La Tribune

Pourquoi l'Allemagne pourrait aussi perdre son triple A

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Romaric Godin  |   -  1089  mots
La dégradation de la France par Moody's est aussi une mauvaise nouvelle pour l'Allemagne, qui est désormais en première ligne dans la défense de l'euro.

Outre le fait que cette deuxième dégradation ôte définitivement à la France sa capacité à se prévaloir d'un triple A vis-à-vis des investisseurs, elle s'accompagne d'une menaçante et inquiétante perspective négative. Autrement dit, ce qui menace la France, c'est d'entrer dans la spirale des dégradations qu'ont connu ses voisins méridionaux, Espagne et Italie. Dès lors, Paris pourrait n'avoir d'autres choix que d'accélérer le pas de la rigueur, ce qui ne manquera pas de réduire à néant le dernier bastion de la croissance française, la consommation. La deuxième économie de la zone euro pourrait donc bien entrer rapidement dans une spirale récessionniste comme ces deux voisins déjà cités, ce qui, du reste, la conduirait sans doute à être à nouveau dégradée.

La France fera-t-elle face ?

Une France aussi affaiblie laisse désormais l'Allemagne seule en première ligne dans la «défense de l'euro». Il est désormais évident que la France ne peut faire face aux engagements pris pour maintenir la Grèce, le Portugal et l'Irlande dans la monnaie unique, qui, potentiellement s'élèvent déjà à 200 milliards d'euros. Et encore moins si l'Espagne, Chypre ou la Slovénie se joignent au carrousel des demandes d'aides. Peut-être la France pourra-t-elle encore assumer les pertes sur les quelque 25 milliards d'euros qu'elle a prêté directement ou indirectement à la Grèce, mais ce ne sera qu'au prix d'une nouvelle dégradation et d'un nouveau plan de rigueur, donc d'un nouvel affaiblissement. Viendra alors rapidement le moment où la France ne pourra plus assumer ces engagements. Pas plus que l'Italie, du reste. Au pire, un de ces deux pays, ou les deux pourraient même avoir besoin d'en appeler au MES pour se financer et bénéficier de la protection de la BCE.

Au-delà des capacités allemandes

Dans les statuts du FESF et du MES, les pays qui bénéficient d'une aide sont en effet dispensés de participer aux garanties et au financement de cette aide. Le risque est donc, si la France entre dans une spirale de dégradation, que l'Allemagne doivent seule assumer les risques liés au sauvetage de l'euro. Mais évidemment, la république fédérale ne le peut pas. Quelle que soit sa puissance, son PIB n'est que de 2.800 milliards d'euros et sa dette brute atteint déjà 80% de ce montant. Sa capacité de faire plus pour sauvegarder l'euro est, il faut bien le reconnaître, extrêmement limitée. Ou pour le dire plus simplement, quasiment nulle.

Affaiblissement conjoncturel

D'autant que l'affaiblissement de la France, s'il se produit, risque encore d'affaiblir la situation conjoncturelle allemande qui, si elle commerce de plus en plus avec les pays émergents, les deux tiers de ses exportations se dirigent encore vers la zone euro. Le ralentissement actuel de l'économie allemande prouve encore la dépendance de la république fédérale vis-à-vis de son Hinterland continental. Si la France chute, le coup sera plus rude pour Berlin qui n'aura sans doute d'autre alternative que de stimuler sa demande des ménages au risque de réduire sa compétitivité externe. Un risque qui pourrait encore affaiblir à terme son potentiel de croissance et, partant, la capacité de l'Allemagne à intervenir pour sauvegarder l'euro.

Grands moyens

Le triple A allemand, déjà placé sous surveillance par Moody's, ne résistera pas à un tel développement. Et dès lors, le système de cavalerie financière mis en place à partir de 2010 pour faire tenir l'édifice de l'euro ne pourra plus que s'effondrer. Il sera impossible à l'Allemagne de continuer à s'endetter davantage pour financer la dette des pays de la zone euro. Il faudra alors en venir aux grands moyens pour en finir avec ce stock de dettes accumulé.

