européennes, la France est en retard sur l'Allemagne dans sa préparation de l'inévitable réforme de l'Union européenne (UE). « On doit cesser d'avoir l'Europe honteuse. Il faut utiliser cette année 2013 pendant laquelle les Allemands auront leur propre élection nationale pour organiser un débat et se mettre au clair sur la question européenne », dit-il. Sa méthode : faire préparer un « document d'orientation » par des « personnalités libres » et organiser « un débat public au parlement national, dans les régions, dans les départements ». « Qu'enfin on parle d'Europe autrement qu'à l'occasion d'un référendum, d'une crise, de la vache folle ou d'une guerre », dit-il.

"La question de l'intérêt national ne peut plus être seulement nationale"

L'élection allemande de septembre 2013 doit être le point d'ancrage du calendrier. « Mme Merkel va nous poser cette question dans quelques mois : voulez-vous oui ou non, Français et Allemands, qui avons accepté le traité de l'Elysée et la CECA (Communauté européenne de l'acier et du charbon. NDLR), que nous allions plus loin dans l'intégration, dans le partage de la souveraineté ? Il faut préparer notre réponse nationale à cette question. On ne peut pas l'improviser. Parce que les Allemands eux ne l'improviseront pas. Ni leur question, ni leur réponse », avertit Michel Barnier. « La question principale est de savoir pourquoi nous devrons partager davantage de souveraineté pour défendre l'intérêt national. La question de l'intérêt national ne peut plus être seulement nationale. C'est ce que dit Mme Merkel en Allemagne », précise-t-il.

Le bon moment, "après l'élection du nouveau président de l'UMP"

Le bon moment serait « janvier ou février 2013, après l'élection du nouveau président de l'UMP », dont le secrétaire général et candidat à la présidence, Jean-François Copé, était présent à Bucarest. Mais les dirigeants exécutifs français, que ce soit l'équipe actuelle ou celle du tandem Sarkozy-Fillon, ont répugné jusqu'à présent à porter le débat sur ce terrain très politique sous prétexte que l'Europe était en soi impopulaire. Cette posture est contre-productive, assure Michel Barnier. « Il faut lancer le débat de manière extrêmement ouverte, sans avoir peur des critiques. Il faut qu'on cesse du côté français de faire l'Europe pour les citoyens et sans les citoyens », dit-il.

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Commentaires

Référendum  a écrit le 18/10/2012 à 18:23 :

Ce projet doit faire l'objet d'un REFERENDUM !!
Il y est question de perte de souveraineté et de FÉDÉRALISME EUROPÉEN !!
Le peuple français DOIT être consulté et exprimer son opinion !!
Et son avis devra être respecté !!

NADIRUB  a écrit le 18/10/2012 à 18:11 :

Les débats ne servent généralement à RIEN ,dans la mesure ou les débatteurs à quelque nuance prés , sont
d'accord entre eux.
la seule alternative c'est le référendum populaire , avec deux choix OUI ou NON à l'Europe fédérale dont on voit
bien aujourdhui ou elle nous a conduit , avec en plus la gestion plus qu'improblable de certaines nations membre.
Quant à Monsieur BARNIER , avec beaucoup de respect , mais de conviction , nous lui conseillons de relire
le discours du regretté Phillipe SEGUIN de mai 2002 - Monsieur Phillipe SEGUIN était un gaulliste authentique.

Nous voulons une autre Europe !  a écrit le 18/10/2012 à 17:22 :

Oui à une Europe des nations et de la coopération entre les états, non à une Europe fédéraliste au rabais qui nous met en servage avec le Mécanisme Européen de Stabilité (MES)
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est

Traité de l?Union Européenne (TUE)

Article 50
Tout état membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l?Union.

L?état membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil Européen. A la lumière, des orientations du conseil européen, l?Union négocie et conclut avec cet état un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l?Union. Cet accord est négocié conformément à l?article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l?Union européenne. Il est conclu au nom de l?Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

TAN  a écrit le 18/10/2012 à 14:59 :

Ce n'est pas un débat, c'est un référendum.

Saint Just  a écrit le 18/10/2012 à 14:06 :

Dans l'état d'esprit du commissaire politique, heu pardon , européen, Barnier, oui un débat mais surtout pas à un vote de speuples. On va pas quand même verser dans la démocratie quand même!

