Grèce : l'impossible résistance d'Alexis Tsipras

 |   |  1787  mots
Alexis Tsipras doit faire face à des exigences toujours plus élevées des créanciers.
Alexis Tsipras doit faire face à des exigences toujours plus élevées des créanciers. (Crédits : Reuters)
Les discussions ont repris entre Grecs et créanciers, mais un accord semble peu probable avant l'Eurogroupe du 9 mai. Alors que l'Eurogroupe réclame des mesures "contingentes", la situation d'Alexis Tsipras est de plus en plus difficile.

La discussion entre la Grèce et ses créanciers n'en finit pas de s'étirer. La fin de la « première revue » du troisième mémorandum semble encore loin. Ce mardi 3 mai, les responsables des deux camps ont repris contact, après la pause de la pâque orthodoxe, pour tenter d'avancer. Mais, selon le quotidien grec Kathimerini, un accord est peu probable lors de la réunion de l'Eurogroupe du lundi 9 mai prochain. Il faudra donc encore attendre.

Cette attente place le gouvernement d'Alexis Tsipras dans une situation très difficile. L'Etat grec, qui n'a pas reçu d'aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) depuis le 23 décembre dernier, commence à manquer de liquidités et puise désormais dans les excédents des entités publiques pour honorer ses paiements les plus urgents. Tout ceci ressemble de plus en plus à l'asphyxie financière qui avait été organisée l'an dernier. Et le but n'est pas différent : les créanciers cherchent à faire accepter à Athènes ce qui, voici encore quelques semaines, était inacceptable.

Obtenir l'accord du FMI

Que réclament les créanciers ? Le respect des objectifs fixés dans le mémorandum et notamment un excédent budgétaire primaire, hors service de la dette, de 3,5 % du PIB à partir de 2018 et pour les années suivantes. Cet excédent est, pour eux, la condition sine qua non de la « soutenabilité » de la dette grecque. Dans leur logique, en dégageant un tel excédent, la Grèce sera capable de faire face à ses échéances de remboursement. Or, la « soutenabilité » de la dette hellénique est, à son tour, la condition sine qua non de la participation du FMI au financement de « l'aide » à la Grèce. Une participation qui est nécessaire pour obtenir l'aval du Bundestag, le parlement allemand, sans qui toute la construction du troisième mémorandum est impossible.

Les « mesures contingentes »

On comprend donc que les créanciers refusent de discuter un tel objectif qui, en réalité, semble assez peu crédible sur le plan purement économique. Cet objectif d'excédent primaire de 3,5 % du PIB était déjà inclus dans les deux premiers mémorandums et avait dû être repoussé faute de crédibilité. Mais, cette fois, le FMI a exigé du concret, car, rappelons-le, ses statuts lui interdisent de prêter à des Etats insolvables. Du coup, pour amadouer l'institution de Washington, l'Eurogroupe a, la semaine dernière, exigé que la Grèce adopte, en plus des mesures d'austérité nouvelles pour atteindre les objectifs d'ici à 2017, un « plan de mesures contingentes » au cas où les comptes de la Grèce ne seraient pas encore une fois dans les clous du mémorandum.

Le détail de ces mesures n'est pas connu, mais leur montant l'est : 3,6 milliards d'euros, soit 2 % du PIB. C'est précisément la différence entre les estimations d'excédent primaire du FMI et l'objectif de 3,5 % du PIB pour 2018. C'est donc tout simple : on donne au FMI ce qu'il souhaite pour le faire entrer dans le jeu. Et on lui donne aussi des garanties fermes que ces mesures seront appliquées. Ces mesures, a précisé Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, devront en effet être « crédibles, votées à l'avance, automatiques et basées sur des facteurs objectifs. »

Nouveau stade dans les demandes des créanciers

Avec cette proposition, l'Eurogroupe a clairement franchi un nouveau stade dans son traitement de la crise grecque. Il s'agit désormais d'introduire un mécanisme préventif qui échapperait aux gouvernements helléniques et déclencheraient immédiatement une série de mesures précises. Autrement dit, la demande de l'Eurogroupe est d'exclure à l'avenir ces mesures du champ politique. Une fois votée à l'avance, elles s'imposeraient aux Grecs quel que soit le gouvernement ou la situation économique. Avec cette demande, l'Eurogroupe et le FMI affirment leur défiance absolue vis-à-vis de la Grèce et réclame que le gouvernement grec aie le moins de maîtrise possible à l'avenir de sa politique budgétaire et économique, qui est pourtant déjà réduite. Ce que les créanciers veulent éviter, ce sont les discussions sur le détail des mesures qui ont trop ralenti à leur goût l'adoption des mesures depuis cet été.

