Espagne : Podemos propose aux socialistes un gouvernement d'union

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Pablo Iglesias, en conférence de presse au Congrès vendredi 22 janvier, a indiqué que le roi Felipe VI avait jugé sa proposition "raisonnable".
Pablo Iglesias, en conférence de presse au Congrès vendredi 22 janvier, a indiqué que le roi Felipe VI avait jugé sa proposition "raisonnable". (Crédits : Sergio Perez)
Pablo Iglesias, le leader de Podemos, a annoncé qu’il avait transmis au roi sa proposition de gouvernement avec le PSOE et Gauche unie. Pedro Sánchez, le secrétaire général du PSOE, en serait président, tandis que lui-même briguerait la vice-présidence.

Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos, le parti espagnol créé en 2014 à la suite du mouvement des "Indignés", a formellement proposé, ce vendredi 22 janvier, un pacte au PSOE (centre gauche) et à Gauche unie (gauche radicale) pour constituer un gouvernement qui serait présidé par Pedro Sánchez, le secrétaire général du PSOE, et pour la vice-présidence duquel il s'est lui-même proposé. Le leader de la formation politique, fondée début 2014 et arrivée en troisième position aux élections du 20 décembre dernier, a également proposé la participation d'un ministre issu d'En Comú Podem, la coalition arrivée en tête des élections générales en Catalogne avec le soutien de Podemos. Pablo Iglesias a indiqué qu'il venait de soumettre cette proposition telle quelle au roi Felipe VI, à qui il a exprimé la « loyauté » de son parti, et qui lui a répondu que sa proposition lui paraissait « raisonnable ».

« Ou c'est le changement, ou c'est l'immobilisme »

« Si le PSOE le souhaite, il peut y avoir un gouvernement de changement », a affirmé Pablo Iglesias lors d'une conférence donnée dans la salle de presse du Congrès des députés. « Il n'y a pas de demi-teintes qui tiennent : ou c'est le changement, ou c'est l'immobilisme. Je suis disposé à travailler avec Sánchez et avec Garzón », a insisté le chef de file de Podemos, faisant référence à Alberto Garzón, le leader de la coalition Gauche unie, au sein de laquelle le parti majoritaire est le Parti communiste d'Espagne. Pablo Iglesias a averti Pedro Sánchez qu'il avait l'occasion de montrer qui « commandait » au sein de son parti, et de déterminer si le secrétaire général du PSOE était capable de tenir tête aux « élites » du parti qui lui demandaient de ne pas passer d'accord avec Podemos.

Grandes lignes esquissées

Le leader de Podemos a précisé qu'il ne renonçait pas au référendum d'autodétermination comme solution à la situation en Catalogne. Il a rappelé à son homologue socialiste que les deux formations politiques avaient obtenu quasiment le même nombre de voix aux élections de décembre, environ 5 millions, et qu'il fallait compter sur le million de voix accordé à Gauche unie pour gouverner. Pablo Iglesais a également esquissé les grandes lignes des premières actions d'un potentiel gouvernement Sánchez, à savoir en premier lieu « des mesures d'urgence pour les cent premiers jours » face aux expulsions immobilières et pour aider les « milliers de chômeurs sans prestations », et en second lieu des « mesures de l'État pour des changements constitutionnels ». Il a ajouté la nécessité pressante d'une « RTVE [corporation audiovisuelle publique, Ndlr] publique indépendante », et a défini les missions qui devraient incomber à chaque nouveau ministre : la Défense devra lutter contre les « lobbyistes », l'Intérieur, « ne plus jamais recevoir de corrompus dans son bureau », les Affaires étrangères, faire que « l'Espagne soit une puissance dans la coopération et les droits humains », et l'Économie, en finir avec les « coupes » et la « réforme du travail ». Podemos a lancé sur le réseau social Twitter le hashtag #GobiernoParaCambiar (« gouvernement pour changer ») pour suivre et commenter les évolutions de la proposition. Alberto Garzón a réagi sur son compte Twitter : « J'ai parlé avec Pablo Iglesias et nous sommes d'accord pour dire qu'il faut qu'il y ait du changement ». Pedro Sánchez n'a, lui, pas encore réagi publiquement.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2016 à 11:44 :
L'Espagne ou le grand bon en arrière. Dommage pour l'Espagne qui a fait beaucoup d'efforts avec un certain succès pour se sortir de ses difficultés économiques et qui va maintenant baisser les bras et retomber en léthargie !!
a écrit le 22/01/2016 à 17:41 :
La Grece était le 1er coup nde semonce pour l'Europe, l'Espagne sera t'elle le 2ème et dernier ? Que l'Europe et l'Allemegne écoute les peuples sinon vous aurez les extrêmes aux gouverne dans moins de 5 ans...
a écrit le 22/01/2016 à 15:48 :
" RTVE [corporation audiovisuelle publique, Ndlr] publique indépendante », et a défini les missions qui devraient incomber à chaque nouveau ministre : la Défense devra lutter contre les « lobbyistes », l'Intérieur, « ne plus jamais recevoir de corrompus dans son bureau », les Affaires étrangères, faire que « l'Espagne soit une puissance dans la coopération et les droits humains », et l'Économie, en finir avec les « coupes » et la « réforme du travail »"

Ouhaou si déjà ils arrivent à seulement la moitié de ces réformes ce sera une énorme réussite.

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