Défaut généralisé

Le premier d'entre eux sera un défaut partiel généralisé des pays de la zone euro, solution extrême qui aura l'avantage de soulager immédiatement les Etats membres. Mais l'accès au marché leur sera fermé pour longtemps, ce qui les contraindra à une discipline budgétaire de fer plus efficace, mais aussi plus douloureuse, que celle imposée par le pacte budgétaire. En tout état de cause, l'Allemagne y perdrait son triple A, mais il est très peu probable que la république fédérale accepte une telle décision, si contraire à toute son histoire économique.

Planche à billet ?

Le second moyen - qui n'est pas exclusif du précédent - est un financement de la dette publique des pays de la zone euro par des émissions monétaires illimitées et inconditionnelles de la BCE. La dette serait alors effacée par l'inflation et payée en monnaie de singe. Ce serait un défaut doux. Les conséquences économiques seraient également douloureuses. Du point de vue allemand, l'effet favorable sur les exportations lié à la chute de l'euro serait effacé par le renchérissement des importations qui obligeraient les entreprises allemandes à renchérir les salaires et à ronger leurs marges. Là aussi, le triple A allemand serait menacé. Quoi qu'il arrive, ce choix semble exclu par une Allemagne encore très réticente à toute politique inflationniste.

Retour au mark ?

Reste le dernier moyen, la sortie unilatérale de l'Allemagne de la zone euro. Mais cette solution est loin d'être la panacée. Que faire de la dette existante et libellée en euro? La convertir en «nouveau mark» ne servirait à rien. La laisser libellée en euro permettrait, compte tenu de la possible réévaluation forte de la nouvelle monnaie, d'en annuler une partie. Ce serait également un défaut en douceur. Mais sera-ce suffisant? Pas certain. D'autant que la hausse du nouveau mark risque de peser sur les exportations allemandes et d'affaiblir son potentiel de croissance. Certes, compte tenu de la qualité de ses produits, l'Allemagne a déjà montré, dans les années 1970 et 1980 qu'elle pouvait faire face à des réévaluations. Mais le début des années 1990 a prouvé le contraire. Du coup, là aussi le triple A allemand risque de ne pas résister au choc.

Politique à courte vue d'Angela Merkel

Ce scénario est évidemment celui du pire. Mais il montre que la politique d'Angela Merkel est une politique à courte vue qui s'est accompagné d'un risque immense. Le seul élément qui contient encore ce risque, c'est la confiance. Or chaque abaissement de note par les agences réduit ce capital...

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Commentaires

Machiavelli  a écrit le 10/12/2012 à 10:03 :

L?Europe, surtout du sud, se vide de son sang et agonise.
Dû à l?énorme excédent commercial de l' Allemagne (16 Milliards par mois, je répète : PAR MOIS, en moyenne et ceci depuis 17 ans) l' Euro est surévalué pour la plus part des autres pays de l'Union monétaire. Cela favorise les importations et pénalise les exportations, de la le déficit de la balance commerciale de la plus part des pays de la Zone Euro dont la France, le chômage en général mais surtout des jeunes et les déficits budgétaires qui en découlent par manque à gagner.
Pire encore, les bénéfices réalisé par les entreprises allemandes dans les pays déficitaires de la Zone Euro sont en grande partie réinvestis en dehors de celle-ci, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétique, ce qui en fait n' est autre qu'une fuite de capitaux légale. Conséquence, le centre politique et économique se déplace vers l' est, plaçant ainsi l' Allemagne au centre de celle-ci.
Le chômage surtout des jeunes qui en découle oblige beaucoup de jeunes hautement qualifiées à chercher fortune sur d' autres continents, ce qui est non seulement une tragédie humaines mais équivaut à un drainage de cerveaux qui à long terme s?avérera tragique économiquement pour toute l' UE.
Il faut revoir les traités pour pouvoir arriver à une plus grande convergence des économies de la zone Euro et à une répartition horizontale du travail entre les pays membres si nous voulons réussir l' Europe.

Euro = Deutsch mark  a écrit le 07/12/2012 à 18:19 :

L'Allemagne va toucher du doigt ce qu'elle fait subir aux pays européens du Sud et à la France en voulant imposer sa monnaie (Euro = Deutsch mark, monnaie trop chère pour les pays du Sud) et son modèle fédéraliste.

L'Allemagne a un excédent Commercial de 210 milliards d'euros, ayant profité essentiellement à son économie (60 % de ses exportations en Europe), au détriment des pays du Sud de l'Europe et de la France qui depuis qu'elle a adopté l'Euro a un déficit de son Commerce Extérieur de 75 milliards d'euros.