Contourner la loi grecque

La demande de l'Eurogroupe va également fort loin dans la mesure où, comme l'a précisé Jeroen Dijsselbloem, les ministres des Finances de la zone euro savent parfaitement que des « mesures contingentes » sont inconstitutionnelles en Grèce. Il n'est pas possible de voter des décisions budgétaires « à l'avance ». Le président de l'Eurogroupe, comme le commissaire européen Pierre Moscovici, ont donc invité les Grecs à proposer un mécanisme permettant de contourner la loi fondamentale hellénique. Bref, tout se passe comme si l'intérêt des créanciers devait primer en Grèce sur tout le reste, y compris l'ordre démocratique et l'état de droit.

Les discussions ne portent pas seulement sur cette question des mesures contingentes pour 2018, elles portent aussi sur les mesures pour atteindre les objectifs de 2016 et 2017. La réforme des retraites reste en discussion, ainsi que le niveau d'exemption de l'impôt sur le revenu. Les créanciers veulent abaisser le revenu en deçà duquel il y a exemption à 8.182 euros annuels contre 9.550 euros aujourd'hui. Le gouvernement propose 9.091 euros.

Situation difficile pour Alexis Tsipras

Pour le gouvernement grec, le tour que prennent les événements est très préoccupant. Voici encore un mois, le gouvernement espérait négocier une série de mesures pour tenir jusqu'en 2017 qui ne soient pas trop lourdes pour les Grecs, ouvrir des négociations sur la restructuration de la dette publique et convaincre les créanciers européens de se passer du FMI pour, ensuite, remettre en cause les objectifs insensés du mémorandum. Tous ces espoirs s'éloignent désormais. En réalité, Alexis Tsipras ne dispose guère de moyen de pression pour faire pendant aux exigences des créanciers. Ces derniers utilisent donc une stratégie qu'ils ont utilisée avec succès l'été dernier : ils relèvent très fortement leurs exigences en rendant publiques de nouvelles mesures. Ils contraignent alors les Grecs à accepter une partie de ces exigences. In fine, le gouvernement grec peut certes prétendre avoir fait reculer les créanciers sur leurs demandes, mais la facture est en réalité beaucoup plus lourde que prévu. Il en va ainsi des exigences fiscales le mois dernier ou des « mesures contingentes » ce mois-ci.

Acceptation de la logique de l'Eurogroupe

D'ores et déjà, le gouvernement grec a dû accepter de lourds sacrifices  comme le relèvement de 23 à 24 % du taux normal de TVA, dont a été exclu - c'est la concession accordée à Athènes - l'eau et l'électricité ou encore la poursuite du principe du remplacement d'un seul fonctionnaire sur cinq partant à la retraite. Mais ces « mesures contingentes » représentent cependant un défi considérable pour le gouvernement grec qui se retrouve dans une position impossible. S'il les accepte, Alexis Tsipras risque en effet de devoir faire face à une fronde politique majeure dans son camp et perdre le contrôle du mémorandum. Or, son engagement vis-à-vis de ses électeurs lors des élections du 20 septembre a été précisément de pouvoir peser sur les mesures. Mais s'il les refuse, il s'expose à une nouvelle crise financière que le pays - qui devrait encore connaître une contraction du PIB de 0,2 % cette année si l'on en croit la Commission européenne - ne peut se permettre.

De fait, si le gouvernement grec refuse toujours le principe de ces mesures contingentes, il a néanmoins accepté l'idée de mesures préventives en proposant une baisse automatique des dépenses publiques. Or, si cette mesure est moins « précise » que les mesures contingentes, l'effet macro-économique risque d'être le même. Car le vrai problème est bien la logique qui est à l'œuvre chez les créanciers. Ces derniers considèrent que l'excédent primaire élevé sera un gage de confiance pour les investisseurs. Or, il se pourrait que l'épée de Damoclès des mesures contingentes ou de la baisse automatique des dépenses découragent en réalité tout investissement, affaiblissent encore la croissance et rendent encore plus difficile et improbable l'atteinte des objectifs fixés. C'est du reste ce scénario qui est le plus probable au regard de l'histoire récente et de la capacité d'une économie grecque dont la taille a été réduite d'un quart depuis 2010. Déjà, Kathimerini soulignait ce mardi que les recettes fiscales s'annonçaient inférieures aux attentes en ce début d'année. Or, le gouvernement grec est désormais dans l'incapacité de remettre en cause cette logique. La révision nécessaire de l'objectif de 3,5 % semble désormais s'éloigner définitivement.

