La Catalogne engage la rupture avec l'Espagne

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La majorité parlementaire catalane veut sortir de l'ordre constitutionnel espagnol.
La majorité parlementaire catalane veut sortir de l'ordre constitutionnel espagnol. (Crédits : REUTERS/Albert Gea)
Dans une déclaration commune qui sera votée prochainement, les deux listes indépendantistes placent le parlement catalan hors de l'ordre constitutionnel espagnol. Le début d'un processus révolutionnaire.

Le bras de fer entre Madrid et Barcelone est lancé, cette fois sérieusement. Un mois après les élections régionales, ce 27 octobre 2015 a marqué un moment important de l'histoire de la Catalogne. A l'issue de discussions parfois serrées, ce mardi matin, les deux groupes parlementaires indépendantistes, la liste d'union Junts pel Sí (qui regroupe notamment le centre-droit de la CDC et le centre-gauche de l'ERC) et la gauche radicale sécessionniste de la CUP, ont annoncé la signature d'une déclaration commune en neuf points qui affirme clairement la volonté de rupture avec les institutions espagnoles.

Les forces du camp indépendantistes

Junts pel Sí et la CUP disposent à eux deux de 72 sièges, soit quatre de plus que la majorité absolue du parlement (68 sièges). Le 27 septembre, ces deux listes ont obtenu 47,8 % des voix de façon cumulée, soit moins que la majorité absolue. Mais la situation n'est pas si claire que le prétendent les « unionistes » dans la mesure où une partie de la liste de gauche radicale menée par Podemos ( Catalunya Sí Que Es Pot ou CSQEP, qui a obtenu 8,94 % des voix et 11 sièges) est formée d'indépendantistes. Lors de l'élection, lundi 26 octobre, à la présidence du parlement, l'indépendantiste Carme Forcadell a obtenu 5 voix issues de CSQEP. Cette liste, comme la liste des chrétiens-démocrates de l'UDC (2,51 % des voix, aucun siège), refusait certes formellement l'indépendance, mais était favorable à une consultation sur ce sujet. Bref, ces élections n'ont, en réalité, pas permis de trancher clairement.

Se séparer de l'Espagne

Aussi - et c'est le premier point de la déclaration commune - les deux listes indépendantistes estiment-elles que, par leur majorité parlementaire, elles ont « l'obligation de travailler à la création d'un Etat indépendant qui prendra la forme de la République catalane. »  En conséquence, la déclaration commune proclame « solennellement l'ouverture d'un processus de création de l'Etat catalan sous la forme d'une république. » L'Etat espagnol est donc désormais clairement prévenu que le parlement catalan engage un processus de « déconnexion » avec l'Etat espagnol (point 7). Le point 5 prévient que le futur gouvernement catalan aura pour seule tâche de faire respecter ces décisions.

La déclaration prévoit que, dans les 30 prochains jours, le gouvernement devra avoir lancé un« processus constituant citoyen, participatif, ouvert et intégrateur » pour poser les bases de la future constitution catalane, mais aussi les fondements de la sécurité sociale et du budget purement catalans. Autrement dit, le gouvernement de Barcelone va commencer à créer des structures d'Etat propres destinées à remplacer celle de l'Etat espagnol.

Sortir de l'ordre constitutionnel espagnol

Mais le point essentiel de la déclaration concerne la fermeté avec laquelle ce processus d'indépendance est engagé. Le point 6 est ainsi très clair : il place le pouvoir du parlement catalan au-dessus des institutions espagnoles. « Comme dépositaires de la souveraineté et de l'expression du pouvoir constituant, les deux listes réitèrent que ce parlement et le processus de déconnexion démocratique ne se soumettront pas aux décisions des institutions de l'Etat espagnol, en particulier à celle du Tribunal constitutionnel, qui est considéré comme délégitimé », indique le texte. Ces propos sont une véritable déclaration de rupture qui placeront la Catalogne de fait en dehors de l'ordre constitutionnel espagnol. Désormais, les décisions du Tribunal Constitutionnel (TC) qui avait censuré partiellement le nouveau statut régional de 2006 et interdit la consultation du 9 novembre sur l'indépendance, ne seront plus reconnues par les autorités catalanes. Si cette déclaration n'est pas la déclaration unilatérale d'indépendance que voulait initialement la CUP et si le terme de "désobéissance" est absent, c'est un texte fort qui, dans les faits et sur le plan juridique, engage cette désobéissance.

Un gouvernement de résistance

 Le point 8 de la déclaration incite ainsi le futur gouvernement régional «  à remplir exclusivement les normes et mandats émis par le parlement catalan, afin de protéger les droits fondamentaux qui pourraient être affectés par les décisions des institutions de l'Etat espagnol. » Autrement dit, le futur exécutif catalan aura pour mandat de résister aux mesures d'application de la constitution espagnoles. Le tout, précise la déclaration, « pacifiquement et démocratiquement. » Mais avec un tel texte, les indépendantistes catalans sautent un pas essentiel, celui de la rupture. En cela, cette déclaration est proprement révolutionnaire : une fois votée, elle établira deux ordres de légitimités sur le territoire catalan, celui du parlement de Barcelone et celui de la Constitution espagnole. C'est là le propre de toute révolution à ses débuts de confronter ainsi deux ordres antagonistes sur un même territoire.

Vote avant le 9 novembre

Cette déclaration, qui est « ouvert à d'autres formations » - ce qui est un appel aux indépendantistes de CSQEP - sera votée avant l'élection du nouveau président de la région, prévue le 9 novembre prochain. A cette date, le parlement catalan sera devenu officiellement hors-la-loi au regard de la constitution espagnole. La clé de l'avenir résidera alors dans trois éléments : la détermination des indépendantistes, la réaction de ceux qui refusent cette rupture en Catalogne même et la réaction des autorités espagnoles.

Réponse ferme de Madrid

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, n'a pas manqué de riposter rapidement. Dès le début de l'après-midi, il a dénoncé « un acte de provocation qui prétend ignorer la loi parce qu'il sait que la loi ne l'admet pas. » Et de marteler : « tant que je serais président, l'Espagne continuera à être une nation de citoyens libres et égaux. Nous sommes toues soumis à la loi et aux décisions des tribunaux. » Un appel du pied aux électeurs espagnols qui doivent voir en Mariano Rajoy le défenseur de l'unité du pays avant les élections du 20 décembre qui s'annoncent difficile pour son parti, le PP.

Rien d'étonnant alors à ce que Madrid ait aussi répondu avec fermeté : « nous ne renoncerons à aucun mécanisme juridique et politique que nous attribue la constitution et les lois », a indiqué le président du gouvernement espagnol. Ceci suppose que Madrid envisage sérieusement l'application de l'article 155 de la Constitution qui l'autorise à « prendre les mesures nécessaires » pour obliger une communauté autonome (région) à « remplir les obligations que lui imposent la Constitution et les lois. » En cas « d'atteinte grave à l'intérêt général espagnol », le gouvernement central peut suspendre les autorités régionales. Selon la presse espagnole, Madrid étudie déjà les moyens d'appliquer cet article.

