Ecosse : le "oui" à l'indépendance au plus haut

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L'Ecosse pourrait-elle avancer vers l'indépendance le 18 septembre ?
L'Ecosse pourrait-elle avancer vers l'indépendance le 18 septembre ? (Crédits : reuters.com)
Les intentions de votes en faveur de l'indépendance ne sont plus qu'à trois points de la majorité. L'écart le plus étroit jamais enregistré.

L'indépendance de l'Ecosse ne relève peut-être plus vraiment du doux rêve. Progressivement, une part importante d'indécis semble se rallier au camp des partisans de l'indépendance alors que la date du référendum sur le sujet, prévu le 18 septembre, se rapproche. La dernière enquête d'opinion de Yougov indique ainsi que, en excluant les « ne se prononce pas », les personnes décidées à voter « oui » à l'indépendance représentent 47 % du corps électoral, les opposants 53 %. Le « oui » ne serait donc plus qu'à 3 points de la victoire. Ce sondage, qui vient confirmer un autre de l'institut Survation paru la semaine dernière, change clairement la donne. Voici un mois, le « non » disposait de huit points d'avance, voici deux mois de douze points d'avance. Jamais le « oui » n'avait été aussi haut dans les sondages.

Bonne performance des chefs de file du « oui »

Comment expliquer cette tendance ? D'abord, par la bonne performance du premier ministre indépendantiste Alex Salmond dans les deux débats télévisés qui se sont tenu les 2 et 28 août et qui l'ont opposé à Alistair Darling, la tête de file du « non. » Les observateurs ont jugé que, dans les deux cas, l'indépendantiste s'était montré le meilleur. Alors que la campagne prend de l'ampleur, les partisans du « non » semblent sur la défensive et multiplient les scénarios noirs. Mais les électeurs écossais semblent de moins en moins croire à ces catastrophes. « Alors que la campagne du non presse le bouton de la panique, le oui poursuit son travail de persuasion », explique Blair Jenkins, chef du collectif, Yes Scotland, le collectif favorable à l'indépendance. L'exemple le plus frappant en est la question de la monnaie. Alors que le « non » annonce un abandon forcé de la livre par  l'Ecosse , les partisans du « oui » ont opposé des arguments construits.

Durcissement anglais sur l'Europe...

Un autre élément favorise le « oui », c'est le durcissement de l'Angleterre sur l'Europe. Alors que certains tories quittent le parti conservateur pour rejoindre le parti eurosceptique UKIP, alors qu'une centaine de députés conservateurs s'est dite prête à faire campagne pour une sortie de l'UE, alors enfin que David Cameron durcit le ton sur la « réforme » de l'UE, les Ecossais, assez europhiles, craignent de se retrouver entraînés dans un Royaume-Uni profondément hostile à l'Europe. Les 5,3 millions d'Ecossais pèsent en effet peu face aux 53 millions d'Anglais, sans compter les 4 millions de Gallois et de Nord-irlandais. Les partisans de l'indépendance jouent donc sur la crainte de voir l'Ecosse aux mains d'une alliance UKIP-Tories après les prochaines élections générales. Et ceci décide beaucoup d'électeurs à opter pour une Ecosse indépendante.

La question du système de santé

Enfin, les partisans du « oui » ont mené une campagne efficace sur le système de santé, le NHS, qu'ils affirment pouvoir améliorer en cas d'indépendance. En revanche, les promesses d'une amélioration de la part des partisans de l'union sont tombées à plat. Seuls 9 % des Ecossais pensent que le NHS sera meilleur en cas de maintien de l'union, alors que 37 % penchent pour une amélioration en cas d'indépendance. Il est vrai que le NHS a été une des principales victimes outre-manche de la réduction des dépenses publiques et qu'aucun parti du système « britannique » ne peut prétendre à aucune crédibilité sur ce sujet...

Défi pour l'Europe

Les dernières semaines de campagne s'annoncent donc serrées. Si le choix de l'Ecosse est celui de l'indépendance, ce serait une immense surprise néanmoins dans la mesure où aucun sondage n'a encore donné d'avantage au « oui. » Ce serait aussi un défi pour l'Europe alors que la Catalogne attend la décision du tribunal constitutionnel sur le référendum prévu le 9 novembre sur l'indépendance de la province autonome espagnole. Ce serait également un défi puisque, pour la première fois, un Etat membre se scinderait en deux. Comment l'UE se comportera alors vis-à-vis du nouveau venu ? La question reste actuellement sans réponse...

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Commentaires
a écrit le 04/09/2014 à 23:34 :
Allez comme l'aurait dit un français historique:

VIVE L'ECOSSE LIBRE

Libérez vous du royaume des rosbifs!
a écrit le 03/09/2014 à 8:24 :
Étonnante conclusion : "Comment l'UE se comportera alors vis-à-vis du nouveau venu ?"
Si le partenaire actuel est le Royaume-Uni, l'indépendance de l'Ecosse sonnerait de facto la mort de ce partenaire car l'Angleterre n'est pas le Royaume-Uni.
La question est donc : "Comment l'UE se comportera alors vis-à-vis de ces nouveaux venus ?". ;-)
a écrit le 02/09/2014 à 20:22 :
Ils ont bien raison. Peut être le début du démantèlement de l'Europe qui appauvrit les peuples.
a écrit le 02/09/2014 à 17:59 :
La poussee est, c'est vrai, impressionnante, et vient du terrain. Il est cependant difficile de faire un prognostic serieux. Pour le continent, le referendum ecossais n'est pas seulement instructif au regard du futur d'un eventual etat ecossais, mais a propos de l'idee d'une structure supra nationale, UK et UE n'ont pas qu'une letter en commun.
Réponse de le 03/09/2014 à 8:19 :
Oui, mais cette lettre, c'est le U de Union ! ;-)
a écrit le 02/09/2014 à 17:01 :
N'y a t il pas déjà un précédent de pays s'étant coupé en deux : la Tchécoslovaquie ?
Réponse de le 02/09/2014 à 17:38 :
À ma connaissance, la Tchécoslovaquie n'a jamais été membre de l'UE :)

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