L'Euro ayant pour certains euro-atlantistes béats permit de stabiliser le cours des changes des monnaies, occulté par un mal bien plus grand : celui des intérêts d'emprunts qui ruinent actuellement la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et bientôt la France : quelle belle réussite pour les peuples européens d'être mis en servage par l'Euro et les marchés financiers !
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est

lallemagne  a écrit le 21/11/2012 à 12:37 :

la seule confiance des marchés dans le système et donc le retour de la croissance c'est la planche à billets

André  a écrit le 21/11/2012 à 8:00 :

ça y est l'Allemagne décroche... On a fait des dettes qui ne donnent que du chômage et de la pauvreté. En quoi ces politiques sont-elles un bienfait? Donc parce qu'un bureaucrate l'a décrété, personne peut vivre dans ce pandémonium, ce lieu abiotique qu'est l'Europe. DOIT-ON DIRE PERE DE L'EUROPE OU BIEN BOURREAU DE L'EUROPE??

Olivier  a répondu le 21/11/2012 à 8:20:

C'est la dévastation par le socialisme...

Hugo  a écrit le 20/11/2012 à 16:34 :

Cela signifie qu'on entre dans la spirale infernale de la hausse des taux. 200 milliards face à 1800, c'est un dixième, donc les 100% sont déjà dépassés. Peut être devrait-on faire de la croissance et des emplois plutôt que des dettes et du chômage, surtout vu le niveau qu'on a... rappelons que le tiers des diplômés n'est aujourd'hui pas employé, on se demande bien pourquoi.

Ratio  a écrit le 20/11/2012 à 16:31 :

Revenons aux chiffres : le ratio dettepublique/PIB est de 0,7 stable en Espagne, 0,8 en baisse en Allemagne, de 0,9 en hausse en France et UK, de 1 en hausse aux US, de 1,2 stable en Italie, 2,4 en hausse au Japon. L'Europe du Nord continue de faire des réformes pour diminuer les dépenses publiques de fonctionnement plus vite qu'une éventuelle décroissance économique. Quand le bateau coule vraiment il est trop tard pour lacher du lest.

Help  a écrit le 20/11/2012 à 16:10 :

Bientôt, la France et l'Europe vont ressembler à l'Argentine d'il y a dix ans..... Gare !

MIMOSA  a écrit le 20/11/2012 à 14:34 :

L'Allemagne finira aussi par être dégradé suite aux dégradations de ses partenaires ; je pense qu'elle ne pourra pas y échapper ... pour l'instant c'est a grande illusion pour la chancelière qui se cramponne à son siège....

héhé  a écrit le 20/11/2012 à 13:41 :

En même temps, les dirigeants allemands l'ont bien cherché.

Accessoirement, ce qui m'étonne c'est le nombre de vos lecteurs qui prônent la rigueur et qui sont les premiers à hurler au loup quand on fait appel à leur portefeuille pour appliquer une telle politique. On a une dette, on en a tous profité, maintenant faut payer. Faut TOUS payer.

déni de réalité  a répondu le 20/11/2012 à 14:04:

@ héhé: Non mon pauvre, enfin nous pauvres. L'égalité devant la dette n'existe pas. L'Allemagne garde et gardera encore un moment son triple A (et annoncer la probabilité qu'elle le perde et plutôt un mécanisme de déni) Ainsi le spread, donc le différentiel entre les taux français et allemands remonte actuellement et remonteront encore; donc 1 euro de dette coûtera -encore- bien plus cher au français qu'un 1 euro de dette aux allemands.

FatCat  a répondu le 20/11/2012 à 15:35:

@ héhé, vous faites une grave erreur, la dette Française est composé à 80% d?intérêts. Le peuple Français ne profite pas des intérêts mais simplement du capital initial. Achetez 100? de fruits à crédit, vous paierez 110? mais vous jouirez quand même de 100? de fruits. Donc non la dette ne doit pas être remboursée en totalité vu que les taux d?intérêts sont fixés en fonction de l'âge du capitaine.

