Congé parental : les papas le boudent, les mamans trinquent

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En France, seuls 4 % des pères prennent un congé parental.
En France, seuls 4 % des pères prennent un congé parental. (Crédits : Reuters)
Selon une étude de l'OCDE, les pères rechignent à prendre un congé parental rémunéré. Les habitants des pays nordiques et les Portugais sont les exceptions qui confirment la règle.

Voici une étude dont pourrait - devrait ? - s'inspirer Ericka Bareigts, la toute nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité réelle. Selon une étude de l'OCDE publiée ce mercredi, le congé parental rémunéré, qui peut être pris par les deux parents et qui existe désormais dans 23 des 34 pays de l'OCDE, est peu utilisé par les pères.

" Si les hommes prennent habituellement quelques jours de congé paternité juste après la naissance de leur enfant, seuls les plus motivés et les plus courageux utilisent leur droit à un congé parental plus long ", note cette étude.

Dans de nombreux pays, les pères représentent moins d'un bénéficiaire sur cinq du congé parental. Certes leur part peut atteindre " 40% voire plus dans certains pays nordiques et au Portugal ", mais elle n'est que d' " un sur cinquante en Australie, en Pologne et en République tchèque ", précise l'Organisation qui relève toutefois une bonne nouvelle : " en moyenne, l'utilisation du congé parental par les hommes augmente ". Ainsi, en Finlande, leur part a doublé entre 2006 et 2013 tandis qu'en Belgique elle a progressé de près de dix points sur la même période.

La France ne montre pas l'exemple

Quelques pays ne connaissent qu'une évolution limitée. En Autriche et en France, les hommes ne représentent que 4 % des parents qui prennent un congé parental, soit à peu près la même proportion qu'il y a dix ans environ.

Pourtant, une réforme a modifié en janvier 2015 la durée du congé parental en France dans l'objectif, selon le gouvernement, de mieux le répartir entre les deux parents. Il est passé de six mois à un an pour un premier enfant, à condition que les deux parents le prennent. A partir du deuxième enfant, sa durée reste de trois ans s'il est partagé, deux ans pour un parent, un an pour l'autre. Pour mémoire, en France, le montant de l'aide s'élève à 390,52 euros par mois en cas de congé parental à temps complet, c'est à dire en cas de cessation totale d'activité. En cas de congé parental à temps partiel, quand une activité est maintenue partiellement, il atteint 252,46 euros par mois pour une durée de travail inférieure ou égale à un mi-temps et 145,63 euros par mois pour une durée de travail comprise entre 50 % et 80 %.

Selon cette étude, les pères hésitent souvent à prendre un congé parental car ils redoutent les répercussions sur leurs carrières. Au Japon et en Corée du Sud par exemple, très peu de pères prennent l'année de congé rémunéré à laquelle ils ont droit.

Le frein financier est aussi évoqué : si la mère gagne moins que le père - et l'écart moyen des salaires dans l'OCDE est d'environ 15 % au détriment des femmes - ce dernier est fortement incité à continuer de travailler.

Pour augmenter la part des hommes en congé parental, l'OCDE suggère la mise en place des périodes de congé parental plus courtes, mais mieux rémunérées, citant l'exemple de l'Allemagne, où depuis 2007 l'indemnisation des pères et des mères est proche de leur salaire.

Un pas vers la parité ?

Un rééquilibrage pourrait accélérer la parité hommes-femmes sur le marché de l'emploi. En effet, en abandonnant aux pères une partie des tâches liées à l'éducation des enfants, les femmes pourraient  - rêvons un peu - se débarrasser de leur statut de mère qui ne rime que trop rarement avec valorisation salariale et promotion au sein de la hiérarchie de l'entreprise. Non ?

Selon le Secrétariat d'Etat à l'Egalité réelle, " il existe toujours dans notre société des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes : 18,8 % d'écarts de salaires, 40 % d'écarts de pensions, 26,9 % de femmes députées ".