Angela Merkel, peu encline à la bienveillance

Alexis Tsipras manque clairement de moyens de pression sur les créanciers. En avril, il a tenté de peser sur les créanciers en menaçant de faire passer au parlement des mesures sans l'accord des créanciers. Il a finalement renoncé, car la menace n'a pas impressionné les créanciers. Il a ensuite tenté de renouveler sa stratégie de 2015 en cherchant un accord au niveau politique. Il a donc réclamé un conseil européen, réunion sèchement refusée par le président dudit conseil, Donald Tusk.

Comme l'an passé, Angela Merkel n'a pas de raison de reprendre la main. Elle préfère laisser l'Eurogroupe, dominé par son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, mener la danse. Car, à la différence de 2015, elle est aujourd'hui politiquement affaiblie. Toute mesure de bienveillance à l'égard de la Grèce serait perçue comme une aubaine par ses adversaires conservateurs et eurosceptiques. Elle doit absolument obtenir l'accord du FMI et un plan qui « neutralise » le gouvernement grec dans l'application des « réformes. » De ce point de vue, les « mesures contingentes » sont une proposition qui lui convient parfaitement parce qu'elles assurent cette « neutralité » et pourrait même conduire à la chute d'un Alexis Tsipras jugé trop peu coopératif à Berlin.

Voilà pourquoi le premier ministre grec n'a pas pu diviser les créanciers et convaincre l'Eurogroupe de se passer du FMI... Les créanciers tentent donc d'achever politiquement le troisième mémorandum. Et c'est pourquoi la stratégie « politique » d'Alexis Tsipras risque de se trouver rapidement très limitée. L'allongement des discussions pourrait lui permettre de rallier des appuis en Europe. Mais le temps joue aussi contre lui. En juillet, des échéances importantes guettent le pays...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/05/2016 à 9:43 :
Ont déjà fait défaut et feront encore défaut. Les anglais et les français ont déjà envoyé dans le pssé des canonnières dans le port du Pirée.