Laustralien 22  a écrit le 20/11/2012 à 13:31 :

Plutôt une bonne analyse de la situation. En vérité, l'allemagne a engagé depuis 10 ans une guerre économique vis à vis de ses partenaires européens. Une grande partie des éxédents allemands sont la cause des déficits des autres pays. L'Allemagne a accaparé une grande partie des richesses de l'Europe à son seul profit. Et tous les autres pays pourront faire des efforts de compétitivité, c'est peine perdue. Tant que l'Allemagne n'augmentera pas les salaires et ne développera pas sa consommation, afin de rééquilibrer ses échanges avec les autres pays européens, nous ne sortirons pas de la crise. Est-il normal que dans un pays qui dégage 160 milliards d'éxédents commerciaux, 20% des salariés gagnent moins de 400? par mois, est-il normal que ce pays consacre moins d'argent à ses politiques sociales, aux services publics que d'autres pays entrainant un accroissement du taux de pauvreté? C'est bien l'Allemagne qui a le plus à perdre en europe. La France est le premier partenaire commercial de l'Allemagne, et que la France chute, et l'allemagne suivra, avec le reste de l'Europe. L'Allemagne a une dette de 2230 Milliards d'Euro supérieure de 30% à celle de la France. Il ne faudrait pas l'oublier et de ce point de vue, l'Allemagne n'a pas été plus vertueuse que les autres et la conclusion de cet article est parfaitement justifiée.

SCHILDER  a répondu le 20/11/2012 à 17:14:

C'est faire appel à de vieux démons que de parler de « guerre ». Cette terminologie ne serait valable que si l'on parle d'entreprises engagées, comme elles le sont toutes, dans une guerre de la concurrence. Le rôle fondamental d'un gouvernement doit sûrement être de créer un climat favorable à leur compétitivité, afin d'assurer le plein emploi et les revenus nécessaires pour maintenir des valeurs sociétales, tels un système universel de soins et une infrastructure d'aide envers les plus démunis. Un certain nombre de pays européens, et pas seulement l'Allemagne ont pu se réformer pour mieux assurer ce rôle. Il ne s'agit pas de guerre entre les états ; il s'agit d'un refus de la France, animée par une majorité de sa population, d'accepter la nécessité d'effectuer de telles réformes.

Stanley  a répondu le 20/11/2012 à 18:17:

le mot guerre est sans doute fort
Mais on peut se poser la question de la politique suivie par l'Allemagne, dans le contexte de l'Euro et de L'Union Européenne en général.
1iere Question : ne pourrait on pas dire que l'Allemagne en tant que pays, agit comme une entreprise ie qu'elle s'est engagée dans une "guerre" de la concurrence entre pays européens ?
Aafin de favoriser son industrie, elle a choisi de réduire ,dans une certains mesures, les revenus des salariés allemands, d'affaiblir sa consommation pour dégager de forts excédents de la balance courante, de réduire sa politique sociale,. En d'autres termes une deflation compétitive en Europe dans une zone ou désormais les devises ne fluctuent plus pour refléter les forces économiques relatives des différents partenaires. Elle l'a fait sans concertation. C'est son droit en tant qu'état souverain.
Cela fonctionne en termes relatif: l'Allemagne restaura sa compétitivité , restaure ses marges, et peut exporter, financer ses innovations etc... On peut se demander si au niveau européen ie globalement cette politique n'entrainera pas toute l'économie d'abord dans une récession globale (on y va doucement...) et aussi dans une sorte de dumping permanent intra européen entre états cherchant à se faire concurrence les uns les autres par une politique du moins disant et sans aucune coordination ou concertation.
2ieme question qu'on peut se poser : la compétitivité allemande désormais restaurée ne devrait on pas alors rééquilibrer cette politique, au vu des proportions atteintes par les excédents accumulés tant au niveau de la balance commerciale que de la balance des paiements, (et ce principalement il est vrai par le commerce intra européen) en notamment augmentant les revenus des allemands (baissent de l'impôt sur le revenu par exemple) afin de favoriser leur consommation qui a été rendue atone depuis 15 ans ? Cela enclencherait un cercle vertueux en Europe et en Allemagne également pour booster, de manière interne cette fois sa croissance, non pas au détriment mais en faveur de ses voisins. Une sortie par le haut de la crise européenne.


