La Grèce veut des discussions immédiates avec la troïka

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Dans sa lettre aux pays de la zone euro, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, explique que la Grèce ne veut pas attendre jusqu'à avril pour entamer les discussions.
Dans sa lettre aux pays de la zone euro, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, explique que la Grèce ne veut pas attendre jusqu'à avril pour entamer les discussions. (Crédits : Reuters)
Cette demande marque un assouplissement de la position de la Grèce qui avait jusqu'ici refusé de discuter de la mise en oeuvre des réformes avec la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international.

La Grèce a demandé vendredi dans une lettre aux pays de la zone euro l'ouverture immédiate de discussions techniques avec ses créanciers internationaux à propos d'un premier train de réformes censé lui permettre de recevoir de nouveaux crédits. Cette lettre, qui détaille aussi les réformes que le nouveau gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras se dit prêt à engager, doit être discutée par les ministres des Finances de la zone euro, l'Eurogroupe, lundi lors de leur prochaine réunion à Bruxelles.

"Je vous écris maintenant (...) pour vous transmettre l'opinion du gouvernement grec selon laquelle il est nécessaire d'entamer immédiatement les discussions entre notre équipe technique et celle des institutions", déclare le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, dans une lettre au président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Cette demande marque un assouplissement de la position de la Grèce qui avait jusqu'ici refusé de discuter de la mise en oeuvre des réformes avec la "troïka", les trois institutions qui la supervisent jusqu'ici dans le cadre de ses plans de sauvetage : la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI). La Grèce, qui doit rembourser des prêts dans les prochaines semaines et les prochains mois, est à court d'argent. Elle a un besoin urgent des crédits de la zone euro pour éviter la faillite.

Dans sa lettre - à laquelle le président de l'Eurogroupe, le ministre néerlandais des Finances Jeroen Djisselbloem, a répondu positivement -, Varoufakis propose que les discussions aient lieu à Bruxelles, ce qui éviterait aux yeux du public l'image d'abandon de souveraineté représentée par les visites des représentants de la troïka à Athènes ces cinq dernières années. Les ministres des Finances de la zone euro ont donné au nouveau gouvernement grec jusqu'à la fin avril pour mettre en oeuvre les mesures que le précédent gouvernement conservateur avait acceptées en échange des prêts. Après cela, la Grèce aura deux mois, jusqu'à la fin juin, pour négocier avec ses créanciers la façon dont elle sera financée par la suite.

Dans sa lettre, Varoufakis explique que la Grèce ne veut pas attendre jusqu'à avril pour entamer les discussions et veut que le nouvel accord de financement soit appelé "Contrat pour la reprise et la croissance de l'économie grecque". Il cite sept réformes susceptibles de fournir une base aux discussions techniques avec la troïka.

La Grèce veut notamment activer le Conseil fiscal, une institution dont le principe a été voté mais qui n'a jamais été mise en oeuvre. Cet organisme indépendant serait chargé de suivre la politique de l'Etat en matière de finances publiques. Divers plafonds seraient introduits pour limiter les dépenses de l'Etat. La fraude fiscale étant répandue en Grèce, le ministre des Finances propose d'engager un grand nombre d'inspecteurs non professionnels pour une période de deux mois.

Ces inspecteurs seraient par exemple des étudiants, du personnel de maison ou même des touristes. "La nouvelle même que des milliers de simples observateurs sont partout, portant sur eux du matériel d'enregistrement audio et vidéo pour le compte des autorités fiscales, est susceptible de changer très vite ces pratiques", assure Varoufakis.

Le gouvernement se montre aussi plus réaliste au sujet des arriérés d'impôts dus par les Grecs. Ils se montent à 76 milliards d'euros, selon l'évaluation donnée dans la lettre, dont 23,56 milliards datent d'avant 2009. Mais seulement 8,9 milliards sur ces 76 milliards sont susceptibles d'être récupérés pour l'instant, estime Varoufakis. La Grèce propose aussi de taxer les paris en ligne, de réduire la bureaucratie, mais maintient un budget pour l'aide aux plus pauvres.

