Qui sont les soutiens de Macron ?

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Politiquement encore assez isolé, Emmanuel Macron dispose de relais dans la société civile
Politiquement encore assez isolé, Emmanuel Macron dispose de relais dans la société civile (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Même si les soutiens politiques d'Emmanuel Macron sont encore assez maigres, l'ex ministre de l'Economie évolue cependant dans une galaxie qui rassemble nombre d'intellectuels, hommes d'affaires et hauts fonctionnaires.

Emmanuel Macron, combien de divisions? Peu à  ce stade, certes mais l'ex-ministre de l'Economie bénéficie cependant de nombreux soutiens et relais dans des cercles très divers. Tous cependant n'adhèrent pas à son mouvement "En Marche" et tous ne s'engageraient pas forcément derrière lui en cas de course à l'Elysée. Tour d'horizon.

Monde économique

- Henry Hermand: cet homme d'affaires de 92 ans qui a fait fortune dans l'immobilier commercial est considéré comme le parrain en politique d'Emmanuel Macron. Ancien mendésiste et rocardien, il est impliqué dans plusieurs think-tanks, et est notamment administrateur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS.

- Claude Bébéar: fondateur du groupe d'assurances Axa, il a aussi créé l'Institut Montaigne, cercle libéral réputé proche du patronat. Selon le Figaro, il l'aurait poussé, avec l'ex-président du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, à lancer son mouvement. Contactés par l'AFP, M. Bébéar et M. Peyrelevade ont démenti cette information.

- Marc Simoncini: le fondateur du site de rencontres Meetic, qui a rallié En Marche!, s'est réjoui dès mardi 30 août de la démission du ministre et assuré qu'il "serait toujours à titre personnel derrière lui".

- Saïd Hammouche: le patron du cabinet de recrutement Mozaik RH, surnommé le "DRH des banlieues", est revendiqué par l'entourage de M. Macron comme un de ses soutiens. "Je n'ai rien rallié du tout", a déclaré ce mercredi à l'AFP M. Hammouche, tout en reconnaissant "respecter" M. Macron, qui a "très bien compris les enjeux de la diversité". "C'est quelqu'un qu'on va tous découvrir", a-t-il poursuivi, disant avoir "confiance en lui".

- Catherine Barbaroux: la présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui avait remis à Bercy en janvier un rapport proposant de revoir les qualifications professionnelles nécessaires pour exercer certains métiers, est membre du conseil d'administration d'En Marche!, selon l'entourage d'Emmanuel Macron.

- Xavier Niel patron d'Iliad-Free a tenu des propos très élogieux de M. Macron dans une interview en mai à Society. Interrogé par l'AFP sur un éventuel soutien, M. Niel a répondu: "Je ne fais pas de politique".

Relais politiques

- Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon, cofondateur du courant des réformateurs. Il doit rencontrer mercredi une cinquantaine de parlementaires de gauche pour discuter d'éventuels parrainages. Les "noms qui vont apparaître" parmi les soutiens de Macron "vont surprendre", notamment au centre-droit, at-il promis mercredi.

- Les députés PS Richard Ferrand (rapporteur de la loi Macron, ancien soutien de Martine Aubry), Arnaud Leroy (ex-soutien de Montebourg), Christophe Castaner, Stéphane Travert et Corinne Erhel, le sénateur PS François Patriat. Chez les Radicaux de gauche, le député Alain Tourret. 43 parlementaires étaient présents le 12 juillet à la Mutualité pour le meeting parisien d'"En Marche".

A cet égard, il y a quelques mois, La Tribune avait pu consulter une note adressée à Emmanuel Macron qui précisait quels étaient les soutiens réels et potentiels à Emmanuel Macron parmi les sénateurs. Dans une première catégorie dénommée « Soutiens confirmés, souhaitant être davantage alimentés », on retrouvait les élus suivants (tous socialistes) Jean-Claude Boulard, le sénateur-maire du Mans, Nicole Bricq (Seine-et-Marne), Gérard Collomb sénateur-maire de Lyon, Vincent Eblé (Seine-et-Marne) Jean-Jacques Filleul, (Indre-et-Loire), Bariza Khiari, (Paris), Gérard Miquel (Lot), Jeanny Lorgeoux (Loir-et-Cher), Daniel Percheron (Pas-de-Calais), Daniel Raoul (Maine-et-Loire), Claude Raynal (Haute-Garonne), Yves Rome (Oise), Patricia Schillinger (Haut-Rhin), Jean-Pierre Sueur (Loiret), Catherine Tasca (Yvelines) et Richard Yung , le sénateur représentant les Français de l'étranger.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que tous ces sénateurs vont systématiquement s'engager derrière Emmanuel Macron, même si Gérard Collomb va s'employer à en convaincre plusieurs...