Un article 155 applicable ?

Cet article apparaît comme un épouvantail, une menace pour les Catalans. Mais, en réalité, son application est des plus complexes.  D'abord, la constitution espagnole reste floue sur les moyens laissés au gouvernement central. En cas de suspension de l'autonomie catalane, que se passera-t-il concrètement si le parlement catalan refuse cette décision ? L'Etat central devra-t-il  établir des institutions espagnoles de substitution, qui coexisteront concrètement avec les institutions catalanes ? Que feront alors les fonctionnaires catalans ? Suivront-ils Madrid ou Barcelone ? Pour faire respecter la loi espagnole, faudra-t-il avoir recours à la menace ou à la force ? Et comment ? Les forces de police et de garde civiles espagnoles sont peu nombreuses en Catalogne, tout comme les forces armées. Le gouvernement catalan, lui, dispose d'une force de police, les Mossos D'Esquadra. Ces derniers suivront-ils l'ordre catalan ou l'ordre espagnol ? C'est essentiel, car pour faire respecter la loi, il faut en avoir les moyens concrets. En réalité, l'article 155 ne serait qu'une ouverture vers le chaos complet. Et Madrid n'y a guère intérêt. Même si, pour le moment, la campagne électorale espagnole joue un rôle négatif de ce point de vue.

Dialogue encore possible ?

Reste l'option ouverte par le point 9 de la déclaration catalane : celle du dialogue. Ce point fait part de la volonté catalane « d'ouvrir des négociations » et de réaliser le processus d'indépendance « en accord avec l'Etat espagnol, l'Union européenne et la communauté internationale. » Ce dialogue est-il encore possible au sein de l'Etat espagnol ? Certes, Mariano Rajoy et le leader du PSOE, Pedro Sanchez, se sont mis d'accord lundi pour « laisser ouverte une porte au dialogue. » Mais cette porte n'est ouverte que dans la « loi. » Or, désormais, Barcelone, a dépassé la loi espagnole. On se retrouve donc dans une situation de blocage absolu. Seule une médiation externe pourrait la débloquer.

L'UE regarde ailleurs

 L'UE a, là, une chance unique de prouver qu'elle est bien garante de la paix, comme l'avait affirmé le Comité d'Oslo en 2013 lors de son prix Nobel de la paix. Mais, pour l'instant, l'UE regarde ailleurs. Les grandes puissances de l'union, France et Allemagne en tête refuse de se pencher sur le cas catalan. Pire, ils soutiennent ouvertement Madrid, prenant partie dans un débat interne sous couvert de neutralité factice. Mais, en cas d'application de l'article 155, il faut s'attendre à voir les Catalans en appeler à cette médiation et à se prévaloir de l'article 7 du traité de l'UE qui prévoit la suspension d'un Etat membre en cas de violation des droits démocratiques. Cette fois, l'affaire de la Catalogne ne pourra plus être ignorée par la pusilanimité de l'Europe.

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a écrit le 31/10/2015 à 12:52 :
Entre l'Etat "totalitaire", autrement dit visant à préserver sa suprématie, sa loi, son unité sur l'intégralité d'un territoire, et le principe d'autodétermination des peuples, l'histoire montre que la principale voie est la guerre civile, la guerre de sécession, la guerre d'indépendance. On ne compte plus les morts : 620000 aux US, 300.000 en Algérie, 220000 en Syrie en 2015.
Les institutions internationales (ONU) ou européennes (EU) assurent la paix avec peu de succès. Seule la Belgique a su récemment créer deux états en un état fédéré, sans trop de bruit.
a écrit le 31/10/2015 à 12:44 :
Il ne sert à rein d'essayer de faire entendre raison à un nationaliste catalan, leur point de vue n'est pas basé sur la raison, mais sur les sentiments . La raison est impuissante face aux sentiments.
Il y en a un parmi les intervenants, qui nous parle de la prétendue spoliation de la perfide Madrid.
Des réponses point par point on démonté ces arguments, dernièrement l'ancien ministre catalan Josep Borell a publié un bouquin sur le sujet. Mais ça ne sert à rien la position de pauvre victime, par une des régions LES MIEUX TRAITEES PAR LE FRANQUISME et qui reste avec un des plus forts PIB d'Espagne, est trop confortable.

Un autre nous parle d'une affaire remontant au 17eme siécle, mais il se passe par dessus la jambe l'attitude des catalans face à Napoleon qui subit en Catalogne le plus fort mouvement de guerrilla d'Espagne.
Les nationalistes catalans ont effacé de leur mémoire, comme de leurs livres d'histoire la république catalane que Napoleon proclama indépendante en 1810. C'est un événement qui n'alimente pas le victimisme, donc pour eux, ça n'a pas existé.
a écrit le 30/10/2015 à 23:22 :
Arthur Mas est un agent Américain traitre à l'Espagne. Ses financements en provenance des fondations Ford et Rockefeller qui lui ont permis de se lancer en politique sont bien connus des gens informés. Après avoir réformé les programmes scolaires, comme la forte autonomie de la constitution Espagnole l'y autorisait et effectué une multitude d'actions sournoises et démagogiques pour monter la population de Catalogne contre le reste des Espagnols, il s'est mis à agir à l'encontre de la constitution Espagnole de façon de plus en plus régulière et sans vergogne pour parvenir à son but en tant qu'agent Américain: la balkanisation de l'Espagne en Euro-régions dépourvues de souveraineté et de possibilité de disposer réellement d'elles-même dans le cadre des institutions "Européennes" échafaudées par les Américains depuis leur "installation" sur le continent en 1945. Le modèle pour effectuer la balkanisation des états-nations est celui de l'Europe ethnique imaginée par les nazis pour permettre au Reich de vivre 1000 ans. Le grand criminel de guerre William Clinton se réjouissait déjà d'avoir enclenché le processus en 1999 en recevant son prix "Charlemagne" pour avoir œuvré pour la "construction Européenne" en détruisant la Yougoslavie multi-ethnique.
Si vous cherchez la Balkanisation, vous écoperez d'une guerre à la Yougoslave, il faut que vous en soyez très conscient amis séparatistes ethno-racialistes: l'armée Espagnole a d'hors et déjà annoncé quelle défendrait l'intégrité territoriale de la nation contre les traitres à n'importe quel prix. Et j'ajouterai bien volontiers qu'en tant que partenaires dans une organisation fasciste nommé l'OTAN qui s'engage à défendre l'intégrité territoriale des états-membres sans conditions comme si c'était la leur, les Français se devront de prêter assistance à leurs collègues Espagnols. L'Amérique Nazie pourra bien nous jouer tout le pil-poul qu'elle a envie, les gens sont en train de se réveiller et de comprendre que la "construction Européenne" n'est qu'une stratégie pour renforcer sa domination, son occupation et sa spoliation du continent Européen en vue d'atteindre l'hégémonie mondiale et d'imposer sa tyrannie sur l'ensemble de l'humanité. Quand les gens seront majoritairement conscient de qui est le vrai ennemi et de ce qu'il est vraiment, ils rejetteront en bloc tout ce qui vient d'outre-Atlantique et se rappelleront à jamais comment s'est fondé ce pays tyrannique qui donne des leçons à la terre entière: sur génocide des peuples indigènes qui vivaient sur le continent Américain, sur le pire génocide de l'Histoire de l'Humanité.
a écrit le 30/10/2015 à 20:09 :
l'indépendantisme catalan a les mêmes ingrédients profondément égoïstes que ceux de la Lombardie ou de la Flandre : la région riche qui ne veut plus payer pour le reste du pays...
Réponse de le 30/10/2015 à 22:19 :
Bruno ne comprend pas ce qui se passe.
Les catalans ne sont pas des milliardaires,par contre leurs impôts engraissent bien les grosses banques et les grands propriétaires terriens.
Ou est passé l'argent des subventions versées par la ´Europe a l'Espagne depuis 30 ans ? Si la solidarité fonctionnait il n'y aurait pas 35 % de chômeur en Andalousie comme il y a 30 ans
Beaucoup de gens vivent avec 700€ par mois.
Ou est donsc passé l'argent
L'argument de la solidarité est une tarte à la crème pour décrédibiliser les catalans.
Réponse de le 01/11/2015 à 22:11 :
je sais pas cet quoi leur histoire mais il on surement raison regarder nous la Savoie n'a jamais été francaise l'onu n'a jamais voulu signer donc la preuve quon est pas francais alors pourquoi ce sale pays vien nous voler c'est normal que les catlan ne pye pas la misere espagnole comme nous on ne devrait pas payer pour cette sale france !
a écrit le 30/10/2015 à 18:38 :
Je félicite tout d'abord La Tribune pour la qualité de ses articles sur la Catalogne !!! je voudrais simplement dire que depuis 301 ans , la Catalogne n'a jamais jamais jamais renoncé à son indépendance, ce n'est pas une question toute récente de région riche et régions pauvres, elle s'est battue chaque 50 ans environ , le plus souvent les armes à la main, pour son indépendance , la France aurait abandonné au bout de combien d'année face à l'Allemagne??? J'espère qu'elle aurait résisté tout autant !!!!
a écrit le 30/10/2015 à 9:45 :
R.Godin a longueur d'années nous sert la propagande nationaliste. Pourquoi ne nous fait il pas part de l'opinion des catalans, qui ne sont pas partisans de nouvelles frontières en Europe? il y a pourtant des gens très respectables parmis eux. Et ils ont des arguments plus sérieux.