SCHILDER  a répondu le 20/11/2012 à 20:52:

L'ère de l'exploitation du tiers monde est révolue. C'était sur elle que s'est bâtie en large partie notre prospérité. Mais depuis le tiers monde s'est développé. Il nous rivalise, sur les marchés et pour le contrôle des matières premières. Ces nouveaux blocs commerciaux se moquent de nos critères de sécurité ou du droit de travail; ils méprisent la notion de l'universalité des soins de santé ou de sécurité sociale. Leur modèle est américain ; l'Amérique des républicains fondée sur une perversion du Darwinisme mélangée à un Puritanisme extrémiste : ils proclament « blessed are the rich » ce qui laisse entendre « damned are the poor ». Mais les valeurs qu'ils dédaignent sont essentiellement européennes. Nous les partageons tous ; même le Royaume-Uni, que tant de Français considèrent comme imprégné d'un néo-libéralisme satanique, tient à son Welfare State et à son National Health Service. Les Allemands, y compris leurs socialistes, ont compris qu'il fallait des réformes pour préserver l'essentiel de ces valeurs. Des pays qui osent ou qui ont osé des réajustements douloureux. Telle la Suède : elle a transformé son droit du travail, son système scolaire et son secteur des soins. Elle a réduit son endettement à 40 % du PIB et a éliminé son déficit. Et il y fait quand même bon y vivre !
Parmi tous les pays européens, ce n'est peut-être qu'en France qu'on s'accroche à l'idée que les autres ont tort ; qu'ils manquent à leur devoir de solidarité pour ériger une forteresse Europe afin de se protéger des parvenus qui ont eu l'outrance d'oublier qu'ils sont du tiers monde au service du nôtre.

Benoit  a répondu le 21/11/2012 à 8:08:

Vous parlez de guerre, vous parlez de la guerre civile? Vous dites que l'Allemagne pousse ses produits. Seulement personne n'interdit aux français d'acheter de meilleures voitures. Il faudrait préférer le travail de cochon? Demandez donc à ceux qui achètent VW s'ils veulent des peugeots ou bien les renault qui ressemblent à des tanks.

Marcley  a répondu le 26/11/2012 à 12:29:

C'est du snobisme à ce niveau, je roule français depuis 50 ans et ne roule pas dans des "tanks". Je profite d'un confort et d'une tenue de route qui sont-selon les essais effectués-supérieurs à ceux des voitures allemandes.

tard-dans-la-nuit  a écrit le 20/11/2012 à 13:04 :

la conjoncture allemande souffre déjà du déclin en Europe, rien de nouveau de ce côté-là. Là, ou il y a erreur, à mon sens, c'est qu'on croit que l'Allemagne est incapable de s'adapter à la nouvelle "donne" européenne. Les PME allemandes se sont déjà orientés vers des pays tiers, dits "émergents" ou les Etats-Unis et s'affranchissent de la morosité sur le vieux continent. C'est une erreur de sous-éstimer le flexibilité des PME allemandes à ce niveau là.
Concernant l'endettement, il faut noter que les allemands semblent faire des véritables efforts au niveau des dépenses publiques: budjet structurel en équilibre (donc on ne parle même pas des fameux 3%) dès 2013/2014. Plus réduction de la dette existante par le jeux des taux d'intérêts faibles. Il me semble qu'il y a des vrais géstionnaires là-bas.
Dans ce contexte, la pays ne s'endettera pas plus pour "sauver l'Euro", d'autant plus qu'il faut à chaque fois l'accord du Bundestag. Lequel Mme Merkel n'obtiendra pas facilemet. Leur Cour Constitutionnelle (Bundesgerichtshof) a également établi une limite à ne pas franchir. Donc, il y a des gardes fous en place pour éviter le scénario décrit dans l'article. L'Allemagne ne laissera pas tomber la France, ca, non, mais elle exigera des efforts à la greque. "Aide-toi et on t'aidera". D'ailleurs, ce serait pour nous peut-être la meilleure solution.

ventrachoux  a répondu le 20/11/2012 à 13:33:

Voila enfin un commentaire qui tient debout. Il faut relaiser que 60 % des exportations allemandes se font hors de la zone Euro. Le succes de la majorité des entreprises c´est leur specialisation et la haute technicité de leurs produits. Elles sont deja bien implantées sur tous les continents....C´est une base quasiment inébranlable .
La faiblesses des euroland aura cetainenement un impact sur la conjoncture actuelle et le ralentissemebt dans certsin secteurs sera inevitable mais de la a voir le declin de l´Allemagne je n´y crois pas.
L´Allemagne veut garder l´Euro et veut aider ... mais pas a n´importe quel prix.
Le Bundestag refusera les cheques sans provision en direction n d´Athenes ... ou de Paris !
Troika lässt grüssen !