Si le gouvernement Tsipras parvient à conclure, c'est-à-dire à mettre en oeuvre les réformes acceptées par le précédent gouvernement conservateur, il pourrait obtenir un prêt d'1,8 milliard d'euros restant sur le plan de sauvetage en cours. Ce plan se monte au total à 240 milliards d'euros. En outre, la Grèce pourrait obtenir le profit de 1,9 milliard d'euros que la BCE a réalisé en achetant des obligations grecques. Enfin, les banques grecques seraient à nouveau autorisées à se financer auprès de la BCE aux conditions du marché.

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a écrit le 08/03/2015 à 13:51 :
Depuis le 25 janvier, tous les matins on nous annonce successivement que le gouvernement grec trahit ses électeurs ou bien que le gouvernement grec est un ramassis de gauchistes inconséquents...il faudrait savoir!!!
Rien de scandaleux là dedans, c'est fin juin que l'on verra au delà d'un accord-pont avec l'UE et l'ensemble des créanciers de quelle trempe est ce gouvernement grec. En attendant ...
a écrit le 07/03/2015 à 23:46 :
Où est la Grèce? Quelqu'un peut-il m'aider? Je voyais que leur President s'appelait Ulysse!
Réponse de le 08/03/2015 à 11:04 :
Et en france, c'est toujours Vercingétorix ?
a écrit le 07/03/2015 à 19:43 :
C'est bon, ils sont rentrés dans le rang. Comme si la dette allait perdre la partie...
a écrit le 07/03/2015 à 18:58 :
Les masques tombent, l’UPR note que le Front de Gauche et le FN ont tout spécialement manifesté leur soutien à Syriza (en gardant délibérément le silence sur les partis politiques grecs – qui existent pourtant bel et bien – demandant la sortie unilatérale de la Grèce de l’Union européenne et de l’euro). Entre leurres français et grecs, on se comprend et on se soutient.

C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner que les médias et les partis politiques français ont accueilli avec déférence et empressement la victoire de M. Tsipras, décrit comme la nouvelle terreur qui va faire trembler l’Union européenne.


Quoi qu’il en soit, les mois qui viennent seront l’occasion, pour le peuple grec, de découvrir l’ampleur de l’escroquerie politique dont ils viennent de nouveau d’être les victimes.

Lorsque les flonflons du cirque médiatique se seront éteints, ils se rendront compte que l’élection de M. Tsipras :

ne modifie pas le moindre article des traités TUE et TFUE,
n’infléchit pas la moindre décision de la Commission européenne et de la BCE,
ne change pas d’un iota la politique économique et monétaire voulue par les gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et du Luxembourg,
ne remédie en rien à la totale inadéquation de l’économie, du tissu industriel, et du corps social grecs à l’euro,
n’arrête en rien la diplomatie guerrière que Washington impose à l’UE vis-à-vis de la Russie et du reste du monde.

Il n'y a pas d'alternative à la sortie de l'Union, de l'euro, de l'otan pour retrouver notre indépendance, les grecs ont été trahis dans leur confiance à SYRIZA promu par Sorros oubliant le parti EPAM médiatiquement occulté qui militait pour la sortie de l'Union, le peuple grecs est abusé, les français le seront-ils plus longtemps encore..?
a écrit le 07/03/2015 à 18:41 :
"Dans sa lettre, Varoufakis propose que les discussions aient lieu à Bruxelles, ce qui éviterait aux yeux du public l'image d'abandon de souveraineté représentée par les visites des représentants de la troïka à Athènes ces cinq dernières années."

