Primaires américaines : Hillary Clinton gagne, Donald Trump triomphe

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Le milliardaire Donald Trump a remporté une nouvelle victoire dans la primaire démocrate en Caroline du Sud
Le milliardaire Donald Trump a remporté une nouvelle victoire dans la primaire démocrate en Caroline du Sud (Crédits : © Rick Wilking / Reuters)
Donald Trump conforte sa position de favori pour l'investiture dans le camp républicain, provoquant l'abandon de Jeb Bush. Côté démocrates, Hillary Clinton est parvenue à relancer une campagne jusqu'ici poussive

Donald Trump a conforté samedi sa position de favori de l'investiture républicaine en remportant la primaire de Caroline du Sud. Chez les démocrates, Hillary Clinton a gagné dans le Nevada, relançant sa campagne poussive avant les grandes primaires du 1er mars.
Cette nouvelle victoire donne aux deux candidats, dans leur camp respectifs, une belle avancée pour la prochaine étape dans la course à la Maison Blanche : le "Super mardi" quand onze Etats voteront le 1er mars.

Un hold up de Trump au sein du camp républicain


Le milliardaire américain de 69 ans a confirmé dans les urnes son hold-up au sein du Parti républicain. Avec un tiers des voix il remporte sans conteste la primaire de Caroline du Sud, un Etat où évangéliques et militaires exercent une influence démesurée.
Après le New Hampshire au début du mois, cette nouvelle victoire de Trump a été saluée par une ovation dans la salle où il a prononcé son discours, à Spartanburg.
Le populiste au message contestataire et anti-élites a gagné parmi les républicains modérés et conservateurs. Seuls les "très conservateurs" lui ont préféré le sénateur du Texas Ted Cruz, qui avait remporté la consultation de l'Iowa le 1er février.
 Avec environ 87% des voix, Donald Trump a obtenu un tiers des suffrages, suivi du sénateur de Floride Marco Rubio (22,5%) et de Ted Cruz (22,3%).

Jeb Bush se retire de la course

En quatrième position, avec moins de 8% des votes, Jeb Bush -- frère et fils de président -- a annoncé les larmes aux yeux son retrait de la course à la Maison Blanche, après cette nouvelle contre-performance.
Enfin, le gouverneur de l'Ohio au style consensuel John Kasich et le médecin noir à la retraite Ben Carson fermaient la marche.

Donald Trump s'est montré confiant dans le fait que les partisans de ses douze concurrents ayant abandonné tomberont dans son escarcelle. Confiance également dans sa performance à la prochaine primaire républicaine dans le Nevada mardi --"Nous allons être fantastiques"-- et pour le "Super mardi"--"Nous allons être très, très bons".


Sanders parti pour durer

Côté démocrate, l'enseignement de la journée est que le mouvement en faveur du sénateur du Vermont Bernie Sanders grandit dans le pays. Sa popularité se confirme chez les jeunes, dont il rafle les voix, mais aussi dans toutes les autres catégories de démocrates.

Alors qu'elle l'avait emporté d'un cheveu dans l'Iowa et qu'elle avait été largement battue dans le New Hampshire, Hillary Clinton a remporté la consultation du Nevada, organisée sous forme de réunions d'électeurs appelées "caucus", avec environ 52,6% des délégués, contre 47,4% pour Bernie Sanders, sur les résultats de 88% des bureaux de vote. "Certains avaient peut-être douté de nous, mais nous n'avons jamais douté", a-t-elle déclaré lors d'un discours à Las Vegas. Pour la première fois du cycle des primaires, l'ex-ultra favorite pouvait savourer une victoire, même courte.

Hillary Clinton, un discours ancré à gauche


La candidate a livré un discours offensif, ancré à gauche et ciblé sur les minorités sur lesquelles elle compte pour les épreuves suivantes dans le Sud, où les Noirs représentent plus de la moitié des votants démocrates.
Empruntant au style antagoniste de Bernie Sanders, elle a lancé un message d'avertissement aux "hommes et femmes qui dirigent les entreprises de notre pays".
"Si vous abusez de vos employés, exploitez vos consommateurs, polluez notre environnement ou arnaquez les contribuables, nous vous demanderons des comptes", a-t-elle lancé, avant de s'envoler pour le Texas, qui votera lors du "Super mardi".