déni de la rélaité  a répondu le 20/11/2012 à 13:56:

@ début de l'après-midi : En dehors des erreurs factuelles de l'article qui induisent nos lecteurs à sous-estimer le processus que vous apellez l'affranchissememt de l'Allemagne de la zone euro, je pense que votre analyse juste, nécessite une correction. 20 % des exportations sont destinés au pays européen hors zone euro et ce % augmente. En outre, L'Allemagne a également besoin de son "Hinterland" européen, car elle est la principale machine de transformation de produits dans la chaîne des valeurs et donc d'importation en Europe. Le reéqulibrage vers l'est et le nord de l'europe, n'est pas une bonne nouvelle pour les PIIGS + France et menace l'intérêt que l'Allemagne portera à la zone euro. La France a un intérêt formidable à ce que la donne ne change pas au point qu'elle ne fasse plus partie du calcul allemand.

roro  a répondu le 20/11/2012 à 14:12:

Le pouvoir d'achat des Allemands est à raz les paquerettes, la croissance de la Chine à ralenti plus que d' ordinaire, le Brésil ansi que l' Inde de mème les Us pas de commentaire .
Il faut ouvrir les yeux plus personne ne consomme, alors fabriquer c' est bien, vendre beaucoup mieux .@ ventrachoux

la répartition des exportations  a répondu le 20/11/2012 à 14:25:

Allemande: 40 % hors Europe / 20 % Europe (hors zone Euro) / 40 % Europe (zone euro) ceci en 2011; en 2012 la zone euro aura encore perdue des points de %, comme chaque année.

tard-dans-la-nuit  a répondu le 20/11/2012 à 15:56:

@déni de la réalité: oui, d'accord avec vous, l'Allemagne vit encore de son Hinterland européen. Ceci dit, quand on regarde les grands investissements des allemands, on les trouve en Chine (number one des investisseurs), en Asie Sud Est, au Brésil, aux Etats Unis, même en Finlande. Je ne connais aucun grand investissement allemand en France, ni en Espagne ou autres pays du ClubMed. C'est à se demander pourquoi.

tot le matin  a répondu le 20/11/2012 à 17:07:

analyse tout à fait intéressante.
Ce phénomène explique aussi en partie de l'effondrement de certaines économies périphériques aujourd'hui. l'Allemagne après la chute du mur et retrouvé son "espace naturel" et a pu bénéficié d'une main d'?uvre très qualifiée et très bon marché à sa porte. elle a délocalisé des pays du Sud tout son arsenal de sous traitant en les replaçant en Pologne en Rep tchèque en Hongrie alors beaucoup moins chers et surtout à peu de km des PME qu'elles alimentent (gain cout, gain transport, etc.) Tout en conservant l'essentiel ie les activités a plus forte valeur ajoutée en Allemagne '(assemblage, R&D, etc etc...) C'est sa force ! et c'est l'intelligence du système industriel allemand qui ainsi garantit sa pérennité. L

Mais on peut alors se demander si dans les conditions actuelles , en Europe il est alors possible à la périphérie de s'en sortir "seule". en d'autres termes est ce que un Siemens , Thyssen Krupp Espagnol peut émerger naturellement, sans entrave alors que les règles européennes empêchent la protection / la subvention d'un état au détriment des entreprises d'un autre état membre, et avant que cette PME a fort potentiel de ces pays ne soit finalement absorbée par un groupe d'un pays du Nord avant qu'elle ne puisse devenir un champion national ?