L'abandon de souveraineté a eu lieu le jour où tous les pays de l'UE y ont adhéré. Sortons de l'UE le plus vite possible !
a écrit le 07/03/2015 à 18:28 :
Il a rapidement mangé son chapeau ce merveilleux nouveaux gouvernement d'extrême gauche!
a écrit le 07/03/2015 à 17:07 :
Ils faut qu'ils sortent de l'Euro et de l'Europe et qu'ils rejoignent les Chypriotes vers le marché Russe et Chinois c'est leur seule planche de salut, avant l'explosion du système......
Ils n'ont rien a attendre de ces voyous européens.......
a écrit le 07/03/2015 à 15:02 :
Et moi je propose des amendes à tous ceux qui ne respectent pas le code de la route, et c'est une très grande majorité en Grèce. On se gare n'importe où et n'importe comment, et on fait n'importe quoi. Quelqu'un me disait: oui, mais les amendes, les gens n'ont pas les moyens de les payer. Ce à quoi, je réponds: tu deviens civilisé et tu respectes les règles ou tu te débarrasses de ta voiture et tu achètes un âne !!!
Réponse de le 07/03/2015 à 17:03 :
bravo clap clap j'allais le dire pe pensai clap clap
Réponse de le 07/03/2015 à 17:03 :
bravo clap clap j'allais le dire pe pensai clap clap
Réponse de le 07/03/2015 à 17:07 :
10000+++ Un athènien n'aurait plus de point sur son permis en 10h à Paris.
PS je roule depuis 8 ans a Athenes: j'ai tout vu, même vu des voitures en haut des arbres!!!
Réponse de le 08/03/2015 à 11:05 :
Comme c'est curieux : je n'ai toujours pas trouvé un français capable de prendre le volant correctement !
Réponse de le 08/03/2015 à 13:03 :
@@khmer: commentaire de mauvaise foi, car en France, on t'elève des points et ton permis en cas de récidive. Qu'il y ait en France de mauvais conducteurs, sans doute, mais des gens qui ne respectent rien, ni personne comme les Grecs parce qu'ils savent qu'il n'y aura pas de répercussions, j'y crois pas :-)
a écrit le 07/03/2015 à 14:37 :
Notre bande d'adolescents éternels demande en urgence de l'argent à la troïka! Plus d'argent pour les paquets de cigarettes pour enfumer le monde... Il y en suffisamment de mendiants dans les rues des villes françaises.
a écrit le 07/03/2015 à 12:49 :
la Grèce a toujours dit qu'elle veut collaborer avec les institutions, rien qu'avec les institutions (FMI, BCE et Eurogroupe) ce qui n'est ni juridiquement, ni démocratiquement pas la même chose que la "troïka", qui est un groupe de technocrates sans aucune légitimité juridique et démocratique, quelque soit la bonne volonté des personnes qui la compose. Je ne vois pas d'assouplissement ni de changement d'attitude de la part de la République Hellénique.
Réponse de le 07/03/2015 à 14:19 :
La "Troïka" et "les institutions" sont exactement la même chose. Les institutions tant évidemment représentées par des techniciens, comme les Etats du reste dans ce genre de discussion. On peut, si cela vous fait plaisir, les appeler des technocrates, mais cela ne change rien sur le fond.
Réponse de le 07/03/2015 à 14:21 :
Il manque le é à tant, sorry!
a écrit le 07/03/2015 à 12:30 :
La Grece ne veut pas de discussions immédiate. La Grece veut du fric et tout de suite.
Sauve qui peut ! Les caisses sont vides !
Et qu est ce qu on lisait il y a encore une dizaine de jours ? La Grece aurait gagné sa partie de Poker !!!
Varoufakis n a plus le droit aux interviews et ne peut plus rencontrer les partenaires de la Troika sans un surveillant, de peur qu il raconte encore trop de bêtises !
Réponse de le 07/03/2015 à 19:55 :
@pap fox: varou s'en tape, car de toute manière, si ça tourne au vinaigre, il a un passeport australien. La Grèce a besoin de discipline germanique parce que c'est le foutoir total dans ce pays !!!

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