Que les régions les plus riches d'un pays posent des frontières pour leurs impôts, mais pas pour leurs produits, avec leurs voisins,et en espérant bêtement que les autres communautés autonomes espagnoles vont poursuivre avec la même synergie.

C'est ça se dire de gauche M. Godin?

Et Godin pense, qu'un gouvernement européen responsable, va soutenir un tel monument de cupidité.
Réponse de le 30/10/2015 à 20:07 :
c'est relativement simple, malgré ses réussites économiques, le pouvoir central espagnol est de droite, tout ce qui peut le mettre dans l'embarras est donc bon à prendre, fût-ce le nationalisme catalan. Peu importe que l'attelage indépendantiste soit totalement hétéroclite et donc éclatera tôt ou tard en vol. Le mieux serait qu'un référendum d'autodétermination soit maintenant organisé au plus vite pour crever cet abcès.
a écrit le 29/10/2015 à 8:56 :
et ? qui fait les virements bancaires pour payer les fonctionnaires catalans ?
et ? quid de l"armée catalane ?
et , ne perdez pas de vue que , si déjà , en Catalogne , les independantistes ne sont pas majoritaires en voix , dans tout le reste du pays , les espagols en ont RAS le BOL
des catalans ...
Réponse de le 29/10/2015 à 17:48 :
Si vous en avez ras le bol, vous avez seulement à lâcher prise. Point final.
Réponse de le 30/10/2015 à 22:23 :
Et les français en ont marres de payer pour des espagnols intransigeants ,butés et arrogants qui se croient la plus grande"nation duel Mundo"...
Vive l'Europe des 6.
a écrit le 29/10/2015 à 6:54 :
La Bretagne des cinq départements historiques, prise, hors démocratie, par La France par un Mariage !! d'un Homme Français, et d'une Femme Bretonne, à l'insue du Peuple BRETON devrait aller petit à petit, et progressivement dans ce sens.
Réponse de le 29/10/2015 à 17:12 :
t'en est encore là...!!!! et pourquoi pas recréer les anciennes trois gaules?
a écrit le 28/10/2015 à 17:38 :
En tant que pays indépendant, ils vont adopter quelle monnaie le temps de respecter les critères que l'Europe demande afin d'intégrer la zone euro (monnaie) dans quelques années ?
Quels accords pour les retraités du moment, payés par l'Espagne ? A l'amiable ? Etc...
a écrit le 28/10/2015 à 17:27 :
"Pusilanimité" prend 2 L. Pusillanimité. Cuistre n'en prends pas.
a écrit le 28/10/2015 à 16:53 :
Je crains qu'une grande partie de la Catalogne, peuple traditionnellement pro-européen, ne devienne eurosceptique en constatant l'inefficacité, pour ne pas dire le mépris, de l'UE face à ce problème. Pour une fois qu'une revendication territoriale se fait de façon pacifique et démocratique, l'Europe va encore perdre l'opportunité de jouer son rôle politique de médiateur afin d'éviter que la situation ne se dégrade, avec des conséquences imprévisibles.
Réponse de le 29/10/2015 à 17:17 :
comment peut on être pro européen et vouloir plus de frontière, le projet européen c'est créer un espace unique une seule entité avec les même valeurs et pas une mosaïque interminable de micro états....
a écrit le 28/10/2015 à 16:29 :
Le parlement catalan, dans son statut prévoit qu'on ne peut modifier la constitution régionale, sans l'accord des deux tiers de l'assemblée. Considérant que les lois même qu'ils se sont imposés n'ont pas à être respectées, j'ai décidé de ne pas payer une amende que je me suis prise à la mi-septembre à la sortir nord de Barcelone.
a écrit le 28/10/2015 à 15:51 :
Comment ? C'est possible que des peuples des bordures exterieurs veulent se detacher du noyau central ?
Ecosse ? Crimee ?
Les corrompus centralisateurs refusent que les peuples decident pour eux-meme....
a écrit le 28/10/2015 à 15:40 :
Je trouve normale que les Catalans demandent leur indépendance
Je pense qu'après d'autres pays vont suivre exemple en France Corse Bretagne Les Basques etc.
Les empires tombes peu à peu :) très très bonnes nouvelles
Bravo aux Catalans
Réponse de le 28/10/2015 à 18:39 :
Après ce sera le tour de l'île de France sans le 93 bien sûr.
Réponse de le 28/10/2015 à 20:38 :
Ah ok. Certain(e)s travaillent à la mort d'un pays, et ça te réjouit ?
C'est honteux. Tout simplement honteux.
a écrit le 28/10/2015 à 15:19 :
En Ukraine les européïstes interviennent pour faire basculer le pays, contre l'avis d'une large partie de sa population, vers une concentration à direction indéfinie; dans le monde on bombarde ceux dont on pense qu'ils ne sont pas bien; en Catalogne on se tait. On voit bien ici l'application d'une idéologie subversive... à l'extérieur mais dictatoriale à l'intérieur. La question morale n'est pas le sujet, en Chine on traite sans émoi avec des dictateurs criminels. La question est vieille comme le monde : celle du droit d'être pour chaque population. Le constat est que cette perception est à géométrie très variable.
a écrit le 28/10/2015 à 15:19 :
En Ukraine les européïstes interviennent pour faire basculer le pays, contre l'avis d'une large partie de sa population, vers une concentration à direction indéfinie; dans le monde on bombarde ceux dont on pense qu'ils ne sont pas bien; en Catalogne on se tait. On voit bien ici l'application d'une idéologie subversive... à l'extérieur mais dictatoriale à l'intérieur. La question morale n'est pas le sujet, en Chine on traite sans émoi avec des dictateurs criminels. La question est vieille comme le monde : celle du droit d'être pour chaque population. Le constat est que cette perception est à géométrie très variable.
