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Il était relativement facile de gérer sans douleur le surendettement de l'Etat grec. Toutes les mesures prises pour "aider " la Grèce se révèlent contre-productives. Elles peuvent se résumer dans les sept erreurs analysées ci-après :
Accorder une décote sur la dette grecque. La Grèce a en fait les moyens d'honorer 100% de sa dette. Outre des efforts considérables à réaliser dans la collecte effective des impôts et la nécessité de mettre en oeuvre plus vite et plus fortement un plan de privatisations, la méthode décrite au paragraphe suivant suffisait à résoudre le problème. À l'inverse, l'acceptation d'une décote jette le doute sur l'ensemble de la zone en accréditant l'idée qu'une dette souveraine zone euro (libellée dans la devise de l'émetteur) pouvait ne pas être entièrement honorée.
Ne pas comprendre qu'un prêt nouveau de 50 à la Grèce diminue sa dette globale de 50. Lorsqu'une dette est décotée de 50% sur le marché, prêter 50 à l'émetteur lui permet de racheter pour 50 un montant d'obligations d'État ayant un nominal de 100. Une fois que ce papier est dans les mains de l'émetteur, il peut l'annuler, effaçant ainsi 100 de dette, d'où une diminution globale de son stock de dettes de 50, y compris le nouveau prêt de 50.
Ne pas comprendre que faire acheter sa propre dette par un émetteur fait monter le prix de cette dette et apporte de la CONFIANCE. La Grèce serait ainsi amenée à proposer 36% du pair au lieu de 35, puis 37% et ainsi de suite et les prix remonteraient fortement en direction du pair sans qu'il soit nécessaire d'acheter beaucoup de papiers. Plus les prix montent, plus la confiance revient, moins les investisseurs ont envie de vendre les papiers qu'ils détiennent et plus les prix montent. Le cercle vertueux de la "reflation " des actifs est enclenché.
Faire saigner les banques et accélérer Bâle III. Préférer aux mécanismes de marché décrits ci-dessus une décote "administrative " de 50% aboutit à faire apparaître dans les comptes des banques de lourdes pertes ou provisions qui nécessitent d'être compensées par des augmentations de capital substantielles. Cela revient à préférer la reflation des passifs (coûteuse) à celle des actifs (vertueuse). Dans une crise financière sans précédent comme celle que nous traversons, il serait raisonnable de décider un moratoire sur les évolutions réglementaires. Les autorités ont fait l'inverse. La conséquence ne s'est pas fait attendre : les banques sont en train de vendre massivement les titres souverains détenus en portefeuille, alimentant ainsi les effets néfastes de la contagion.
Décréter que la contagion est interdite. Il était évident que la mise en oeuvre d'une forte décote sur la dette grecque "ouvrirait les appétits ". Ce n'est pas parce qu'on met une pression énorme sur un autre pays pour qu'il accélère son plan d'austérité qu'on éteint le feu de la contagion.
Croire que la Banque centrale européenne (BCE) sera le prêteur en dernier ressort. La BCE n'est pas la banque des Etats, c'est la banque des banques. Les statuts de la BCE lui interdisent de prêter à des Etats. C'est aux banques de le faire. Or on voit au point 4 ci-dessus qu'on n'encourage pas beaucoup les banques en ce sens. La BCE sert ensuite d'appoint autant que nécessaire pour refinancer les banques.
(Première erreur chronologiquement). Avoir conçu le FESF comme une "tontine à l'envers ". Comme chacun sait, une tontine est un système mutualisé d'assurance où chaque assuré verse un capital pour alimenter une caisse commune dont la totalité des actifs revient au dernier survivant. Le FESF est un fonds créé par les dix-sept membres de la zone euro pour venir en aide à celui d'entre eux qui rencontre des difficultés financières passagères. Ainsi, les seize membres les plus vaillants aident le dix-septième. Dès qu'un deuxième pays est affaibli, il n'y a plus que quinze membres pour aider les deux autres et chacun des quinze commence à s'affaiblir à force d'aider les autres, si bien qu'à l'extrême il ne reste plus qu'un pays à devoir aider les seize autres et il en meurt. Suite à ces sept erreurs, comment sortir de la crise actuelle ?
