Coup d'envoi pour l'EPR de Flamanville, le gendarme du nucléaire donne son feu vert
Juliette Raynal
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Après 12 ans de retard, l'EPR va prochainement démarrer
Benoit Tessier
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Après 12 ans de retard, l'EPR va prochainement démarrer
Benoit Tessier
C'est parti pour Flamanville. Après 12 ans de retard, la mise en service du réacteur EPR d'EDF, le plus puissant du monde, a été validée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). A l'issue de son instruction, le gendarme du nucléaire « vient d'adopter l'autorisation de mise en service de l'EPR de Flamanville », a déclaré à l'AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN. « Cette autorisation va permettre à EDF de commencer à charger le combustible dans le coeur du réacteur et ensuite d'engager la phase d'essais qui va se poursuivre » au cours des prochains mois.
En coulisses, la venue du président de la République est programmée mi-mai. En toute logique, Emmanuel Macron, accompagné du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et de son ministre délégué à l'Énergie, Roland Lescure, devrait se rendre sur le site de Flamanville (Manche) à l'occasion du chargement du combustible dans la cuve du réacteur, l'acte I des tant attendues opérations de démarrage. Sur place, tout le monde retiendra son souffle. Et pour cause : alors que la France engage une vaste relance de l'atome civil, comprenant la construction de six, voire quatorze nouveaux réacteurs, ce coup d'envoi constitue un véritable test pour la filière, sommée de se remettre en ordre de bataille après un chantier maudit.
Sur le papier, le réacteur normand de 1.600 mégawatts, soit le plus puissant au monde, devait produire ses premiers électrons dès 2012, cinq ans seulement après le premier coup de pioche. « Ce qui était très optimiste, car les précédents chantiers nucléaires pour la construction des réacteurs de Chooz et de Civaux avaient duré une dizaine d'années », soulignait récemment Michaël Mangeon, spécialiste de l'histoire du nucléaire. Mais cet affichage commercial extrêmement ambitieux tourne vite au fiasco.
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Les travaux, à peine entamés, sont arrêtés en mai 2008 en raison de défaillances au niveau de la dalle de béton, qui nécessite d'être renforcée. S'ensuivent des retards liés à la non-disponibilité d'équipements clés. Puis des anomalies dans l'acier de la cuve, un composant crucial du réacteur, sont révélées par le gendarme du secteur. C'est ensuite le couvercle de cette même cuve qui ne satisfait pas aux exigences de sûreté. La malédiction se poursuit avec la détection de nombreuses soudures défectueuses. Leurs travaux de reprise n'en finiront plus de s'allonger.
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Juliette Raynal