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a écrit le 04/03/2016 à 15:11 :
Vu le chomage massif en france, doit on vraiment encourager encore plus le lapinisme en payant plus les conges parentaux. On devrait au contraire donner une prime a ceux qui n ont pas d enfants...
Sinon meme bien paye, combien d hommes risqueraient leurs postes (car en france c est mal vu de s absenter 6 mois et la encore chomage massif -> si viré pas sur de retrouver autre chose facilement et aussi bien payé) ?
Et tant que les femmes epouseront des hommes plus riches ou d un niveau social plus haut (n est ce pas flamby) il sera plus economique que la femme s occupe du bebe. Surtout qu un homme aura du mal a allaiter (ce qui est miexu pour l enfant mais contraire aux canons du MLF)
Réponse de le 05/03/2016 à 0:11 :
"Vu le chomage massif en france, doit on vraiment encourager encore plus le lapinisme en payant plus les conges parentaux."
Justement, ce pays a besoin de davantage d'enfants de couples d'actifs qui prennent leurs congés parentaux sereinement (moitié pour le premier parent, moitié pour le second) en étant payés, et moins d'enfants de cas sociaux et autres lapins qui en sont à leur énième enfants sans même s'être assurés d'avoir les moyens d'en nourrir ne serait-ce qu'un.
a écrit le 03/03/2016 à 10:49 :
"26,9 % de femmes députées"
Les français votent pour les candidats qu'on leur propose. C'est bien aux partis politiques de montrer l'exemple en proposant des candidates dans des circonscriptions qu'elles peuvent gagner. Les français n'ont strictement rien à se repprocher sur cet aspect. Si le PS se sent morveux, qu'il se mouche. Au FN, 50% de député femme : c'est un fait.
Réponse de le 03/03/2016 à 12:35 :
Il y a a des français qui ne votent pas pour des femmes.

Regardez Taubira, la haine contre elle est fortement liée à sa condition de femme noire.

Évidemment les racistes ne se l'avouent pas, mais elle aurait subi un tout autre traitement si elle avait été un homme blanc.

La discrimination est souvent inconsciente.
a écrit le 02/03/2016 à 23:53 :
A ceux qui dénigrent l'argument financier :

Quand on gagne 2000€ par mois en bossant et qu'il faut sortir 1200€ de prêt tous les mois. Non, on ne peut pas s'en sortir avec tout juste 600€ de congé parental.

Point final.
a écrit le 02/03/2016 à 22:31 :
C'est amusant comme il est toujours aisé de trouver une justification à des actes inexplicables. Un père aime son enfant et ne veut pas rester à ses côtés, ce n'est pas sa volonté, non, il n'en a pas les moyens financiers... Par contre, acheter une belle poussette, de beaux vêtements, des plats tout préparés plutôt que de cuisiner, payer le restaurant, le cinéma, un téléphone portable voire des vacances... ça oui, il en a les moyens puisqu'il travaille pour pouvoir assurer à ses enfants le confort matériel (le reste ne se voit pas donc il s'en moque).
Eh oui, c'est la gestion de l'argent qui montre souvent les priorités dans un couple, l'éducation des enfants comme le reste (celui qui prend les décisions pour les dépenses autres que de nécessité absolue) sont toujours révélatrices. Manifestement soit les femmes commandent et veulent garder la main sur l'éducation des enfants, soit ce sont les hommes et ils ne veulent pas privilégier leurs enfants par rapport à leur boulot ou leurs loisirs... C'est la seule explication pour qu'aussi peu d'hommes en France prennent un congé parental alors que nombre de femmes restent au foyer pour élever leurs enfants et donc n'apportent aucun argent à la maison sauf les allocations familiales qui sont en réalité destinées aux enfants. La vraie raison est que quand un homme a un bon boulot, il n'a pas envie de prendre le risque de déplaire et de le perdre même pour ses enfants. Sa femme, elle, peut perdre son job, une femme par nature est faite pour l'adversité et pour supporter tout ce qui est insupportable pour un homme.
Si les hommes prenaient un congé parental, il y aurait moins d'intérêt à embaucher un homme plutôt qu'une femme et donc l'écart de salaire diminuerait, comme le disent nombre d'entre eux ici, c'est plus confortable de gagner plus que sa compagne pour asseoir son autorité.
Réponse de le 03/03/2016 à 10:02 :
"Si les hommes prenaient un congé parental, il y aurait moins d'intérêt à embaucher un homme plutôt qu'une femme et donc l'écart de salaire diminuerait"

Il n'y a pas d’écart de salaire entre hommes et femmes à poste égal et à travail et investissement égal... Arrêtons avec cette légende urbaine!

Les différences de salaire sont dues a des différence de poste et s'explique par des phénomènes culturels du type de ceux décris dans l'article...
Réponse de le 03/03/2016 à 12:30 :
Pourquoi écrivez-vous cela?

