Brésil : détention provisoire pour l'ex-président Lula ?

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La semaine dernière, Luiz Inacio Lula da Silva a été interrogé pendant trois heures par la police fédérale dans le cadre de l'enquête pour des faits de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras.
La semaine dernière, Luiz Inacio Lula da Silva a été interrogé pendant trois heures par la police fédérale dans le cadre de l'enquête pour des faits de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras. (Crédits : reuters.com)
Le parquet de Sao Paulo estime que l'ancien chef d'Etat, contre qui il requiert des poursuites pour blanchiment d'argent, pourrait mobiliser la population pour protester dans les rues. Il s'est prononcé pour son emprisonnement de manière préventive.

Des procureurs brésiliens veulent obtenir l'arrestation de Luiz Inacio Lula da Silva en raison d'accusations de blanchiment d'argent et d'usurpation d'identité visant à dissimuler la possession d'un triplex en front de mer, a annoncé jeudi la fondation de l'ancien président brésilien.

"Nous requérons la détention préventive contre Luiz Inacio Lula da Silva", écrivent les procureurs de Sao Paulo, qui réclament par ailleurs l'inculpation de l'icône de la gauche brésilienne pour occultation de patrimoine, dans un document officiel dont l'AFP a obtenu une copie.

La dénonciation du parquet de Sao Paulo a été transmise à un tribunal local qui devra décider s'il donne suite, ou non, aux réquisitions du procureur contre l'icône de la gauche brésilienne. Il est peu probable qu'un magistrat délivre un mandat d'arrêt contre l'ancien chef de l'Etat, a estimé pour sa part Rui Falcao, président du Parti des travailleurs, la formation de Lula et de Dilma Rousseff.

"Une nouvelle preuve de partialité"

Les journaux O Globo et O Estado, citant des documents judiciaires, ont rapporté que des procureurs sont d'avis que Lula devrait être emprisonné de manière préventive au motif qu'il pourrait "mobiliser son réseau violent de partisans pour empêcher que le processus criminel puisse suivre son cours".

D'après le document officiel, les procureurs de Sao Paulo accusent Lula d'avoir porté atteinte à l'ordre public en demandant à la population de descendre dans les rues pour manifester contre la persécution judiciaire dont il se dit l'objet.

La fondation de Lula a estimé que la requête demandant l'arrestation de l'ancien président était "une nouvelle preuve de la partialité" du procureur de l'Etat de Sao Paulo, Cassio Conserino. L'avocat de Lula, Cristiano Zanin Martins, a comparé la procédure visant à aboutir à l'arrestation de Lula aux mesures prises il y a des décennies par le gouvernement militaire brésilien pour museler l'opposition politique en emprisonnant ses représentants.

Lula déjà éclaboussé par le scandale Petrobras

La semaine dernière, Luiz Inacio Lula da Silva a été interrogé vendredi pendant trois heures par la police fédérale dans le cadre de l'enquête pour des faits de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras. Les procureurs qui enquêtent sur ce scandale  avaient assuré avoir recueilli des indices selon lesquels Lula et son institut auraient reçu de nombreuses faveurs d'entreprises de construction impliquées dans les détournement de fonds.

Concernant l'appartement visé par la dénonciation du parquet de Sao Paulo, ils avaient indiqué qu'"il y a des indices selon lesquels Lula a reçu en 2014 au moins un million de reais (264.000 dollars) apparemment sans justificatif de l'entreprise OAS par le biais de réformes et meubles de luxe du triplex, à Guarujá".

"Bien que l'ex-président allègue que l'appartement n'était pas à lui car il est au nom d'une entreprise, plusieurs preuves disent le contraire", ont affirmé les procureurs du dossier Petrobras. Le président nie être le propriétaire réel de cet appartement, assurant qu'il avait pris un option en vue de son acquisition avant d'y renoncer.

En début de semaine, l'homme d'affaires brésilien Marcelo Odebrecht, ancien président du conglomérat du BTP Odebrecht SA, a été condamné à une peine de 19 ans de prison pour pots-de-vin, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs en lien avec le scandale Petrobras.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 11/03/2016 à 11:43 :
Le lobby pétrolier est roi, il stoppe le cours du brent quand ça l'arrange et corrompe un maximum de politiciens simples fusibles du coup.

Lui dans sa tour d'ivoire ne risque rien, jamais...

Triste société mais il faut arrêter de s'étonner qu'elle soit inhumaine.
a écrit le 11/03/2016 à 10:24 :
@ BONJOUR : BEN SARKOZY a de la chance il se serait fait élire au BRESIL il serait déjà en taule ...... Mais que fait la Justice ?

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