Comment Macron se prépare pour 2017

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Emmanuel Macron compte déjà ses soutiens pour 2017 au cas où...
Emmanuel Macron compte déjà ses soutiens pour 2017 au cas où... (Crédits : © POOL New / Reuters)
Une note sénatoriale confidentielle que La Tribune a pu consulter dresse la liste des soutiens probables au ministre de l'Economie au cas où celui-ci se présenterait à l'élection présidentielle.

"Nous partîmes cinq cents ; mais, par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port". Emmanuel Macron se voit-il en Don Rodrigue, le héros du Cid de Corneille ? Peut-être.

Tout en continuant d'occuper le troisième étage de Bercy, le ministre de l'Economie se cherche en effet des alliés parmi les élus de la majorité. Dans quel but ? Et si Emmanuel Macron était en train de  peaufiner son dossier de candidature pour la prochaine élection présidentielle ?

Selon nos informations, le ministre de l'Economie est d'ores et déjà en train de faire ses comptes. Au Sénat, tout du moins. Rédigée par François Patriat, ancien ministre de Lionel Jospin et sénateur socialiste de Côte-d'Or, qui fut très proche de François Hollande, une note portée « A l'attention de monsieur le ministre, Emmanuel Macron », que La Tribune a pu consulter, fait un « état des lieux au Sénat ».

Trois catégories de soutiens

Dans cette note, trois catégories de soutiens à Emmanuel Macron sont distinguées. Ils sont tous socialistes.

Intitulée « Soutiens confirmés, souhaitant être davantage alimentés », la première comprend Jean-Claude Boulard, le sénateur-maire du Mans, Nicole Bricq (Seine-et-Marne), Gérard Collomb sénateur-maire de Lyon, Vincent Eblé (Seine-et-Marne) Jean-Jacques Filleul, (Indre-et-Loire), Bariza Khiari, (Paris), Gérard Miquel (Lot), Jeanny Lorgeoux (Loir-et-Cher), Daniel Percheron (Pas-de-Calais), Daniel Raoul (Maine-et-Loire), Claude Raynal (Haute-Garonne), Yves Rome (Oise), Patricia Schillinger (Haut-Rhin), Jean-Pierre Sueur (Loiret), Catherine Tasca (Yvelines) et Richard Yung , le sénateur représentant les Français de l'étranger.

Le soutien de Gérard Collomb, un des poids lourds de la majorité, n'est pas surprenant. En mars 2011, plus d'un an avant la dernière élection présidentielle, l'élu publiait « Et si la France s'éveillait... », un ouvrage dans lequel il défendait le "socialisme de l'offre", les réformes de structure et la nécessité pour l'économie française de s'adapter à la mondialisation.

Dans la catégorie « Soutien probable, à convaincre après une première prise de contact », un seul sénateur est inscrit. Il s'agit de Claude Haut, le sénateur du Vaucluse.

La catégorie « A tester, sans information fiable quant à leur positionnement » est un peu plus étoffée. Elle est composée de Michel Berson, le sénateur de l'Essonne, de Yannick Botrel (Côtes-d'Armor), de Michel Boutant (Charente), de Pierre Camani (Lot-et-Garonne), de Bernard Lalande (Charente-Maritime) et d'Alain Richard (Val d'Oise).

Une petite partie des sénateurs socialistes

On en conviendra, cette liste est maigre. Elle ne comporte que 17 noms d'élus socialistes, sur les 109 siégeant au Sénat. Mais elle donne de précieuses indications sur les intentions de celui qui est encore ministre de l'Economie.

Un ministre qui, s'il se déclare candidat à l'élection présidentielle, est encore esseulé. Il a grandement besoin d'appuis. Lancé ces dernières semaines, son mouvement « En marche » qui propose notamment à ceux qui n'y adhèrent pas de « rester assis sans rien faire », est trop peu puissant pour aider celui qui vivrait alors sa première élection à gravir les dernières marches du pouvoir.

Tout de même marqué à gauche, bien qu'il ne soit pas membre du Parti socialiste, Emmanuel Macron est donc bien obligé d'aller chercher des soutiens au PS, et en particulier dans les courants les plus réformateurs.

La droite ne le soutient pas

Par ailleurs, en dépit de la proximité des réformes économiques - qu'il évoque plus qu'il ne porte - avec celles proposées par l'opposition, le ministre de l'Economie n'est pas en mesure de recueillir un soutien franc et massif de la part de la droite. On a vu, à l'été 2015, lors du vote de la loi Macron, que la grande majorité des députés de l'opposition a rejetée bien que celle-ci reprenne certaines de mesures autrefois soutenues par l'UMP.