En "brut", il est de 26% selon l'INSEE, mais comme vous l'écrivez il peut y avoir des différences de poste et de nombre d’heures travaillées.

L'UE et l'INSEE ont refait le calcul en tenant compte du fait que les femmes ont souvent des postes moins qualifiés et des temps partiels (subis?). On est entre 10 et 15% toutes choses étant égales par ailleurs.

Je ne vois pas pourquoi cela devrait-être nié.
Réponse de le 04/03/2016 à 20:47 :
D'après les statistiques les différences entre hommes et femmes à poste égal sont en France d'environ 8%.
Je travaille depuis 23 ans dans des postes d'ingénieure en bureau d'études (divers équipementiers automobiles et aéronautiques), je peux également en témoigner. Mais le plus gênant ce sont les comportements sur le lieu de travail.
Réponse de le 06/03/2016 à 15:32 :
Il faudrait ouvrir le débat sur le fonctionnement très hiérarchique de l’univers professionnel. Se concentrer sur la parité uniquement, c’est considérer comme allant de soi, par exemple, que la moitié des jeunes (souvent des femmes) soit en contrat précaire, que l’on ait installé une barrière entre cadres et non cadres difficilement franchissable, où que les exécutants aient trop rarement leur mot à dire sur les décisions prises. L’entreprise d’aujourd’hui fonctionne comme la famille d’hier; les cadres dirigeants faisant office de pères. Une partie des « inégalités » entre femmes et hommes relève de choix assumés. Le temps partiel, par exemple, est très majoritairement choisi. Le temps partiel subi ne concerne "que" 27 % (ce qui est déjà beaucoup) des femmes qui indiquent souhaiter travailler davantage. Ce taux est sous-estimé : une partie des femmes ne disent pas vouloir travailler plus car elles savent qu’elles n’ont aucune chance d’obtenir un temps plein, et d’autres doivent assurer trop de lourdes tâches domestiques. Mais que le véritable taux soit de 30 %, voire de 40 %, n’y changerait rien : une majorité des femmes opte pour le temps partiel pour se libérer du travail, profiter de la vie et non par aliénation ou parce que leur " nature" les prédispose à une moindre ambition. Ces choix résultent non pas de leurs gènes, mais de leur socialisation : les filles, puis les femmes, prennent aussi les décisions qu’on leur a appris à prendre, dans la famille ou à l’école notamment. Mais c’est bien un choix. S’il est facile d’évoquer la « nature féminine », de « moindres ambitions », pour refuser de voir les inégalités singulières dont sont victimes les femmes, le machisme et la cooptation entre hommes. Pour partie, les femmes anticipent aussi sur leurs maigres chances d’accéder au pouvoir compte tenu de cette situation. Il n’en demeure pas moins que les défenseurs de l’égalité femmes-hommes acceptent le plus souvent les inégalités sociales sans sourciller. Il faudrait concevoir l’égalité femmes-hommes non comme un alignement de la situation des femmes sur le modèle masculin, mais comme une transformation de ce modèle dominant. Les hommes aussi y gagneraient largement.
a écrit le 02/03/2016 à 21:47 :
L argument du gros salaire est irrecevable ! S il est si gros, pourquoi ne pas avoir anticipé en épargnant pour ne pas laisser bobonne à la maison ? Ah oui, je sais, parce que le Job des pères est plus intéressant et prestigieux peut etre
Réponse de le 02/03/2016 à 22:43 :
En effet pour nombre de père, leur travail est plus important que leurs enfants. Cela dit prendre six mois de pause pour rester à la maison quand on a un bon job très technique et une compagne disponible pour les enfants, ce n'est pas nécessairement indispensable. Il est tout aussi efficace pour avoir un bon lien avec ses enfants de diminuer son activité et de leur consacrer une ou deux demi-journées par semaine en "levant un peu le pied". Ça, c'est possible avec un peu d'organisation quelque soit le boulot du père, même un grand patron d'un service hospitalier peut se faire remplacer pendant qu'il s'occupe de son enfant quelques heures par semaine, sans qu'il perde ses compétences pour autant. Cela s'appelle déléguer. Et lever le pied quand ils sont petits, permet d'apprendre à consacrer du temps à ses enfants, afin d'éviter l'écueil classique chez certains "professionnels passionnés" de découvrir aux 18 ou 25 ans de leurs enfants qu'ils ont grandi sans qu'ils s'en aperçoivent... Or, même si les hommes n'ont pas d'horloge biologique, c'est dommage que les enfants de leur premier lit aient été privés de leur père.
Réponse de le 03/03/2016 à 13:07 :
Ma femme et moi même percevons le même salaire à une vache prêt (en fonction des années elle passe devant ou inversement). Un congé parental divise nos salaires respectifs par 6. En considérant le prêt immobilier, il est tout simplement impossible pour nous deux de poser un congé parental.

