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Six ans après la crise, la droite revient au pouvoir en Islande

latribune.fr

Publié le 28 avril 2013 à 13:11 - Mis à jour le 28 avril 2013 à 13:16

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Six ans après la crise, les islandais font revenir le centre droit qui était au pouvoir lorsque la bulle bancaire islandaise a explosé. La défaite de la gauche sonne probablement la fin de la candidature du pays à l'Union européenne.

L'opposition de centre-droit est arrivée nettement en tête des élections législatives samedi, les électeurs sanctionnant la coalition de gauche au pouvoir depuis 2009, selon les résultats définitifs publiés dimanche. Le Parti de l'indépendance (droite), avec 26,7% des voix, a devancé le Parti du progrès (centriste et agrarien), avec 24,3%. Ils obtiennent chacun le même nombre de sièges, 19, les mettant en position de négocier une coalition de gouvernement.

Le poste de Premier ministre a été revendiqué dimanche dans la nuit par le conservateur Bjarni Benediktsson, 43 ans, quand il est apparu que son parti serait en tête. "Le Parti de l'indépendance est rappelé aux responsabilités", s'est-il félicité devant ses partisans. "La situation aujourd'hui appelle au changement".

Le centriste Sigmundur David Gunnlaugsson, 38 ans, se disait prêt à collaborer avec lui. "Nous allons changer l'Islande pour le mieux très rapidement dans les mois et les années à venir", a-t-il lancé. Le choix du Premier ministre revient au président de la République, qui désigne traditionnellement le chef de file du parti vainqueur.

La victoire du centre-droit enterre probablement la candidature de l'Islande à l'Union européenne, lancée en 2009, et à laquelle les deux partis étaient hostiles. Avocat de formation, reconverti en homme d'affaires, M. Benediktsson est parlementaire depuis 2003. Il a su à la fois incarner suffisamment le changement et rassurer l'électorat traditionnel de son parti, conservateur et libéral.

Lui et M. Gunnlaugsson ont infligé une défaite cinglante aux deux partis de gouvernement. L'Alliance (sociaux-démocrates) perd plus de la moitié de sa représentation avec 9 députés (12,9% des voix), tandis que le Mouvement gauche-verts en a 7 (pour 10,9% des suffrages).

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Deux partis novices complètent le Parlement. Avenir radieux (pro-UE) a remporté 6 sièges avec 8,2% des voix. Et le Parti pirate (libertaire) est le premier de son genre que les électeurs propulsent dans un Parlement national, avec 3 députés pour 5,1% des voix.

Les partis vainqueurs ont bénéficié de la lassitude des Islandais après des années de rigueur budgétaire et de difficultés à boucler les fins de mois. La campagne électorale a été dominée par la question de l'endettement des propriétaires immobiliers, problème auquel le centre-droit a promis de s'attaquer tout de suite.

Le Parti de l'indépendance et le Parti du progrès sont habitués à gouverner ensemble. Ils avaient présidé à la libéralisation du secteur financier dans les années 2000, qui avait débouché sur une hypertrophie puis une faillite des banques. Cette fois-ci, ils promettent l'un des baisses d'impôt, l'autre une réduction du poids des emprunts immobiliers.

"Les électeurs ont la mémoire courte", déplorait dimanche Anna Katrin Kristansdottir, électrice de 49 ans, à la sortie d'un bureau de vote de Reykjavik. La nuit a été amère pour les membres de la coalition de gauche, inédite, qu'avaient choisie les Islandais en pleine crise financière en 2009. "Nous perdons à l'évidence beaucoup" de voix, a déclaré le chef de file des sociaux-démocrates, Arni Pall Arnasson. "C'est une grande déception", a reconnu le ministre des Affaires étrangères, Össur Skarphedinsson, social-démocrate europhile.

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Le Premier ministre Johanna Sigurdardottir ne se représentait pas, prenant sa retraite à 70 ans. Après avoir appliqué pendant une bonne partie de son mandat des recettes inspirées par le Fonds monétaire international, qui a prêté à Reykjavik 1,6 milliard d'euros entre 2008 et 2011, elle s'est dite "très triste" de la défaite.

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