- Au centre et à droite: dans Le Parisien mercredi, Jean-Christophe Lagarde a estimé que son parti, l'UDI, avait "vocation à parler" avec M. Macron qui a "des points communs" avec les centristes, et n'a pas exclu une candidature commune à la présidentielle. L'ex-ministe de Jacques Chirac Renaud Dutreil, présent lui

aussi à la Mutualité en juillet, a exprimé son "soutien" et sa "confiance" à Emmanuel Macron mercredi dans L'Opinion.

Cercle intellectuel

- Laurent Bigorgne: le directeur de l'Institut Montaigne est un ami proche d'Emmanuel Macron. L'adresse légale d'En Marche! a été déposée à son adresse personnelle.

- Thierry Pech: l'entourage de M. Macron revendique le soutien du directeur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS, qui pour sa part a démenti récemment dans Libération oeuvrer pour En Marche!, tout en reconnaissant une "proximité intellectuelle" avec l'ex-ministre.

- Erik Orsenna: l'écrivain était présent au premier meeting à la Mutualité.

- Philippe Aghion: considéré comme un autre parrain de M. Macron, l'économiste, professeur au Collège de France, a indiqué à l'AFP être un "bon ami" de l'ex-ministre, qui s'inspire de ses doctrines économiques, mais assuré ne pas être impliqué dans son mouvement.

- Jacques Attali: avant d'arriver à Bercy, le jeune Macron avait été en 2007 rapporteur général adjoint de la commission Attali sur la libération de la croissance, des travaux dont il s'est largement inspiré une fois au ministère. Selon le mouvement, il ne fait pas partie à proprement dit de la galaxie Macron, mais les deux hommes échangent souvent.

Entourage et équipe

- Brigitte Macron: son épouse, une ancienne professeure de français d'une vingtaine d'années son aînée, s'est beaucoup impliquée dans En Marche!, apparaissant de plus en plus dans les médias.

- Julien Denormandie: ex-directeur adjoint du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, qui a quitté le ministère avant l'été, il est désormais coordinateur d'En Marche!

L'équipe du mouvement est aussi constituée par Ismaël Emelien, ancien du cabinet de M. Macron, Benjamin Griveaux (porte-parole), directeur de la communication d'Unibail-Rodamco, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn, passé par le Conseil général de Saône-et-Loire, Julie de Sablière (attachée de presse), patronne de l'agence de communication Little Wing, ou encore Adrien Taquet, un des patrons de l'agence de publicité Jesus et Gabriel. Christian Dargnat, ancien de BNP Paribas Asset Management, s'occupe de la levée de fonds et de la gestion des dons.

- L'association "Les jeunes avec Macron" qui compte à ce stade 8.000 jeunes.

Enfin, bien qu'ils ne le revendiquent pas ouvertement, d'anciens énarques, présents dans différents cabinets ministériels notamment ou dans de grandes administrations, suivent de très près la trajectoire d'Emmanuel Macron, au cas où...

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 31/08/2016 à 22:04 :
On est encore loin des 500 parrainages nécessaires à la validation de la candidature de Macron à l'élection présidentielle.

Macron étant néanmoins un danger potentiellement mortel pour Hollande comme pour Juppé, Fillon ou même Sarkozy à qui il pourrait enlever le petit quelque chose qui est susceptible de les faire accéder au second tour avec MLP, aucun des partis de droite comme de gauche ne va lui faciliter la tâche.

Le PS a déjà annoncé qu'un soutien à Macron serait une cause de radiation immédiate du parti et ça veut dire, pas d'investiture pour les élections. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait beaucoup de kamikazes au PS... en tout cas, pas 500.

Même en admettant que Macron arrive à gagner une circonscription en 2017, j'ai du mal à imaginer l'avenir de son mouvement, tous ceux qui comme lui ne se revendiquent ni de la droite, ni de la gauche finissent par n'être nulle part, comme Bayrou.
a écrit le 31/08/2016 à 19:23 :
Yen a franchement marre de Macron. Que les médias aiment s'acharner sur des sujets sans intérêt c'est incroyable.
a écrit le 31/08/2016 à 18:51 :
C'est comme son bilan, un peu maigrichon ?? Vous-n'avez pas d'autres sujets à traiter, dites le nous aussi que l'on rigole, la Loi travail c'est aussi Macron, il va lui falloir un soutien Cégétiste pour rire ???

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