De quelle Europe parlez-vous !  a écrit le 18/10/2012 à 12:45 :

Ministre de 2006 à 2008 de l?économie et des finances de l?Italie, Tommaso Padoa Schioppa, président du Think Thank «Notre Europe». Très grand responsable européiste. Les enseignement de l?aventure européenne : revue commentaire n°87 1999.
«La constitution européenne est une révolution même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs, blêmes et maigres mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs.
L?Europe ne procède pas d?un mouvement démocratique, elle s?est faite suivant une méthode que l?on pourrait définir du terme «despotisme éclairé».
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est

Tahiti6  a répondu le 20/10/2012 à 5:52:

L Europe est la création de la technocratie européenne qui considère que la
Démocratie est inefficace.
Ces technocrates oublient que l enfer est pave de bonnes intentions.

Vous avez Europe !  a écrit le 18/10/2012 à 12:44 :

"Circus Politicus" de Christophe Deloire et Christophe Dubois, éditions Albin Michel.

Résumé:

Mesure-t-on les conséquences du Putsch qui a été commis à notre insu, contre la démocratie ?
Après l'immense succès de Sexus Politicus, Christophe Deloire et Christophe Dubois s'attaquent au théâtre d'ombres qu'est devenue la politique française.
Désormais, celle-ci est dominée par la scène européenne mais aussi par des réseaux aussi invisibles que puissants.
S'appuyant sur des documents secrets et des archives inédites, les auteurs dévoilent les coulisses à la fois édifiantes et surprenantes de notre Circus Politicus, sur fond de crises gouvernementales et de chaos européen.
Une enquête percutante qui démontre que le système politique de l'Europe est entièrement à reconstruire.

danub  a écrit le 18/10/2012 à 12:19 :

tres bien, organisons un debat national sur l'europe mais concluons le par un référendum (precision: referendum dont on respectera le vote quel qu'il soit, pas comme en 2005); chiche !

Momo  a écrit le 18/10/2012 à 11:49 :

Barnier énonce une évidence : se préparer à l'union politique de l'Europe, quelque soit le périmètre adopté. L'axe franco-allemand en est le point fixe, le point d'ancrage. Son élargissement tant au Sud qu'au Nord pourra sans doute adopter la surface de l'actuelle union monnétaire. Au-delà, c'est à voir. Mais avons-nous en France une gouvernance capable de voir? Est-elle capable de préparer la réponse solide et structurée à l'offre que va très bientôt nous faire l'Allemagne? A ce jour, la réponse est non, l'incapacité gouvernementale étant patente.

cercles  a répondu le 18/10/2012 à 12:02:

"famille éclatée" certes mais famille tout de même et puisqu'il y a eu et il y aura d'autres élargissements, impossible de faire de l'ancien type fédéral(d'ailleurs on en voit les dérives ici en Suisse ou ailleurs aux EU), mais de façon pragmatique relions cercles ou groupes de volontaires par objectifs: voilà un objectif propre à ramener les eurosceptiques à une réflexion raisonnable. quant au commentaire sur la France il ne me paraaît pas bienvenu.

déni de réalité  a écrit le 18/10/2012 à 11:11 :

En effet sortir du déni et se .....réveiller! Bonne intervention de mr Barnier qui rapelle à la classe politique française que l'improvisation du débat n'est plus possible. Et puis il faudra délivrer des réponses - cohérentes -. Je suis inquiet: une France qui "résiste" à toutes réformes, doit être intellectuellement capable de préparer sa position dans le débats des réformes en Europe. Vu l'état pitoyable de ce gouvernement et accessoirement de la présidence française cela pourrait être difficile. Mais ne pensez pas que nous aurions 5 ans pour préparer ce débat. Le temps presse : en France, en Europe.

curieux37  a écrit le 18/10/2012 à 10:34 :

100% d'accord avec vous...... il faut arrêter cette vision purement comptable de l'europe et réfléchir philosophiquement sur ce que l'on cherche...... il y a urgence à redéfinir le projet européen, ceux qui ne s'en sentiront pas la quitteront..... le reste du monde nous accuse.... et nous repoche de les empêcher d'avancer... (en creux, ils nous reprochent de ne plus pouvoir nous scucer le sang....) et nous on porte ça comme une honte pour vendre trois air bus et deux fausses centrales nucléaires...... pendant ce temps, on s'écroule.... ce n'est qu'un europe forte qui pourra résister...... et vivre... pas la faiblarde sans aucun sens ni vision que l'on a en face de nous..... nos dirigeants n'ont pas de C...... parceque la pensée politique est réduite à néant actuellement......les idéologies de droite et de gauche sont obsolètes......