Conséquence, elle a pris le stricte minimum du congé maternité pour se remettre physiquement de l'accouchement, et ensuite elle est retournée travailler.

Vous voulez que nous prenions nos congés parentaux ? Payez nous, que ce soit les mères ou les pères, et arrêter de pleurnicher sur des considérations de sexe, qui n'ont aucun rapport avec la prise de décision.
a écrit le 02/03/2016 à 20:50 :
Visiblement le rédacteur de cet article est un gamin qui ne connaît rien à la paternité, ni n'a l'idée du montant de l'indemnité de congé parental !
Réponse de le 03/03/2016 à 15:05 :
Trop vrai !

On a perçu 184€ pendant 6 mois. C'était avant la "réforme". Et encore, il faut batailler avec la CAF pour le versement. Avec ça, on ne vit pas.

Le congé parental, c'est une vaste fumisterie, ça permet juste de retrouver son poste. Mais comme maintenant, il faut vivre pour son travail, qu'une grossesse n'est pas tolérable et encore moins de devoir s'occuper de ses enfants. En tant que père, je n'ai pas pu le prendre, car je savais que la situation de ma femme était précaire, même si son salaire seul permettait de faire vivre la famille.
Tout ça c'est fait pour nourrir les nounous et les assistantes maternelles et faire de l'emploi peu qualifié.
a écrit le 02/03/2016 à 20:14 :
c'est tres interessant d'avoir l'avis de minsitres copains coquins reels;
ils auraient pu trouver un autre nom pour des ministeres fantomes qui visent a remercier les fideles, hein, parce qu'avec un nom comme ca.........
remarquez, pour compenser ils peuvent placer d'autres copains en creant un ministere de l'egalite ireelle, et une troisieme ministere qui fait la synthese des deux premiers ( voire un 4eme : ' minsitere de l'egalite quantique' - qui peut etre dans plusieurs etats -reel et irreel, donc- a la fois)
a écrit le 02/03/2016 à 19:36 :
Bonjour,

Il est dommage que vous n'ayez pas rappelé dans votre article que l'indemnité mensuelle pour le congé parental en France n'est que de 390 euros, ce qui explique pourquoi les pères (le plus gros salaires du couple, le plus souvent, comme vous l'expliquez) ne le prennent pas. Financièrement, c'est presque toujours intenable pour le ménage !

La réforme du congé parental au nom de l'égalité homme/femme est un mensonge, puisqu'elle met les parents face à un choix impossible.
a écrit le 02/03/2016 à 19:29 :
A l'évidence, nous serions plus nombreux à prendre un congé parental si nos finances ne subissaient pas le congé. Un congé mieux rémunéré est une vrai solution d'autant que les papas travailleurs ne gagnent pas des sommes folles aujourd'hui. J'adore ma fille et j'aimerai bien prendre un congé mais y perdre 500€ chaque mois n'est pas envisageable.
a écrit le 02/03/2016 à 19:15 :
c est normal que les femme prene plus congé parental le bébé a plus besoin de mere
que le pere c est une réalité biologie il faut arrête de faire l egalité a tout pris
Réponse de le 03/03/2016 à 18:12 :
Durant la petite enfance, la mère comme le père ont un rôle particulier à jouer auprès de leurs enfants. Ces rôles ne sont pas nécessairement interchangeables. Il est néanmoins d’une autre époque, à l’heure où la carrière des femmes et des hommes se sont rapprochées, que les femmes prennent toujours en charge plus des 2/3 des responsabilités familiales. Cette situation nuit directement à leur accès aux postes à responsabilités et à leur épanouissement professionnel. Pire, cela conduira une part significative d’entre elles à quitter, contre leur gré, un poste où elles ne peuvent assumer la disponibilité exigée. Les hommes seront de leur côté souvent conduits malgré eux à progressivement s’isoler de leur famille, sans proximité avec leurs enfants, privés de la possibilité de ressourcement et d’épanouissement qu’elle offre face aux tensions professionnelles. C’est une situation perdant-perdant que l’égalité professionnelle peut contribuer à corriger.

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