La Banque du Japon adopte des taux d'intérêt négatifs pour la première fois de son histoire

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La banque centrale a, sous l'impulsion de son gouverneur Haruhiko Kuroda, profondément réformé en avril 2013 la politique monétaire en ciblant une inflation de 2% via un massif programme d'assouplissement qualitatif et quantitatif (QQE).
La banque centrale a, sous l'impulsion de son gouverneur Haruhiko Kuroda, profondément réformé en avril 2013 la politique monétaire en ciblant une inflation de 2% via un massif programme d'"assouplissement qualitatif et quantitatif" (QQE). (Crédits : Reuters)
La Banque du Japon a surpris en annonçant vendredi l'instauration de taux d'intérêt négatifs (-0,1%) pour tenter de relancer l'inflation, et a dans le même temps repoussé de six mois l'échéance qu'elle s'était donnée pour atteindre son objectif de hausse des prix de 2%.

La banque centrale japonaise (Boj) est passée à la vitesse supérieure du fait de "la volatilité des marchés financiers mondiaux, sur fond de poursuite du déclin des prix du pétrole et d'incertitudes dans les pays émergents et exportateurs de matières premières, en particulier en Chine". Ainsi, pour la première fois de son histoire, l'institution a fixé des taux d'intérêt négatifs. La BoJ a fixé à -0,1% son taux de dépôt, un outil qui consiste à pénaliser les banques qui placent leurs liquidités dans ses coffres plutôt que de les prêter. En théorie, abaisser ce levier en dessous de zéro devrait stimuler le crédit et donc l'activité économique. Cette mesure, qui a été adoptée par une courte majorité (5 voix contre 4), entrera en vigueur à partir du 16 février et pourrait être amplifiée "si jugé nécessaire", a précisé l'institution dans un communiqué. L'institution a instauré cette mesure pour tenter de relancer l'inflation.

Le comité de politique monétaire de la BoJ a par ailleurs reconduit à l'identique son vaste programme de rachat d'actifs d'un montant actuel de 80.000 milliards de yens par an (quelque 600 milliards d'euros), qui était resté inchangé depuis fin octobre 2014.

Reprise fragile

La Boj s'inquiète d'"un risque grandissant" que le moral des entreprises japonaises soit affecté et la fin de la déflation retardée, a-t-elle ajouté pour justifier sa décision. La reprise reste très fragile dans l'archipel. Selon des statistiques publiées un peu plus tôt vendredi par le gouvernement, l'inflation était quasi nulle en décembre (+0,1%), la consommation des ménages a accentué son recul (-4,4% sur un an), tout comme la production industrielle (-1,4% sur un mois). Quant aux exportations, elles manquent de vigueur face au ralentissement en Chine, partenaire commercial majeur du Japon.

Après des débuts encourageants, les effets de la politique de relance du Premier ministre Shinzo Abe (appelée abenomics) se sont essoufflés et les critiques se sont multipliées face à des réformes structurelles jugées insuffisantes.

Le Nikkei se reprend

Les marchés ont accueilli l'instauration de taux d'intérêt négatif avec enthousiasme: le Nikkei gagnait 2,80% à la clôture après la décision de la BoJ. Hier, il avait chuté de 0,71%.

La Boj espère atteindre une inflation de 2% en moins de deux ans

Pièce maîtresse de cette stratégie, la banque centrale a, sous l'impulsion de son gouverneur Haruhiko Kuroda, profondément réformé en avril 2013 la politique monétaire en ciblant une inflation de 2% via un massif programme d'"assouplissement qualitatif et quantitatif" (QQE).

Elle escompte désormais y parvenir "autour du premier semestre 2017-2018" (avril-septembre 2017). Elle espérait jusqu'ici atteindre son objectif au semestre précédent, mais les cours de l'or noir ont continué de sensiblement décliner. Elle a par ailleurs abaissé sa prévision d'inflation pour la période d'avril 2016 à mars 2017, de 1,4% à 0,8%.

(Avec AFP)

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a écrit le 29/01/2016 à 9:55 :
Seulement pour les milliardaires bien entendu comme d'habitude, afin de rassurer ces derniers, on se demande bien qui gouverne quand même hein...
a écrit le 29/01/2016 à 8:31 :
... vaste programme de rachat d'actifs d'un montant actuel de quelque 600 milliards d'euros par an ... ???
Y-a-t-il autant d'actif à racheter au Japon ? Quels sont-ils ? Et donc : à quoi servira cet argent disponible à nouveau ?
Soyons vigilants !
Réponse de le 29/01/2016 à 14:37 :
Déjà, il y a fukushima à reconstruire, puis installer d'autres centrales. Et ils doivent se dépêcher avant le prochain tsunami... On appelle ça : la construction entre deux vagues.
a écrit le 29/01/2016 à 7:57 :
Le Japon essaie de lutter contre la déflation à coup de taux d'intérêt, alors que seule la dénatalité et la baisse depopulation du pays explique cette déflation. Un pays de vieux et qui pert des habitants consomme moins, c'est structurel.
Réponse de le 03/02/2016 à 13:00 :
Et OUI !

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