L'escroquerie fait de plus en plus parler d'elle et met dans l'embarras les grandes banques françaises. Mise en lumière par la retentissante « affaire Sfam », la fraude aux prélèvements bancaires a de quoi faire bondir ses victimes. Ainsi, pendant des années, l'ex-courtier en assurances Sfam (Indexia), mis en liquidation en avril, a prélevé indûment, souvent à leur insu, et en rafale, des milliers de particuliers sur leurs comptes bancaires pour des frais d'assurances accompagnant l'achat d'un appareil multimédia en boutique. Mais alors que ces clients résilient en bonne et due forme ces contrats, beaucoup constatent avec effroi que les prélèvements se poursuivent. Pis, des particuliers qui n'ont jamais communiqué leur numéro de compte (l'IBAN ou International Bank Account Number devenu obligatoire depuis l'instauration du paiement SEPA en 2014) voient aussi leurs économies aspirées par ces prélèvements non autorisés.
« C'est à se demander comment ils (la Sfam) ont obtenu nos données bancaires... », s'interroge l'une des victimes de ces prélèvements. « Comment accède-t-elle aussi facilement aux coordonnées Iban ? Où se trouve la protection des données ? », s'indigne également Brigitte Chapus, qui, en l'espace d'une semaine, (a) constaté en avril quatre prélèvements sur son compte « dont deux qui ont eu lieu après ma demande d'opposition à ma banque (Axa) en raison du délai de trois jours ». Surtout, cette ancienne assistante sociale l'assure : « Je n'ai acheté aucun appareil ces derniers mois » (citant les noms des anciens distributeurs partenaires de la Sfam Ndlr). Elle n'a d'ailleurs pas encore été remboursée des 200 euros prélevés, la banque lui ayant indiqué avoir d'abord autorisé l'opération « par voie électronique » avant de lui préciser : « Nous avons deux mois pour vous rembourser ». « J'attends en juin mon remboursement, si je n'ai rien, je porte plainte contre la Sfam et contre Axa », tempête-t-elle.