a écrit le 28/10/2015 à 12:33 :
Malheureusement, en France, vous ne savez pas comment nous sommes arrivés à cette situation qui prend de brassage depuis le jugement contre, en 2010, la Cour constitutionnelle, le statut de la Catalogne, approuvé par le Parlement catalan et confirmé par les Cortes espagnol. Le mouvement indépendantiste catalan est paisible, jamais ethnique ou fasciste, ou exclusive. Dans la nationalité catalan, il a toujours été un désir de nous gouverner, non pas parce que nous sommes mieux ou pire que tout autre pays, juste pour le droit d'être. Seulement, il a été en mesure de prévenir, de l'Etat espagnol par la force. Mais pour vous, les Français, l'Espagne est quelque chose comme le début de l'Afrique du sud sans beaucoup d'importance. Corridas, la paella et sangria. Le fait que l'Etat espagnol à adresser au Parlement catalan avec mépris, nous sommes scandalisés. Sans surprise, la Generalitat, l'institution catalane de l'autonomie gouvernementale a été créée au XIIIe siècle et le président actuel est 129. Si peu de l'Espagne peut nous donner des leçons sur la démocratie
Réponse de le 28/10/2015 à 13:00 :
Le comportement du gouvernement central espagnol est finalement identique a celui de Paris sur des regions comme la Bretagne, la Savoie, l'Alsace ou la Corse : mepris et domination.
Réponse de le 28/10/2015 à 13:07 :
on peut dire plus fort et on ne peut pas dire plus claire, je souhaite beaucoup de chance à nos frères catalans dans ce nouveau avenir, en fin en démocratie, endavant!
Réponse de le 28/10/2015 à 20:44 :
Gardez vos délires séparatistes pour vous, Steph.
La France est, et restera, UNE ET INDIVISIBLE.
Et si ça ne plaît pas aux traîtres dans votre genre, tant pis.
Vous êtes seuls en France, ultra-minoritaires, même.
Réponse de le 29/10/2015 à 17:28 :
t'en est encore là...!!!! et pourquoi pas recréer les anciennes trois gaules?
a écrit le 28/10/2015 à 12:32 :
Pourquoi veut-on briser des peuples qui veulent reprendre leur identité et s'auto-déterminer . L'U.E. mal partie encore .
a écrit le 28/10/2015 à 12:05 :
Prenons du recul.
Est-ce que cela va changer la face du monde ?
Pour aller plus loin, si l'Ecosse veut sortir du RU et/ou si le RU veut sortir de l'Europe, cela ne changera pas grand chose non plus. Je suppose (je n'en suis pas certain) qu'on remettra en vigueur des barrières douanières, cela fera des papiers en plus pour s'installer et pour aller et venir: cela sera plus compliqué.
L'Europe a vécu d'autres traumatismes....
Cordialement
Réponse de le 28/10/2015 à 12:20 :
Les Catalans souhaitant rester en Europe, il ne devrait pas y avoir de barrière douanière. Une frontière en plus entre Madrid et Barcelone, c'est aussi une frontière en moins entre Paris et Barcelone, Londres et Barcelone, Berlin et Barcelone, Bruxelles et Barcelone, etc. Plus besoin de passer par Madrid.
a écrit le 28/10/2015 à 11:54 :
Par l'entré de l'Espagne dans l'UE et l'euro, celle-ci c'est soumise a la politique régionaliste de Bruxelles et donc a sa propre décomposition et disparition en tant qu'Etat-Nation!
Réponse de le 28/10/2015 à 12:27 :
On peut voir les choses différemment. L'Etat "national" espagnol sortirait renforcé, en tant que tel, à la suite de l'indépendance de la Catalogne puisque son caractère plurinational (celui qu'il a actuellement et que déguisent parfois les expressions comme "nation de nations" ou les références aux "nationalités" et "régions" de l'article 2 de la Constitution) serait amoindri.
a écrit le 28/10/2015 à 11:43 :
Aberrant et dangeureux. A l'heure de la mondialisation on en revient aux régionalisme. Le nombrilisme de la plupart et la soif de pouvoir d'une minorité me fera toujours halluciner.
Donc, non à l'indépendance, oui a un état fort et tant pis pour ceux qui veulent faire revivre 36 à l'Espagne.
Réponse de le 28/10/2015 à 12:32 :
Etes-vous sûr de votre lucidité? Quelles connaissances avez-vous du sujet dont vous parlez? Savez-vous, par exemple, que, dès 1641 le Catalans ont proclamé une République catalane qui n'a pus être réprimée que par la force des armes?
Réponse de le 28/10/2015 à 14:55 :
Tout à fait d'accord. Oui à un état fort. Je propose que la France devienne un lander allemand et que l'on se mette tous à parler allemand, ou anglais si on choisit de faire part d'un autre état fort. Non aux langues régionales comme le français, que pratiquement plus personne n'apprend en Europe.
a écrit le 28/10/2015 à 11:26 :
Le plus simple aurait été un référendum sur l'indépendance comme en Ecosse. Les choses aurait été fixées une bonne fois pour toutes.
Et rien n'indique que le OUI aurait gagné.... Les indépendantistes sont souvent bruyants ou hystériques, mais ils sont presque toujours minoritaires.
a écrit le 28/10/2015 à 9:43 :
Godin, dans son délire anti-européen, sautera sur tout ce qui peut mettre en danger l'UE.