La palette de solutions serait la suivante :
- que les instances européennes annoncent que 100% des dettes souveraines des pays de la zone euro seront remboursés à 100% ;
- accorder aux pays qui en ont besoin la ligne de crédit appropriée. Ces lignes seraient octroyées par le FESF (doté au passage du statut de banque) et d'un pool de banquiers commerciaux fédéré par le FESF (dans le contexte d'un moratoire sur Bâle III). Compte tenu de la puissance financière cumulée de toutes les banques européennes, il n'y a aucunement besoin d'augmenter la taille du FESF tout en mettant "sur la table" des capitaux d'une ampleur telle que les spéculateurs comprendront qu'ils doivent se dépêcher de racheter leurs positions "short" et la crise sera terminée, du moins sa phase la plus aiguë.
Kipo a écrit le 30/11/2011 à 19:34 :
La façon de voir de M. Jimenez est tout à fait intéressante, mais elle repose entièrement sur une hypothèse non formulée : que la Grèce soit capable de ne pas continuer à tricher en dilapidant ce qu'on lui prête comme elle l'a fait dans le passé. S'il s'agissait de Turcs, ça pourrait sans doute marcher. Mais on n'en a pas voulu, des Turcs, on a préféré un tocard pour raisons de christianisme. De surcroît, ce tocard prétend avoir le droit de rester souverain. Il faut vivre avec, maintenant. Ce sera l'assistanat, et ça, nous y sommes habitués. L'ennui, c'est que, outre-Rhin, c'est un peu différent.
FrédéricLN a écrit le 30/11/2011 à 19:22 :
"que les instances européennes annoncent que 100% des dettes souveraines des pays de la zone euro seront remboursés à 100%" Cela permettrait au moins de déclencher un grand éclat de rire mondial, ce qui nous ferait le plus grand bien en cette période. On ne gouverne pas les sociétés par décret ? On rembourse encore moins les dettes par décret !
Les promesses n'engagent que...... a écrit le 30/11/2011 à 18:22 :
Accepter une décote de 50 % était peut-être une erreur, mais ds le cas contraire, il eut fallu que la BCE prête à la Grèce à un taux proche de zéro(prêteur en dernier ressort) tout en imposant les réformes avec une mise sous tutelle, pour faire rentrer l'impôt tout en baissant certaines dépenses improductives. On peut critiquer les banques mais quand vous prêtez à une cigale qui ne fait aucun effort pour dépenser moins, en le sachant pertinemment, et que cette cigale vous dit, "Je ne peux plus vous rembourser..", mettez vous à la place du créancier. Bien sûr, ici, il s' agit de spéculation, la dette grecque rapportait, mais il serait utile de revenir à la base du problème. La grèce a tardé à mettre en oeuvre ses réformes, le sport national consiste à ne pas payer d'impôts, et ce pays a tout fait pour obtenir cette décote. C'est trop facile de vivre à crédit et de ne pas rembourser ses dettes.
xavier-marc a écrit le 30/11/2011 à 17:56 :
Une erreur de base connue par toute personne ayant fait 2heures d'économies, on ne s'endette jamais dans un monnaie étrangère, l'euro n'appartenant à personne, les états de l'eurozone doivent donc être interdit de posséder de la dette. Il faut donc séparer cette dette des états et la résorber à part( payée par une tva européenne, et rendement plafonné à 3% max grâce à la bce), tout en interdisant aux états le déficit.
AAubut a écrit le 30/11/2011 à 15:39 :
D'après moi, les banquiers ont a peu près atteint leur cible en terme de niveau d'endettement. Plus de dette nuirait trop aux économies nationales, donc au profit. Tout ce qu'ils ont a faire maintenant, c'est de maintenir le niveau d?endettement et les taux d?interêt au niveau optimal pour des rentrées d'argent maximales. Il faut juste s'assurer qu'ils ne s'en sortent jamais. Le système parasitaire parfait!!!