Dans un entretien accordé au JDD ce week-end, Nicolas Sarkozy, le président du parti "Les Républicains" n'a pas été tendre avec le ministre de l'Economie. A la question : que pensez-vous d'Emmanuel Macron ?, l'ancien chef de l'Etat a eu la réponse suivante :

"J'aime ce qui est franc, ce qui est authentique, ce qui est sincère. M. Macron a été le plus proche collaborateur de François Hollande - son secrétaire général adjoint - au cours des deux premières années de son mandat, c'est-à-dire au moment où a été enclenchée et votée la pire stratégie d'augmentation des impôts que la France ait jamais connue. M. Macron était dans le bureau à côté de celui du président de la République. Et il veut expliquer aux Français qu'il n'y était pour rien. Cela fait deux ans qu'il est ministre de l'Économie et qu'il ne cesse pourtant de dénoncer la politique qu'il est en charge d'appliquer. Je pense que c'est du cynisme et le cynisme ne m'a jamais intéressé. J'ajoute que le même membre de premier plan de ce gouvernement vient de nous expliquer qu'il n'est pas de gauche. Il est de quoi alors? Quelle est la couleur du cynisme ? "

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Commentaires
a écrit le 04/05/2016 à 9:41 :
Son profil d'ex banquier, à apparence "libérale", ne trompe pas. Il est de gauche, soutenu par Hollande qui l'a fait ministre, et n'a pas de bilan à part des cars sur les routes. Le baratin et la belle gueule ne suffisent pas.
Réponse de le 06/05/2016 à 14:08 :
"De gauche?" Autant que Valls ou Sarkozy, ils méritent tous leurs carte de l'UMP et un bon coup de pied au derrière pour incompétence...
a écrit le 04/05/2016 à 9:22 :
Macron l'employe type de chez Rotchild.
Il porte beau, jeune, plutot hableur, raconte n'importe quoi a qui veut l'entendre et ils sont nombreux. Une replique de bismuth reactualisee.
On appelle cela une nouvelle offre poiltique.
Je parie que les francais y succomberont en 2017.....Suspense.
a écrit le 03/05/2016 à 23:22 :
Il ressemble à Chaban ' monsieur 5% .....
a écrit le 03/05/2016 à 15:26 :
c'est lui qui a poussé Hollande a augmenter les impots en 2012!c'était une erreur que Hollande est en train de rectifier en baissant massivement les impots!
Réponse de le 03/05/2016 à 17:10 :
Vous êtes amusant monsieur l'élu. Hollande depuis 2012 massacre "les plus riches" - qu'il affirme ne pas aimer. Même si je ne fais pas partie des plus riches (qui sont bien planqués à l'étranger) j'ai été au coeur'de la cible de ce massacre.

Et qui va bénéficier des cadeaux fiscaux promis par Hollande ? Ceux qui n'ont pas été concernés par les hausse. Donc Hollande ne corrige rien du tout, Hollande distribue à tout va à l'électorat perdu afin que lui et vous ne pointiez pas à pôle emploi dans un an. Ah j'oubliais, pôle emploi ne vous concernera pas, puisqu'un régime bien spécial prendra soin de vous
Réponse de le 04/05/2016 à 6:49 :
Baisse d'impôts oui... Mais baisse d'impôts ciblés !!!
Ciblés sur qui ?? Par sur les forces vives du pays...
Moins de 50% des français cotisent à l'impôt sur le revenu et encore moins l'année prochaine !
Nous voulons un pays de pauvre et bien continuons ce nivellement vers le bas et ne venons pas nous plaindre ensuite si le Qatar ou d'autre viennent racheter nos bijoux de famille !!
Réponse de le 04/05/2016 à 9:43 :
100% d'accord avec Chch69 et Ad68
a écrit le 03/05/2016 à 15:20 :
le commentaire de Sarkosy vaut son pesant de cacahuètes. Il parle de cynisme !!! chacun se souvient des entourloupes qu'il a faites à Chirac, lors de sa campagne pour la présidentielle, alors qu'il avait pris le parti de soutenir Balladur. Elu cependant dans le gouvernement de Chirac (non rancunier à priori) il n' a eu de cesse de le dézinguer, pendant toute sa mandature. Sa parole dans ce domaine vaut de l'or, car en la matière c'est un expert...
a écrit le 03/05/2016 à 14:50 :
Macron est plié. Les peaux de bananes, la planche savonnée et s'il le faut, l'artillerie lourde seront de sortie. Hollande sera le candidat de la gauche. Il perdra certainement, mais il est impossible qu'un Valls ou un Macron lui succèdent. Ce qui est sûr, c'est qu'à gauche beaucoup vont devoir manger leur chapeau.
a écrit le 03/05/2016 à 14:32 :
Un jeune vieux avec des idées du 19° siècle, quel bel avenir pour la France...
a écrit le 03/05/2016 à 14:15 :
Vous n'avez pas d'autres sujets d'économie que de parler de ce gars qui n'est que la téte de pont de G S , les ouvriers vont voter pour un banquier (voleur) n'impote quoi !!!!
Réponse de le 03/05/2016 à 17:13 :
Vous sous-entendez donc monsieur que tous les employés de banque sont des voleurs.Macron était salarié donc employé de banque.

Mon épouse qui a également ce statut vous fait part de tout son mépris.
a écrit le 03/05/2016 à 14:12 :
cavalier seul pour qui ??? l art de brouiller les cartes ou manipulation
a écrit le 03/05/2016 à 13:39 :
L'UDI devait se rapprocher de Macron plutot que faire alliance avec ceux du passé !
a écrit le 03/05/2016 à 12:29 :
"Tout de même marqué à gauche, bien qu'il ne soit pas membre du Parti socialiste"
Macron marqué à gauche !!!! c'est une blagounette !!!!
a écrit le 03/05/2016 à 12:14 :
Ne nous y trompons pas. Les élus suivent la main capable de les nourrir et le moment venu, ceci sont n'hésiteront pas à changer de monture afin d'être maintenus à leur portefeuille. Macron le sait et c'est une de ses cartes maitresses à venir !!
a écrit le 03/05/2016 à 12:09 :
Réponse. Apparemment, il fait une prière !!

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