A voir combien de temps encore il arrivera à se faire passer pour un journaliste.
Réponse de le 28/10/2015 à 12:16 :
Savez-vous ce que signifient les mots "lien social psychosé"? Ils se réfèrent notamment au système d'évidences dans lequel vous êtes pris et qui vous empêchent de voir les réalités pour ce qu'elles sont. Il n'y a rien d'anti-européen dans la démarche catalane et il est exact que, si l'Europe joue son rôle, elle permettra une solution démocratique de l'affrontement entre une Espagne pan-castillane qui n'a pas su laisser de place à la Catalogne et ce dernier pays. Longtemps les nationalistes catalans ont rêvé d'une Espagne dans laquelle leur pays pourrait trouver sa place. Il leur est apparu, en 2010, que ce n'était pas possible. Depuis seuls les ingénus ou les hypocrites parlent d'une "troisième voie" qui permettrait d'éviter le conflit. Ce sont les nationalistes de l'Espagne pan-castillane qui ont créé ce conflit en s'attaquant au Statut voté en 2006 par le parlement espagnol et approuvé par référendum par le peuple catalan.
Réponse de le 28/10/2015 à 14:05 :
L'Europe jouera son rôle dans cette querelle de cloches et de mesquineries régionalistes aiguës.

Est-ce que ce sera le rôle que Godin & al veulent, dans leurs petits rêves humides, qu'elle joue, c'est une autre histoire. Je peux même m'avancer et dire que ce ne sera pas le cas.

Et vu l'attitude générale de Godin & al sur le sujet de l'Europe, j'ai envie de dire que c'est plutôt bon signe.

Non, je ne savais pas ce que "lien social psychosé" signifie, merci de m'avoir éclairé. Je peux dire un mot sur le système d'évidences dans lequel vous êtes vous-même pris ?

Rassurez vous, je m'en fous.
a écrit le 28/10/2015 à 9:19 :
Et la France va-t-elle rester de quel coté : avec les Catalans ou avec les Espagnols ? ou alors sur le mur pour avoir le beurre et l'argent du beurre, comme d'hab ?…..
a écrit le 28/10/2015 à 8:48 :
si comme les catalans nous laissions "grever" les citoyens du pas de Calais ou de Montpellier ou La pauvreté est plus forte au nord et au sud de la France. NON nous nous sommes citoyens FRANCAIS. les Catalans sont des égoïstes et en plus si nous parlions de la dette vis à vis du pays Espagnol
Réponse de le 28/10/2015 à 11:22 :
ha vous trouvez normal que la pression des impots
soit plus forte pour les catalans que pour le reste du pays
c'est comme en France l'etat colecte des impots
et puis ne reverse pas aux commune ce qui ete prevu
et au final on paye deux fois d'un cote les impots ne baisse pas de l'autre les communes et les regions augmente leur part
qui se moque des contribuables
a écrit le 28/10/2015 à 8:25 :
Pr une foi je suis bien d´accord avec Monsieur Godin. Le peuple catalan a bien le droit a l´autodetermination. Que cela plaise ou pas. Ce droit est lie aux droits des peuples et aucun etat ne peut les en priver.
a écrit le 28/10/2015 à 7:48 :
On voudrait de la solidarité entre êtats de l UE quand il n y en a même pas entre régions du même pays !!!!!
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a écrit le 28/10/2015 à 7:30 :
M. Godin continue à appeler les institutions européennes à soutenir les indépendantistes catalans, à menacer l'Espagne de sanctions d'après l'article 7 des traités européens si elle n'ouvre pas les négociations avec les indépendantistes catalans sur les conditions de cette indépendance. Il serait irresponsable de la part des autres pays membres de se mêler de cette affaire interne à l'Espagne. L'Europe a des problèmes plus importants à régler que cette crise artificielle créer par des enfants gâtés qui se sont lancés dans l'aventure séparatiste pour des motifs purement politiciens. L'Europe fait face à des questions qui menacent son intégrité, les indépendantistes régionaux sont l'une d'entres elles mais loin derrière la crise des migrants , le référendum britannique ou la stagnation économique de la zone euro.
Les catalans en refusant de rester en Espagne principalement pour ne plus payer leur part du budget de Madrid ( ils ont déjà obtenus tous les autres attributs de l'indépendance) adressent aux autres régions d'Europe un message qui peut potentiellement détruire le minimum nécessaire de solidarité entre les états membres et dans chaque état entre les régions riches et pauvres.
Comment, en simplifiant, demander à l'Allemagne d'aider la Grèce et demain d'autres pays en acceptant une remise sur les dettes ou une relance de l'économie si en même temps la Catalogne refuse de soutenir à minima l'Andalousie ?
Il est intéressant de voir que les mêmes qui trouvent que l'Europe se mêle de trop de sujets nationaux trouvent nécessaire que l'Europe s'implique dans cette affaire. l'Espagne doit absolument gérer elle même cette crise institutionnelle qui jusqu'à preuve du contraire ne menace pas la vie des catalans et ne jette pas sur les routes des millions de réfugiés. Laissons les pays membres de l'union gérer les relations entre leur régions sans intervenir d'un côté ou de l'autre.
Ce genre de crise peut déraper si les extrémistes se sentent soutenu et la seule fois où l'Europe s'est mêlée, avec le Kosovo et la Serbie, de soutenir une volonté d'indépendance dans un état européen, qui n'était d'ailleurs pas membre de l'union, les choses ont très mal tournées et le Kosovo est aujourd'hui un état mafieux ou les extrémistes musulmans prospèrent. La sagesse doit nous pousser à rester calme dans cette affaire et à oublier les appels de M. Godin a se mêler de cette affaire comme si l'Espagne avait besoin d'une leçon de démocratie de sa part.
Réponse de le 28/10/2015 à 12:46 :
Autrement dit, laissons l'Espagne pan-castillane, gérer l'héritage du franquisme. Dans la logique de ce que nous fait en 1936.
Réponse de le 28/10/2015 à 13:32 :
Le sieur Jack, ci-dessous, ne fait que de la propagande pour l'état espagnol. Il fausse complètement la réalité. La Catalogne ne se sépare pas par insolidarité. Elle est plus que solidaire, pillée par l'état espagnol depuis les années 80. Si c'était pour l'argent, la montée de l'indépendantisme aurait eu lieu dès les années 80.

Au fait, voulez-vous en savoir plus sur ce pillage? Depuis 30 ans la Catalogne verse à l'Espagne un montant NET équivalent en moyenne à 9% de son PIB, soit environ 16 millards €. Sur 30 ans la Catalogne à versé environ 300 millards € NETS à l'Espagne, ce qui équivaut à 3-4 Plans Marshall. Ce plan qui alla de 1948 à 1951, pour rebâtir l'Europe après la Seconde Guerre Mondiale, s'éleva à l'équivalent actuel de 80 millards €.

L'Espagne reçoit 3 millards/an nets de l'UE. En fait elle en reçoit 4 mais la Catalogne fait une contribution nette à l'UE de 1 millard €/an. Du coup, les 7,5 millions de Catalans versent à l'Espagne, à eux seuls, tous les ans, 4 fois plus que l'ensemble de l'UE.