Une vague Sanders chez les jeunes

Bernie Sanders a concédé la défaite dans un appel à sa rivale, mais revendiqué une victoire relative. Il avait commencé la course avec une notoriété quasi nulle, 30 points derrière Hillary Clinton dans les sondages l'été dernier. Certes, les employés hispaniques des hôtels et casinos de Las Vegas sont restés fidèles à la démocrate. Mais les voix hispaniques se sont apparemment réparties entre les deux candidats.

Et la vague Sanders s'est confirmée chez les jeunes: 72% des moins de 45 ans se sont ralliés au sénateur de 74 ans, tandis que les deux tiers des plus de 45 ans sont restés fidèles à Hillary Clinton, 68 ans, selon les sondages réalisés à l'entrée des caucus. La démocrate a aussi remporté les suffrages de trois quarts des électeurs noirs.

"Nous avons le vent en poupe", a déclaré Bernie Sanders dans un discours à Henderson, près de Las Vegas. "Nous avons une chance excellente de gagner les Etats du +Super mardi+", a affirmé Bernie Sanders, en appelant ses partisans à contribuer à sa campagne. Après le New Hampshire, il avait levé des montants records avec un appel similaire.

AFP



© 1994-2016 Agence France-Presse

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Commentaires
a écrit le 22/02/2016 à 10:33 :
Face à Sanders Trump a toutes chances de l'emporter.
Face à Trump Clinton a toutes chances de l'emporter.
a écrit le 22/02/2016 à 5:51 :
C'est le rejet du system par les pauvres

ne pas oublier que l écart entre riche et pauvre est supérieur à des pays comme le Brésil
Des losers et quelque gagnant !!

Trump c'est de la révolte contre le system et voter pour mme Clinton c'est ne rien changer dans le pays elle est comme Hollande une girouette qui suit le vent
a écrit le 21/02/2016 à 18:34 :
Les jeux sont fait car D Trump est le pendant du FN et sera rejeté in fine par un "front républicain" à l’américaine et donc Mme Clinton va l'emporter car c'est une " va-t-en guerre" qui ne se cache pas, et elle va avoir le soutien du lobby des usines d'armement qui sont un financement essentiel dans la campagne !
Réponse de le 22/02/2016 à 14:32 :
Commentaire symptomatique de la confusion qu'on fait en France entre notre système politique avec celui des US.
Le parti républicain , régulièrement élu , a une idéologie protectionniste , religieuse , securitaire et anti immigration , sauf que là-bas ce n'est pas considéré comme étant anti républicain ....comparer Trump à Le Pen est tout simplement hors de sens , et clairement les americains ne verrons pas de raisons d'en avoir peur sur le fonds ...sur la forme il devra sans doute faire attention
Réponse de le 22/02/2016 à 17:42 :
@Paul C: aux US, ils ont les primaires; en France, il y a les primates qui, dès que quelqu'un dit quelque chose qui ne leur convient pas, s'insurgent et traitent l'orateur de raciste, de terroriste ou de pédohiple. Mais bon, ces primates vont vous dire qu'ils protègent la démocratie, n'est-ce pas :-)
a écrit le 21/02/2016 à 16:50 :
Je doit avouer que le cas de Donald me perturbe au plus haut point.

On a l'impression, au premier abord, qu'il prend ses électeurs pour des imbéciles. Ce qui impliquerait qu'ils soit un grand manipulateur ou, qu'ils le soit effectivement, mais ça relèverait du cas clinique. Dans ce cas, croit-il vraiment dans le ramassis de connerie qu'il sort? Peut-on à ce point "réussir" dans la vie et être débile à ce niveau?

En réalité, ce n'est pas tant Donald que ses électeurs qui m'inquiètent...