déni de réalité  a répondu le 20/11/2012 à 18:44:

la discussion est intéressante; @ tot le matin: non, il n'y pas d'espace naturel; l'intérêt de l'europe comme "hinterland"c'est la proximité qu'elle soit à l'est et nord ou au sud et l'ouest et donc la rapidité des échanges et les coûts de transport aussi l'euro(!) et ensuite la compétitivité respective des produits; (je parle des critères de choix sur les importations allemandes et en général). Un indice: La réunification n'a pas été si "naturel" que ça, coûteuse et doté d'un succès très relatif. Pour gagner des nouveaux marchés, il faut aller partout, donc "tard dans la nuit" avait tout à fait raison de citer les pays hors Europe.
La question des champions industriels: la France a plus de très grande société listées dans les fortune 500 que l'Allemagne. Je viens de le lire dans la presse allemande: il n'y aura jamais un Apple allemand, (même s'il y a SAP qui concurrence fortement Oracle) mais je ne pense pas qu'il y aura non plus un Apple français. Donc pourquoi devrait-il avoir un Siemens espagnol? Les champions nationaux, à mon avis, ne sont pas la clé pour la compétitivité et prospérité d'une économie. Beaucoup de petits pays se portent très bien, pas qu'en scandinavie.

roro  a écrit le 20/11/2012 à 12:51 :

L'Allemagne et la Chine ont basé leur croissance sur l'export , les mauvais pour
certains la conssomation interne c'est l' histoire de la poule et de l'oeuf. Par contre les économies sont imbriquées, donc celui qui tire la couverture se tire une balle dans le pied..

Nendéplaise  a écrit le 20/11/2012 à 12:46 :

L'Allemagne a une résilience économique très supérieure à celle de la France. Elle est le centre d'une zone d'échanges privilègiés en Europe du Nord et de l'Est. Son industrie est implantée dans tous les pays émergents. La politique prudente d'Angela a toujours essayé de limiter l'exposition de l'Allemagne au risque de la zone euro. Ce qui n'a pas été le cas du "bunga bunga" ni du "bling bling".

M92  a écrit le 20/11/2012 à 12:32 :

Le scenario est catastrophiste mais reste tout a fait realiste... Pourquoi toujours parler de rigeur? Pourquoi ne jamais parler de reductions de depenses publique, c'est a dire la ou il y as largement de la marge en France. Pourquoi mettre l'Italie dans le meme sac de que la France. L'italie se porteras extremement bien d'ici 2015 ou 2016 et va nous doubler largement... En ce qui concerne l'espagne, celle-ci va egalement se remettre sur les rails a court terme, des que la crise lier a sa bulle immobiliere sera passée (2016/2017?). En ce qui nous concerne, il grand temps que nous coupions largement dans nos depenses demesurée (57% du PIB!), et notre pays repartiras tres rapidement. Moins de depenses, moins de matraquage fiscale, moins d'administratif/administation et la france repart sur les chapeau de roue! En ce qui concerne l'Allemagne, il grand temps qu'elle se rende compte qu'il va falloir assouplir leur politique de rigeur et plutot taper dans les depenses inutiles. Il serait grand temps egalement qu'elle se mette a parler d'unification fiscale... Il vaudrait mieux qu'il le fasse vite car cette solution leur fait perdre un peu a court terme, mais ne rien faire va la faire s'effondrer d'ici quelques années...

Stanley  a répondu le 20/11/2012 à 13:50:

+1
L'Allemagne, dans une certaine mesure, comme la Chine, elle doit rééquilibrer son modèle de croissance en donnant plus de champs à sa consommation intérieure déprimée depuis 15 ans. (elle accumule plus d'excédents de la balance courante que la chine dont tout le monde critique la politique pro exportation). L'Europe a besoin d'une Allemagne puissante, d'allemands plus riches, dont les salaires montent (normal retour des choses vus leurs efforts passés) qui consomment, voyagent... ce sera un moyen d'aider "par le haut" les pays du sud dans leurs politiques d'ajustements. C'est ce que fait la Suède ! en annonçant un plan de relance faisant ainsi preuve d'un grand pragmatisme. Espérons que Mme Merkel après sa réélection imite son homologue suédois et oublie le dogme.
Mme Merkel a une très grande responsabilité dans la contagion de la crise de la Grèce vers les autres pays de la soit disant périphérie car en ayant laissé planer le doute dès le début de la crise sur la solidarité européenne et par la politique d'austérité imposée à toute l'Europe.
Les résultats sur le PIB sont indéniables : la récession s'étend. La Grece n'a pas retrouve le chemin de la croissance, le portugal non plus, l'irlande qui faisait mine semble replongée à nouveau, des pays hors euro comme le UK sont contaminés, des états alors solides et bien gérés commencent à craquer (cf Pays bas). La confiance ne revient nulle part.
La politique européenne du moins disant aboutit à ce que chaque pays souffre davantage, l'Europe entière se tire une balle dans le pied alors que fondamentalement elle a tous les atouts , y compris financiers, pour tenir son rang de première économie du monde.