Sachez qu'économiquement, l'Espagne pratique un vrai sabotage de la Catalogne dans son effort pour l'affaiblir et parvenir un jour à l'assimiler du point de vue linguistique, culturel, et identitaire. Non seulement l'état espagnol saigne financièrement la Catalogne, mais encore, le gouvernement espagnol fait exprès, en permanence, de ne pas renouveller ou mettre en place les infrastructures les plus stratégiques, comme par exemple le Corridor Méditerranéen, fixé comme l'un des prioritaires par l'UE. L'Espagne empêche la gestion locale et le développement de l'aéroport de Barcelone. Elle ne met pas en place la connexion ferroviaire du réseau de chemins de fer avec le principal port méditetranéen qu'est celui de Barcelone. L'ancien président Aznar avait bradé l'ITER (en construction à Cadarache) en échange du soutien de la France pour l'America's Cup à Valence. La candidature de Barcelone comptait avec bien plus de soutien international que Cadarache, c'était gagné, mais le gouvernment espagnol qui devait confirmer cette candidature avant la votation, l'a laissée tomber. Le gouvernment espagnol enfoui des millards d'€ dans un réseau TGV absolument ruineux, le plus grand au monde après la Chine, mais refuse d'investir dans la maintenance du réseau des trains de commuters dans la région de Barcelone, qui tombent en panne quasiment tous les jours. Je pourrais vous donner des exemples à n'en plus finir. Pire qu'un scandale, c'est une authentique trahison de l'état espagnol à la Catalogne depuis 35 ans.
Cependant, ce n'est pas la raison principale qui a poussé la Catalogne au désespoir et à l'indépendance unilatérale. Il y a d'autres raisons avant l'écomomie. Je vous les énumère:

1) Depuis 1980, première année d'autonomie de la Catalogne depuis 1939, et à l'encontre du "pacte constitutionnel" de 1978, au lieu d'évoluer vers une reconnaissance et normalisation de l'identité nationale, la langue, et le droit au dévelopment autonome de la Catalogne, l'état espagnol a fait exactement l'opposé.

2) Dès 1980, les socialistes et conservateurs espagnols, fortement nationalistes les premiers et carrément franquistes les seconds, n'ont eu cesse d'entrâver le dévelopement de l'autonomie catalane, à force de lois envahissant l'autonomie et de sentences émises par les tribunaux. Il faut savoir qu'en Espagne, le pouvoir judiciaire de la dictature n'a jamais été substitué. Il fonctionne de la même façon et les trois quarts des juges sont des nationalistes espagnols réactionnaires sinon toujours franquistes. En plus, le Tribunal Constitutionnel, en dehors du pouvoir judiciaire, est un tribunal politique, où les magistrats sont à plus de 90% nommés par les nationalistes espagnols du PSOE et du PP, parmi leurs partisans et mêmes leurs militants. L'actuel président du tribunal est militant du PP. Il mentit là dessus lors du processus de sélection, et malgré cela il continue à son poste, soutenu par le reste des magistrats qui devaient prendre la décision à son sujet. Cette instrumentalisation de la justice, à force de sentences restrictives favorables au gouvernment espagnol, a complètement dénaturé la constitution, qui en 1978 permettait d'aller très loin dans le développement de l'autonomie. Aujourd'hui, à cause de la jurisprudence établie, la constitution est en fait revenu en arrière de beaucoup de choses, même développées et bien établies depuis des décennies, comme par exemple l'enseignement publique en catalan.

3) Depuis 1980, la langue catalane, au lieu de protégée comme le veut la constitution, est aggressée de mille façons, si bien qu'elle ne fait que reculer institutionnellement et socialement malgré son enseignement. Tous les moyens sont employés, et ce serait trop long de les énumerer ici.

4) Depuis la fin de la dictature, quasiment tous les médias espagnols pratiquent une campagne d'intoxication systématique, tous les jours, sans merci. La Catalogne est complètement ignorée si ce n'est pour dépeindre ses politiciens comme des démons égoïstes, manipulateurs, malades mentaux qui délirent, corrompus, etc. Si bien que la Catalogne, que la dictature avait cachée aux Espagnols pendant 40 ans mais était plutôt admirée, est devenue aujourd'hui l'objet d'une haine et d'un mépris stupéfiants, irrationnels, et massifs. Les Catalans en tant que tels se font insulter des milliers de fois par jour dans les médias, les réseaux sociaux, etc. Des gens qui sont carrément fascistes ont le toupet d'appeller nazis les Catalans. Il ont même inventé le mot "nazionaliste" à leur égard (comme à celui des Basques, etc.). Lorsque l'avion de German Wings s'est écrasé en Provence, avec la moitié des passagers catalans, les messages sur internet se sont multiplié par centaines, regrettant que tous les passagers n'aient pas été catalans et qu'il ne tombe pas plus d'avions. Si le Barça bat le Real Madrid ou il se passe quoi que ce soit de contrariant pour les nationalistes espagnols, ils se mettent immédiatement à souhaiter la mort des Catalans, à regretter que Franco n'en ai pas fini avec eux, etc.

5) Une raison principale des Catalans pour redevenir un état souverain (comme elle fut depuis le Xe jusqu'au début du XVIIIe siècle) est donc une question de dignité. Les Espagnols sont allés beaucoup trop loin, beaucoup trop souvent, et beaucoup plus longtemps qu'il n'est supportable. Ils peuvent venir nous écraser avec leurs tanks si ça leur dit -et ça leur dit énormément- mais on ne baissera plus la tête. C'est une question de dignité humaine, piétinée depuis les années 70, qui a définitivement outré une majorité de Catalans, mème parmi les plus de 2 millions d'origine espagnole, immigrés, fils ou petits fils d''immigrés il y a 30, 40 ou 50 ans.

6) Une raison principale aussi pour les indépendantistes (et pour les souverainistes non indépendantistes) est l'infime qualité de la démocratie espagnole. Non seulement le gros de la population manque d'un minimum de culture démocratique, mais ce qui est pire c'est que cela inclue la plupart des leaders politiques et gouvernants espagnols, ainsi qu'une grande partie du pouvoir judiciaire. L'indépendance du pouvoir judiciaire en Espagne est une farce, elle n'existe pas. Le gouvernement espagnol, si parfois il reçoit des sentences défavorables, et favorables aux gouvernements catalans, il se passe tout bonnement de les mettre en application. Le gouvernment et l'assemblée nationale espagnole n'ont aucun, mais aucun, respect pour les minorités (un élément essentiel de la démocratie). L'Espagne se veut un état de droit mais ne l'est pas. On a fait croire aux Espagnols que l'essence de la démocratie c'est ce qu'ils appellent "imperio de la ley", c'est à dire la stricte obéissance à la loi et son imposition par la force. Au lieu de comprendre que la loi est au service du peuple et de la démocratie, ils inversent les termes, faisant les lois ad hoc, profitant de majorités parlementaires, ou par décret, et exigent qu'elles soient suivies au nom de la démocratie alors que'elles vont à son encontre.