Bernie a vraiment raison de proposer de rendre l'école gratuite, certains américains sont dans une situation vraiment inquiétante...
Réponse de le 21/02/2016 à 22:42 :
Les américains n'éliront jamais un socialiste (Bernie Sanders) comme président des États-Unis!
Réponse de le 22/02/2016 à 12:12 :
@Apo: sans doute est-il plus confortable de se laisser rouler dans la farine que d'entendre des vérités ?
a écrit le 21/02/2016 à 15:10 :
Ces primaires ressemblent d'une certaine façon à ce qui s'est passé en Grèce et en Espagne. Elles expriment un raz le bol des électeurs à l'égard des politiciens traditionnels, qui n'apparaissent plus crédibles. D Trump tout comme B Sanders ne sont pas des caciques de la politique et si l'un parait farfelu, le second me semble beaucoup plus consistant et crédible. Ce qui se passe aux USA comme ailleurs pourrait être intéressant si les "élites" politiques traditionnels en prenaient réellement conscience et changent de fait leur façon de faire de la politique.
Réponse de le 21/02/2016 à 17:17 :
Relisez vos classiques ... Sanders est dans la politique depuis plus de 30ans à la différence que c'est n'est pas une girouette ... Pour le reste , je suis d'accord ! Nos classes politiques àforce de s'accrocher au pouvoir ont tué la démocratie ! Trump va gagner la présidentielle ... A moins qu'il ne trouve une solution pour l'arrêter ....
a écrit le 21/02/2016 à 13:45 :
Donald Trump : la vie et l'oeuvre du sulfureux milliardaire candidat à la présidence américaine pourvu qu'il gagne les élections. Lui et Poutine sont des hommes qui sortent de l'ordinaire.
a écrit le 21/02/2016 à 12:09 :
En grece, Siriza, en Espagne Podemos, aux US Sanders
En France, les idées fascites du FN.. Triste France!
Réponse de le 21/02/2016 à 17:18 :
@Niko: pas vraiment un compliment de comparer Sanders avec les charlatans grec et espagnol. De toute manière, les chances d'être élu de Sanders sont quasi nulles, car il lui faut obtenir 20 % de votes de plus qu'Hillary pour arriver à la Maison Blanche (en raison des voix des super délégués).
Réponse de le 21/02/2016 à 21:24 :
Entre la peste et le choléra...
a écrit le 21/02/2016 à 11:27 :
@ BONJOUR : si Donald TRUMP est élu avant la fin de l'année de son élection les U.S.A entreront en guerre contre la CHINE ET LA RUSSIE et notre brave toutou suivra TRUMP est un véritable danger pour la paix dans le monde !!!!!
Réponse de le 21/02/2016 à 12:56 :
N'importe quoi, au contraire Trump a un discours élogieux sur Poutine et la Russie, qu'il souhaite traiter en tant que partenaire stratégique et plus comme un paria.
Ensuite il traiterai la Chine comme il se doit. Lutte contre le dumping chinois, barrière douanières... Tout ce que ne fait pas l'Europe qui se laisse berner et donne le beurre aux Chinois pour que ça passe plus facilement...
Réponse de le 21/02/2016 à 15:49 :
Réponse à Réponnse de à Booboo
C'est en cela que Trump est dangereux. C'est un démago.
Il a été accusé de faire plus souvent faillite qu'il n'a fait fortune , par une représentante du Congrès , ceci pour la petite histoire.
Si il arbore des vues pro-russes , c'est uniquement parce que les Russes sont entrés en action en Syrie.
Viscéralement , il reste attaché à Wall-Street , comme Clinton.
Or , vous savez que c'est Wall-Street qui a mis le merdier partout.

Concernant la Chine , et contrairement à ce que vous croyez , il voit d'un très bon oeil les produits Chinois à bas coûts qui empêchent le consommateur américain de sombrer complètement , permettant de ce fait aux entreprises de ne pas les augmenter. Déflation importée.
a écrit le 21/02/2016 à 10:48 :
Additif. Je pense que les gens qui ont voté pour lui l'ont fait sous l'emprise de drogues hallucinogènes dont l'usage est justement puni par les lois Fédérales.
a écrit le 21/02/2016 à 10:46 :
Je pense que Donald Trump est quatre fois trop vieux pour gouverner un pays moderne comme les USA.
Réponse de le 21/02/2016 à 21:19 :
Trump : 69 ans, Clinton : 68 ans, Sanders : 74 ans... entre les trois, question âge, mon coeur balance.
Réponse de le 21/02/2016 à 22:50 :
Sanders , il est bien... :-)

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