déni de réalité  a écrit le 20/11/2012 à 12:28 :

Mr Godin, votre article est intéressant, (il décrit l'effet de la bombe à retardement) mais ne répétez pas les bêtises de vos lecteurs! Moins de 40 % (et non pas 2/3) des exportations allemandes sont dirigés vers la zone euro, et chaque jour ce pourcentage diminue. Ce fait rend autre scénario catastrophe plus probable (surtout pour la France) que l'Allemagne choisisse de quitter la zone euro. Ceci reste improbable. Autre erreur: Le fait qu'un mark fort pourrait annuler une partie de la dette (enfin égal au % de l'appréciation -éventuelle- du nouveau mark) ne participerait qu'à alléger la dette allemande; pourquoi parlez-vous de défaut? C'est complètement incohérent. Mais pour le moment le triple A de l'Allemagne n'est pas menacé et il n'y aura pas de sortie de l'euro. Mais effectivement l'avenir de la France jouera sur l'avenir de l'Allemagne, bien que le terrain de la rupture a été malheureusement bien préparé par la France et la volonté de l'Allemagne depuis, de vouloir prendre ses distances de son partenaire n'a jamais été ausi forte. pour les archaïques entre nous, les 2 seront perdant, mais l'Allemagne a beaucoup moins à perdre, d'autant plus Mr Godin sortez du déni et revisez vos chiffres. Essayez d'être compétitif et mesurez-vous avec la qualité de recherche d'un magazine comme the "economist". La qualité de la presse française est trop modeste, améliorez vous!

halley  a écrit le 20/11/2012 à 11:59 :

"Mais il montre que la politique d?Angela Merkel est une politique à courte vue qui s?est accompagné d?un risque immense."... Il y a de quoi être stupéfait des commentaires des journalistes qui manquent totalement d'objectivité. Merkel fait ce qu'elle peut ! Rappelons tout de même que l'Allemagne a fait les réformes nécessaires à son développement économique et qui si ce pays risque de trébucher, c'est à cause de la situation des pays qui l'entourent dont bon nombre d'entre-eux sont pleinement responsables de ce qui leur arrive. Je pense bien sur à la Grèce qui a accepter l?inacceptable en laissant ses comptes publics à la dérive, mais aussi l'Italie et la France qui n'ont clairement pas agi en temps et en heure pour adapter leurs économies à la mondialisation. Dans une moindre mesure à l'Espagne, plutôt bien gérée, mais dont l'économie est fragile et assez déséquilibrée pour les raisons historiques. On sent bien qu'une partie des français et de la presse jubilent face à l?effondrement annoncé de l'Allemagne. Il n'y a pourtant pas de quoi être fier !

ard  a répondu le 20/11/2012 à 18:56:

vous remarquerez aussi que si l'Allemagne s'inquiète pour la France, ce n'est uniquement parce que celle-ci est son premier partenaire commercial.
Pour rappel, le déficit commercial de la France envers l'Allemagne est de 35 milliards d'euros. Nous achetons pour environ 100 milliards d'euros par année de produits allemands!

gerardc27  a écrit le 20/11/2012 à 11:56 :

Foin de vos prévisions "catastrophistes". Eh bien, chiche la France ne paiera plus ni pour la Grèce, ni pour l'Italie, ni pour l'Espagne. Chacun reprend ses billes et nous on retourne au franc. On ne peut sans fin consommer des voitures et produits allemands ou chinois jusqu'à la nausée et permettre aux autres de le faire quand soi-même on ne vend plus grand chose et s'entendre dire après qu'on est endettés. Tout cela est absurde.

HmHm  a répondu le 20/11/2012 à 13:19:

Si vous achetez pour 100 euros à l'étranger, et que vous vendez vous 40 à l'étranger, vous devez forcément emprunter 60 à l'étranger. La dette, de plus en plus détenue par l'étranger vient de là;

Henry4  a répondu le 20/11/2012 à 13:29:

Gerardc27, la france n'a pas payé pour l'Espagne ou l'Italie, renseignez-vous !