GLOUGLOU a écrit le 30/11/2011 à 11:14 :
Pas un jour ne se passe sans devoir supporter les dernières élucubrations des petits amis de la mère Michu... Aujourd'hui, c'est (R)imenez qui incapable de procéder méthodiquement à une recherche en responsabilités exhorte la ménagère de payer rubis sur l'ongle une dette qui ne lui incombe pas. Question à quelques francs CFA : où est passé le trésor de guerre que les multinationales de la distribution en tête ont constitué au passage à l'euro ? (suivez l'Amérique latine, les PECO la Chine) ; où est passé le pactole du budget des JO d'Athènes (suivez les constructeurs de l'extrême et les majors industriels) ; etc.
cording a écrit le 30/11/2011 à 10:41 :
Croire que 10 millions de Grecs pourront rembourser 360 milliards d'euros est une bêtise incommensurable, d'une naïveté insondable alors que le premier plan de "sauvetage" de la Grèce a échoué le second est identique quel aveuglement! De plus les taux d'intérêt exigés par les marchés contribuent à aggraver la situation,de ce fait Les grecs ne font que payer les intérêts de la dette!
EIFFEL a répondu le 30/11/2011 à 11:01 :
Bien d'accord. Il semble que beaucoup d'éminences grises aient perdu de leur intelligence. Cela n'est pas dû à l'âge car les neurones se reconstituent mais probablement à un manque d'exercices intellectuels et physiques couplé à une mauvaise alimentation ou à de mauvaises conditions de vie tel que l'abus d'alcool ou le tabagisme très destructeurs de neurones.
Chris a répondu le 30/11/2011 à 11:34 :
Euh pour les neurones non, ils ne se reconstituent pas; on pars des la naissance avec un stock deéfinitif, au contraite passe 20/25 ans le stock commence a diminuer
EIFFEL a répondu le 30/11/2011 à 18:14 :
Vous n'êtes pa à jour, c'est nouveau, ils se reconstituent !
wpjo a écrit le 30/11/2011 à 09:24 :
"Les statuts de la BCE lui interdisent de prêter". C'est une CONNERIE quand on a accepté pendant DOUZE ans, CONTRE TOUT ce qui a été convenu, que les pays de la zone Euro S'ENDETTENT A MORT. M Jimenez, où étiez-vous quand les Pays-Bas ont dénoncé le non-respect de cet accord en 2003 ? Quand on l'a fermé en 203, vaut peut-être aussi de la fermer en 2011. Sarkozy compris.
lagardère70 a écrit le 30/11/2011 à 07:50 :
Si tous les pays en déficits faisaient rembourser la dette par ceux qui l'on créée abusivement et ceux qui en profitent, le monde entier aurait une plus belle vie devant lui. Il faut vider les coffres forts de tous ces profiteurs.
Licence to live a écrit le 29/11/2011 à 14:57 :
Ce que les banquiers n'ont a priori pas encore saisi c'est que les taux mirifiques des obligations grecques qu'ils ont acquises représentaient le prix du risque (eh oui, on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, les placements les plus rémunérateurs sont les plus risqués surtout à long terme...)
EIFFEL a répondu le 30/11/2011 à 08:32 :
Les banquiers semblent être un peu partout de vrais "boeufs" incapables de faire un peu d'analytique.
Troublion a écrit le 29/11/2011 à 12:41 :
La solution pour la Grèce ne repose pas seulement sur la question de savoir si la Grèce pourra rembourser à plus ou moins long terme en apprenant à gérer et en faisant souffrir le peuple. Contrairement à ce que vous dites, monsieur l'économiste, c'est une bonne chose que les banquiers qui ont prêté abusivement soient eux-aussi sanctionnés afin que cela ne se reproduise plus.
EIFFEL a écrit le 29/11/2011 à 11:40 :
L'article de Christian Jimenez repose sur un théorème de base qu'il énonce : "La Grèce a en fait les moyens d'honorer 100% de sa dette". Cette affirmation semble pourtant contredite par les manifestations populaires récentes. Les moyens seraient-ils aux mains de riches Grecs ? Dans ce cas, il faut le dire et dire aussi qu'il faudra qu'ils paient !
RUBIS a répondu le 29/11/2011 à 20:16 :
Surement EIFFEL qq grecs ont se sont enrichis
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Bastien a écrit le 30/11/2011 à 22:00 :
Il y a tellement d'inepties dans cet article que je ne perdrais pas mon temps à tout lister. Je vous renvoie sur mes commentaires précédents.
Quels a répondu le 01/12/2011 à 12:12 :
Quels commentaires précédents ? Je ne les vois pas...