Quelques décès parmis les marins par choléra ( l'eau du quai était polluée) et puis voila , l'histoire passera car le peuple grec restera, l'Europe elle n'est qu'une construction de papier monnaie.
a écrit le 04/05/2016 à 22:06 :
Si on faisait un concours pour trouver la plus belle langue de bois, Moscovi aurait de sacrées bonnes chances d'obtenir le premier prix. Ne vient-il pas de déclarer, sans rire, que la crise grecque était, de plus en plus, chose du passé et que celle-ci était en voie de se résorber progressivement. Dormez braves gens! À lire R. Godin, on voit que cette crise est très loin d'être résorbée et qu'elle n'attend que son heure pour revenir à l'avant-scène. De toute façon qui prend encore au sérieux les déclarations de Moscovi?
a écrit le 04/05/2016 à 14:20 :
Il manque 3,6 millards € à Tsipras dans ses comptes? Pas de problème, la solution est trouvée. En effet, en son début de campagne pré-électorale Francois Hollande vient de faire un chèque de 4 millards € aux contestataires. La France est riche (euh?) une petite invitation de Hollande à Athènes avec Air Hollande 000 avec et Hollande donnera à Tsipras les 3,6 millards € qui lui manquent outre un rutilant distributeur de billets.
a écrit le 04/05/2016 à 9:08 :
Pour ceux qui en doutaient encore, voila le vrai visage de l'Europe.
Mettre les pays a sa botte et tous les moyens seront les bienvenus.
a écrit le 03/05/2016 à 22:48 :
Quand Merkel et Schauble iront a Rome et Athenes demander a Renzi et Tsipras l'autorisation de faire un bail out sur DB, on en reparlera.
a écrit le 03/05/2016 à 22:31 :
Tant que la Bce ne rachetera pas des obligations grecques
http://fr.investing.com/rates-bonds/greece-10-year-bond-yield
Pour ramener le taux à 1 ou 2 %, tous les ans on aura le même scenario
irréaliste de l'Eurogroup qui dans les faits pousse certains grecques au suicide..
Triste union monétaire où les passagers les plus en difficulté sont traités le plus durement.
Ce n'est pas la dame de fer c'est la dame d'acier..
Réponse de le 07/05/2016 à 14:26 :
Ou plutot la dame d'acier accompagné de l'homme de fer..
https://www.youtube.com/watch?v=8Gw_buXSUNY
a écrit le 03/05/2016 à 21:21 :
"En réalité, Alexis Tsipras ne dispose guère de moyen de pression pour faire pendant aux exigences des créanciers." Il est bien temps de le reconnaître maintenant alors qu'il y a un peu plus d'un an dans ces mêmes colonnes il était affirmé sans rire que Tsipras était en position de force.
"L'allongement des discussions pourrait lui permettre de rallier des appuis en Europe"... on peine un peu à voir lesquels...
Réponse de le 03/05/2016 à 23:37 :
Tsipras était en position de force tant qu'il était pres à aller à la rupture d'avec l'euro . Une fois bien clair qu'il bluffait et qu'il n'en était pour lui pas question , toutes ses chances de peser d'une quelconque manière dans les négociations s'envollaient .
Réponse de le 04/05/2016 à 7:11 :
Mais ce que n'avait pas compris Tsipras c'est que sa rupture éventuelle avec l'€ ne risquait guère de compromettre l'€ lui même (l'économie grecque c'est 1% de celle de la zone) et que même un défaut volontaire total grec sur sa dette n'aurait pas vraiment mis les créanciers en difficulté (et en outre aurait provoqué la saisie des avoirs grecs à l'étranger). La Grèce risquait de se voir rejetée dans le tiers monde, les éventuels soutiens russes étant eux mêmes mal en point.
Réponse de le 04/05/2016 à 10:06 :
"La Grèce risquait de se voir rejetée dans le tiers monde". N'est-ce pas déjà le cas par rapport aux autres pays européens ? Le but de Tsipras était-il vraiment de compromettre l'euro ? Si l'économie grecque importe si peu pour la zone euro, expliquez cet acharnement.
La Grèce n'a d'autre choix que de se sauver elle-même, et seule contre tous, littéralement.
Mission impossible dans le cadre de l'Union européenne.
Les créanciers n'ont aucune limite et Tsipras ou tout autre gouvernement ne saurait s'enterrer suffisamment pour les satisfaire.
Croire qu'il était possible de négocier et que l'Europe était une démocratie était d'une grande naïveté. Naïveté fatale.
a écrit le 03/05/2016 à 20:15 :
Voila comment le Gouvernement Mondial représenté par le FMI (dont la patronne est ultra libérale..), avec l'appui de l'Allemagne (Merkel et Schauble l'extrêmiste) vont IMPOSER leur solution, opposée au choix de la population grecque... Déni de démocratie....Puissance de la Finance.... Les politiques ont peur que l'ensemble des pays Européens bascule vers la gauche radicale et grâce a eux, ils auront l'Extrême droite... ce qui est bien pire !!!! Souvenons nous de l'arrivée de Hitler ! On prend le même chemin ! Merci les élus...
a écrit le 03/05/2016 à 20:01 :
sinon il peut payer ses retraites avec des IOY, pareils pour ses fonctionnaires, pareil pour......
ces gens deviendront donc de facto creanciers de la grece