En Catalogne une vraie renaissance de l'esprit démocratique se développe depuis il y a dix ans. La plupart des citoyens catalans entendent agir en vrais citoyens, et non pas se borner à faire le choix tous les quattre ans parmi des "représentants" choisis par d'autres au préalable. La société catalane a pris conscience de façon aigüe qu'en démocratie les citoyens ont le droit de décider collectivement ce qui les regarde. Les Catalans ont toujours été une nation et n'ont jamais renoncé au droit de décider leur avenir collectif. Maintenant l'heure est venue de l'exercer, comme une question de survie. Les Catalans n'étaient pas encore différents d'autres peuples occidentaux il y a dix ans, en termes d'esprit de participation démocratique. Mais depuis lors, un sentiment profond d'impuissance et d'absurdité face au despotisme espagnol, le désespoir, les a menés à une sorte de paroxysme de conscience démocratique, radicale, qui puise aux sources mêmes de la pensée démocratique. C'est ainsi que le concept du droit de décision s'est développé et répandu en tache d'huile. C'est à dire l'idée que l'essence de la démocratie c'est l'accord communautaire de prendre ensemble, par majorité, les décisions concernant l'ensemble de la population. Les gens tout simplement se réunissent et s'accordent pour discuter et prendre ensemble des décisions collectives. L'exercice du droit à l'autodetermination n'est que l'application du principe démocratique à l'organisation politique de la communauté, de la nation. Et les Catalans entendent aujourd'hui appliquer ce principe démocratique à beaucoup plus qu'à leur organisation en état souverain. Ils entendent participer beaucoup plus aux décisions politiques, ou les prendre directement, dans tout domaine jugé nécessaire par un nombre suffisant d'entre eux.

7) Pourquoi cet enthousiasme démocratique soudain? D'abord il faut se dire que la tradition démocratique de la Catalogne remonte plus en arrière que celle de l'Angleterre. Les notions de liberté, de souveraineté, de société qui prend ses décisions dans l'ordre d'assemblées de citoyens, est ancrée dans la culture catalane. Ça remonte aux assembléés de Paix et Trêve du XIe siècle. Ensuite, c'est aussi le choc de constater que pendant 35 ans, l'état espagnol n'a fait qu'empècher aux Catalans de développer une démocratie et une société bien plus avancées, une société plus libre, juste, éclairée, aisée, innovatrice, solidaire et engagée au niveau international, améliorant l'enseignement et misant bien plus sure la R&D. Les Catalans ont l'intime conviction de pouvoir faire mieux et de savoir comment s'y prendre. Ils ont la conviction qu'ils pourraient bâtir une société meilleure, qu'ils en ont le droit, et ont la volonté de le faire en pays indépendant puisque l'Espagne ne fait que les en empècher.

8) L'Espagne souffre d'un problème culturel, historique, intraitable. Il s'est développé pendant le XVIIe siècle, lors de l'essor maximum de son empire. La Castille, à ce moment là de loin plus puissante que n'importe quelle autre nation de la Péninsule, a décidé de construire un royaume comme la France. L'Espagne, jusque là un terme purement géographique, serait une sorte de Castille élargie au dépens de tous ses voisins, uniforme, de langue castillane et soumise à un monarque absolu par les mêmes lois dans tout le territoire. Les Castillans se sont arrrêtés de parler de la Castille et mis à parler de l'Espagne, comme d'une nation qui tournerait complètement autour de la Castille au début, jusqu'à devenir homogène à terme. La Castille s'est appropriée du nom de l'Espagne et s'y est identifiée, mais elle a vu trop grand. Les pôles cuturels, commerciaux et de dévelopment se trouvant ailleurs, en bordure de la mer, la vaste Castille, beaucoup plus rurale et démunie politiquement, a échoué dans son programme de colonisation de la Péninsule. L'état espagnol est jacobin mais traditionnellement faible. Il insiste, car il n'est pas là pour servir les citoyens mais pour s'en servir. Le grave problème de l'Espagne, mis à part sa corruption jusqu'à la moelle, est ce qu'il faut appeler un pays tenu en hotage par son élite étatocratique. Depuis toujours, mais spécialement ces dernières 35 années. Ce sont les mêmes familles qui en profitent depuis des siècles. Quelques miliers de familles, presque exclusiment de langue castillane (mieux connue sous le nom d'espagnol), vivent au dépens de l'état grâce aux pistons. Au milieu de cette relativement petite société, se trouve la caste des militaires, la plus endogamique et moins démocratique. Dans l'armée presque tous les offciers sont fils, frères, neveux, pères, époux, oncles, grand parents, petits fils, arrière-arrière-arrière petits fils à la ennième. La plupart sont parentèle des mlitaires fascistes soulevés en 1936, qui ganèrent la guerre
a écrit le 28/10/2015 à 7:04 :
M. Rajoy devrai expliquer aux catalan qu'il pourrai aider à exclure le barça de la ligue espagnole, ce qui coulerai purement et simplement le club.

Après, il est intéressant de voire que l'austérité, engendré par l'Europe, pousse une région à quitter son pays. C'est complètement absurde. D'autant plus s'ils veulent, apparemment, rester dans l'UE. Quand les catalan se font battre, ils enlèvent leur pull pour mieux sentir les coup de bâtons.

Il est plutôt évident que Podemos ne prenne pas par à ce replis et a l’abandon des autres espagnoles. La politique du chacun pour soit n'est pas dans leurs gènes.
Réponse de le 30/10/2015 à 22:34 :
L'Espagne est un pays ingérable.
Ils ne connaissent qu'un seul argument: la force
Leur arrogance et leur mépris envers les petits peuples,catalans ,Basques en est une preuve.
L'objectif du PP est non plus les écraser avec l'armée ,mais les asphyxier lentement au niveau économique et culturel.
Le grand nettoyage ethnique a commencé avec Rajoy.
Les indépendantistes catalans savent qu'ils peuvent s'entendre avec le PSOE ,mais le PSOE à la trouille du PP et de l'armée.
a écrit le 28/10/2015 à 1:53 :
Une stratégie de fond de Bruxelles et de Washington, l'éclatement des états.
Diviser pour mieux reigner.
Si la catalogne réussie, je donne pas cher de certains états membre. Tout cela est bien triste.
Réponse de le 28/10/2015 à 12:41 :
Absurde!
Réponse de le 28/10/2015 à 21:14 :
Si vous croyiez à votre accusation antiaméricaine et antieuropéenne vous feriez preuve de paranoia, mais bien-sûr vous n'y croyez pas.

Vous tenez juste à passer votre petit message visant à faire marcher les nationalistes peureux, en leur faisant croire à la menace de l'éclatement. Il s'agit surtout de réprimer l'autodétermination pacifique et démocratique, parfaitement civilisée de la Catalogne, par le biais de l'hantise de "l'eclatement" de la France ou du Royaume Uni, etc. La même stratégie qui a freiné la reconnaissance des républiques baltes, ainsi que le secours aux républiques ex-yougoslaves massacrées par les nationalistes serbes.

