Coïncidence ? Certains en doutent. Prévue depuis plusieurs jours, l'audition devant le Sénat de Jean-Pierre Farandou a pris une dimension inattendue avec la décision du gouvernement annoncée ce matin. Dans un communiqué laconique, celui-ci a fait savoir que le PDG de la SNCF resterait en poste pendant l'été « afin de garantir la bonne organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques », mais qu'il ne serait pas reconduit dans un second mandat. Candidat malheureux à sa propre succession, Jean-Pierre Farandou s'est montré dès lors plutôt vindicatif devant les sénateurs, dont plusieurs ont exprimé leur soutien. Il a défendu son bilan, tout comme l'accord sur les fins de carrière signé il y a quelques jours, largement décrié par la droite et une partie du gouvernement, en particulier par Bruno Le Maire. Il y a quelques jours, le ministre de l'Economie et des Finances avait qualifié cet accord de « pas satisfaisant » et « provocant ».
N'ayant désormais plus de poste à sauver, Jean-Pierre Farandou a donc profité de son passage devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement du Sénat pour faire entendre sa voix sur ce dossier. « J'ai entendu les interrogations, qui sont légitimes. J'ai entendu les critiques, que j'ai pu trouver parfois sévères ou injustes », a démarré le patron de la SNCF avant d'affirmer qu'il était « convaincu que c'est un bon accord pour l'entreprise d'un point de vue économique comme social ».
« Ma conviction est que c'est un bon accord qui ne contourne pas la loi sur les retraites, qui est dans les pratiques des grandes entreprises publiques et privées, dont le coût est raisonnable avec de vrais bénéfices pour l'entreprise, qui ne coûtera rien ni aux contribuables, ni clients, ni aux caisses de retraite. Il existait depuis 2008 et sa renégociation a été initiée à la demande des pouvoirs publics et conduite en responsabilité et en transparence », a renchérit Jean-Pierre Farandou.