et la il pourra decider d'annuler ses dettes, il ruinera donc tt le monde, ce qui est tres bien, a ce qu'on en lit sur la tribune
on pourra delors se feliciter d'avoir un petit venezuela avec 700% d'inflation ' paye par personne'
cool, les ultra neokeynesiens seront tres contents de cette hyperinflation payee par personne
a écrit le 03/05/2016 à 19:54 :
Ce magnifique pays, vit depuis trop longtemps sous perfusion. Les politiques grecs l'ont tout d'abord volé, l'union européenne a continué cette tâche, y voyant les intérêts qu' amèneraient les différents prêts, la destruction du pays arrivait à son paroxysme. A. Samaras a cependant tenté de renverser la barre, et là, ce merveilleux Tsipras, avec son merveilleux projet, ont fait apparition. Élu, il a fait l'inverse de tout ce qu'il avait promis. Stoppons donc cette mascarade, faisons tomber le rideaux le plus vite possible, déchirons tous les tubes qui maintiennent ce pays martyrisé sous perfusion intéressée.
a écrit le 03/05/2016 à 19:03 :
Les articles de Romaric Godin sont remarquables. Et il ose réfléchir après s'être documenté. Enfin autre chose que le mainstream ! Quant à la dette, certes, le débiteur emprunteur est fautif, mais le prêteur ( l Europe) l'est tout autant, pour n'avoir pas surveille l'utilisation des fonds. Lorsqu'un particulier est surendetté, il est fautif, mais ceux qui lui ont prêté à tort et à travers, sans discernement, sans contrôle, le sont tout autant. Et différentes lois nationales en Europe organisent les cas de surendettement, en faisant contribuer le débiteur en fonction de ses moyens, mais AUSSI le créancier : plus d'intérêts et réduction importante du capital de la dette.
Tous les créanciers ( dont on tait les identités, au fait, pourquoi ? ) devraient faire abandon d'une partie du capital de leur créance. Ils ont gagné beaucoup d'argent avec les taux d'intérêts très élevés, ils ont spéculé, et on ne peut gagner à tous les coups.
Un prêteur attentif sélectionne les projets, délivre les fonds au fur et à mesure, contrôle l'affectation des fonds, et s'enquiert au préalable de la capacité de remboursement de l'emprunteur. Il peut même s'assurer contre tout défaut de paiement. Apparemment, nos créanciers discrets et non identifiés se sont affranchis de toute précaution et la sanction du marché à toujours été : la perte de tout ou partie du capital.
Apparemment, l'Allemagne est partis les "gros" créanciers. La Grèce, avec les autres pays, a renoncé au paiement des dommages de guerre, dus par l'Allemagne. On oublie trop que l'Allemagne reste toujours redevable envers la Grece de considérable dettes de guerre résultant du soi-disant emprunt de l'or de la Banque de Grece, avec un contrat, certes léonin, mais établi en bonne et due forme. Cet emprunt rembourse, la Grece se retrouverait... sans plus aucune dette ( voyez l'excellent livre d'Olivier Delorme, publié en poche par Folio " La Grèce et les Balkans".
Quant à "être virés de l'Europe" comme le souhaite Patrickb, c'est peut être une solution : les pays qui n'ont pas l'euro (Suisse, Suède, Grande-Bretagne) se portent beaucoup mieux. La Finlande envisage de quitter l'euro. Avec une nouvelle drachme dévaluée, un taux de tva qui de 24 reviendrait à 16%, la Grèce arriverait à rivaliser avec la Turquie, les hydrocarbures viendraient de Russie, la balance primaire, déjà positive actuellement (contrairement à celle de la France, par exemple) serait boostée, permettant de réduire les impôts et taxes comme en Bulgarie. C'est une partie de poker qui se joue, beaucoup plus fine que ce que la plupart des infos ne disent, et notre ami gradué en sciences laitières, propulsé à la tête de l'Eurogroup, qui n'a ni base legale, ni démocratique à du souci à se faire pour ses amis financiers, qui tentent de récupérer leurs billes. Ce "machin" comme aurait dit De Gaulle, est consé être contrôlé par là Parlement Européen, qui n'a de parlement que le nom, puisqu'il lui manque la prérogative essentielle d'un parlement : le pouvoir de démettre le gouvernement (= les Commissaires). Ce n'est pas un Parlement, c'est une assemblée parlementaire, ce qui conforte les propos du chroniqueur qui évoque les déficit démocratique qui entache l'Europe.
a écrit le 03/05/2016 à 18:27 :
Si la Grèce avait une monnaie nationale et une souveraineté monétaire complète, la banque centrale du pays pourrait jouer le rôle de prêteur en dernier ressort de l’État, au cas où les marchés financiers ne lui prêtent plus d’argent sauf à des taux exorbitants, sans lui imposer des conditions particulières. Petit rappel historique, en 1972 les avances de la banque de France à l’Etat représentaient 2% du PIB français de l’époque. C’était sans doute la dernière où l’avant dernière année que ces avances existaient car à partir de 1973, elles ont été supprimées obligeant l’État à emprunter aux banques et autres investisseurs.