Ces petits trucs n'arrêteront pas le cours de l'histoire mais le rendront à peine plus tortueux et douloureux pour les nations cherchant à se libérer de l'oppression, ou tout simplement à se développer sans bâtons dans les roues d'un pouvoir central dominé par une autre nation au sein du même état.

Vous parlez de diviser pour régner... Et bien c'est exactement ce que fait l'Espagne: elle divise les divers territoires de langue catalane, et s'efforce même de diviser la société dans chacun de ces territoires, profitant du fait que 2-3 millons de citoyens dans ces territoires sont d'origine espagnole, de langue espagnole.

L'Espagne s'efforce depuis des décennies de faire croire aux populations des Iles Baléares, du Pays Valencien et de l'Aragon oriental qu'elle parlent des langues différentes du Catalan, ce qui est scientifquement non seulement faux absolument mais encore extravagant.

L'Espagne s'efforce aussi depuis longtemps à faire croire aux citoyens de langue espagnole dans ces territoires, qu'ils sont soumis à une discrimination du fait que l'enseignement publique entraîne l'apprentissage obligatoire de la langue oficielle autochtone, ou en langue autochtone. Elle n'y parvient pas. Pratiquement personne ne suit ce discours malicieux et incendiaire.

L'Espagne, finalement, ses leaders politiques et tous ses médias, s'efforcent depuis la fin de la dictature de présenter "les nationalistes" catalans, basques, etc. comme des racistes, xénophobes, qui inventent leurs histoire et leur identité pour justifier leur égoïsme économique et leur sentiment de supériorité, qui leur font haïr et chercher à détruire l'Espagne, et les rapproche des nationalismes européens des années trente qui ont amené la guerre et l'horreur.

Ceci constitue une inversion totale de la réalité, en utilisant le fait que le mot nationalisme désigne aussi bien les nations impérialistes que les nations cherchant à se libérer de l'impérialisme. C'est exactement comme si des antisémites radicaux cachaient leur antisémitisme en accusant tous les juïfs de radicaux, par exemple de sionistes radicaux, de capitalistes radicaux, d'antichrétiens radicaux, de racistes radicaux, et à la fin de radicaux tout court, entendu comme extrémistes et fanatiques .

C'est trés précisément la monstruosité qui se passe en Espagne depuis les années 70. Pourquoi les politiciens et médias espagnols font cela? Pour trois raisons principales.

La première est que la grande majorité des politiciens et médias de langue espagnole sont carrément franquistes, autoritaires, ou d'origine familiale franquiste et imbibés de la vision impériale franquiste et d'avant, d'une Espagne à l'image de la France, de langue espagnole sur tout le territoire, à une seule et unique identité nationale. Ceci est vrai même pour les leaders du parti socialiste (PSOE).

La seconde raison est qu'en répandant leur infamie ils dressent les Espagnols contre "les nationalismes" périphériques, font appel au nationalisme espagnol impérialiste, rivalisent aux élections de discours le plus espagnoliste et anticatalan possible, et achèvent finalement de gagner plus de votes plus ils surenchérissent, et de créer une paranoia et haine irrationnelles contre la Catalogne. Si bien que la Catalogne, méconnue des Espagnols à la mort de Franco mais admirée pour son dévelopement culturel et industriel, ainsi que pour sa lutte pour la démocratie, est aujourd'hui, 40 ans après, tout aussi méconnue (!) et en outre, profondément haïe, méprisée, et constamment aggressée dans le discours et au quotidien, depuis les institutions espagnoles, dans tous les médias et réseaux sociaux. Et dans quel but font-ils ça depuis les années 70? Tout simplement pour rendre impossible toute négociation et accord politique normal et juste envers la Catalogne, tendant à developper son autonomie comme prévu en 1978, tendant à reconnaître son identité et à protéger sa langue, et à lui permettre de prospérer économiquement. Les Espagnols ne vous le reconnaîtront pas mais ils traInent un vieux complexe d'infériorité depuis la révolution industrielle catalane, manquée ailleurs sauf au Pays Basque, et ils ont l'hantise de tout développement supplémentaire de la Catalogne. Ils s'efforcent de la tenir en échec économiquement dans la croyance que sa décadence finira par affaiblir son identité et permettre de l'assimilier enfin.

Troisième but de cette stratégie de l'intoxication et campagne de la haine: c'est tout bonnement de la propagande de guerre, et très efficace. Du fait de l'incompréhension absolue des Espagnols par rapport à la Catalogne, et de la haine développée, aucune issue de secours comme l'indépendance était envisageable par les Catalans. Toute tentative serait non seulement écrasée avec le soutien, essentiel, des citoyens espagnols, mais encore l'Espagne profiterait pour revenir en arrière plusieurs décennies en un coup, supprimant ou réduisant l'autonomie à ce qu'elle tend lentement depuis le début: une coquille institutionelle vide de pouvoir, sans vraie autonomie financière ni politqiue.

Les gens au pouvoir en Espagne ont permis jusqu'aujourd'hui à l'Armée de rester une institution à 90% endogame et réactionnaire, voire fasciste, ou la quasi totalité des offciers sont parentèle entre eux, fils, petit-fils, neveux etc. des officiers soulevés avec Franco et qui soutinrent un régime fasciste pendant presque 40 ans. Cette armée est imbue de sa mission sacrée de défendre l'unité de la "nation" espagnole par dessus la démocratie. Elle constitue ainsi un mur infranchissable au dos des politiciens qui tienent en échec la Catalogne, s'ils venaient à connaître la défaite politique comme il vient d'arriver en Catalogne, avec une majorité favorable à l'indépendance. les Catalans ont toujours su cela et pour cette raison, tellement tardé à assumer la conclusion qu'ils n'ont rien à faire en Espagne si ce n'est se laisser détruire petit à petit. La Catalogne a perdu sa peur, en montrant sa force dans la rue, pacifiquement, et en ayant pris conscience que se recroqueviller et attendre assurerait sa perte.
Réponse de le 29/10/2015 à 14:58 :
Artur,
Merci pour vos longs commentaires qui apporte un éclairage intéressant à ces événements. Je comprends bien le souhait des indépendantistes, avec les objectifs que vous décrivez (progrès, démocratie, liberté, etc.). Seulement, je ne comprends cette indépendance qu'en tant qu'indépendance TOTALE, c'est à dire dans le cadre d'une Catalogne souveraine et maîtresse de sa monnaie. Or il semble que cette indépendance se fasse dans le cadre de l'UE et de l'euro ! Ce qui me semble totalement contradictoire.
Car vous n'êtes pas sans savoir que l'UE à la main sur tous les secteurs clés d'une nation, impose beaucoup de choses à ses membres via les traités (TUE et TFUE), et vous connaissez sans doute l'estime que porte ses dirigeants à la Démocratie. En gros, il me parait absurde de vouloir se détacher d'un tyran (l'Espagne) pour s'acoquiner avec un autre tyran, lui totalement étranger. C'est, je pense, ce qu'à voulu dire Darkcity, trop succinctement. Je serai curieux d'avoir votre avis sur ce point.

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