Un pays qui a l’euro comme monnaie doit gérer au mieux ses affaires car comme il n’a plus aucune souveraineté monétaire si les marchés ne lui prêtent plus à taux raisonnables, il doit alors rentrer dans un mécanisme de mise sous tutelle qui est, en fait, un mécanisme d’esclavage de la dette. La logique du système impliquerait normalement que soit précisé dans les textes institutionnels de la zone euro que la démocratie doit être totalement abolie pour un pays sous tutelle de la dette. Il s’agirait simplement de constater que la démocratie pour un pays de la zone euro ne peut être pratiquée que s’il peut emprunter aux banques et autres investisseurs, à taux raisonnables. Si cette condition n’est pas remplie il y a obligation de mise sous tutelle dudit pays et d’abolition de la démocratie le temps qu’il puisse à nouveau emprunter aux banques et autres investisseurs, à taux raisonnables. Le système est conçu comme cela et de toute façon même si ça ne figure pas dans les textes, dans la pratique c’est comme cela que ça se passe pour la Grèce. Ce sera peut-être demain pour d’autres pays, peut-être la France qui tarde à appliquer « les réformes ».
Réponse de le 03/05/2016 à 20:04 :
oui, c'est ce que tt le monde leur dit
ils doivent sortir de la zone euro et reimprimer de la drachme ( evidemment, leur niveau de vie ne sera plus le meme, mais ils correspondra a la vraie valeur de leur economie)
de toute facon on ne comprend pas qu'on prete a un pays comme ca.... pas plus qu'au venezuela, ou a l'argentine...
ou a la france d'ailleurs...
a écrit le 03/05/2016 à 18:24 :
Le gouvernement Grec attend quoi pour sortir de l'Euro et de l'Europe de toute manière ils vont les(crever)
a écrit le 03/05/2016 à 18:04 :
Les grecs vont faire monter la pression avant le vote sur le Brexit. Ils nous tiennent et nous devrons une fois de plus céder.
a écrit le 03/05/2016 à 16:47 :
Les Grecs ne sont pas crédibles. Ils promettent pour avoir l'argent, mais ne tiennent jamais parole. On attend toujours la matérialisation des dernières promesses. Le défaut grec est une question de temps, car dès qu'on va cesser de leur donner du fric, ils feront défaut et .... je l'espère ... seront virés de l'Europe :-)
Réponse de le 03/05/2016 à 17:18 :
Et la France alors? 3% du pib de deficit mais on peut vivre au dessus de nos moyens...
Quand on sait que l Europe a prêté à Athènes avec des taux de l ordre de 10%... C est un scandale d ètre dirigé par le roi argent
Réponse de le 03/05/2016 à 18:59 :
@Niko: quand on parlera de la France, je commenterai. Pour l'instant, je ne mélange pas tout :-)
Réponse de le 03/05/2016 à 22:39 :
La critique est facile ! Que voulez-vous que les grecs fassent encore, donnez des détails....
Même les petites entreprises manquent de liquidité. Plus d'emplois, plus de salaires, moins d'argent qui rentre dans les caisses de l'Etat...... c'est pourtant simple à comprendre.
Peut-être peuvent-ils ouvrir des bordels à gogo, y mettre toutes les filles du pays, ça rentre dans le PIB. J'espère pour vous que vous avez une fille...... quand le tour viendra !!
Réponse de le 04/05/2016 à 9:21 :
Tu doit être un charognard de la finance toi!
Réponse de le 04/05/2016 à 19:40 :
" On " ne leur donne rien du tout ! " On " prête et puis on encaisse les intérêts. Vous devriez lire l'article de l'excellent R. Godin à ce sujet. Vous espérez que les Grecs seront virés de l'Europe, nous aussi mais pas pour les mêmes raisons que vous !
Réponse de le 06/05/2016 à 16:05 :
"car dès qu'on va cesser de leur donner du fric, ils feront défaut" : Vous savez au moins qu'on leur prête du fric qui n'existe pas? Qui créé la monnaie selon vous? Tous leurs problèmes sont liés au fait que la BCE ne prête pas directement aux états, mais par l'intermédiaire de banque commerciales : C'est ça qui a amené les taux d'intérêt à monter entre 8 et 20 pour la Grèce quand les créanciers reçoivent du fric à 2%.
Heureusement qu'il y a des patrickb pour défendre ce système aux côtés des technocrates vendus!!!
La Grèce fera peut-être défaut, mais la Grèce durera plus longtemps que l'UE qui va imploser sous l'effet d'une concurrence fratricide qui ne profitent qu'au financier.
L'Europe n'a pas été conçue pour que des peuples mettent d'autres peuples à genoux : C'est le meilleur moyen de faire monter des extrémistes au pouvoir comme dans les années 30.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :