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ÉconomieFrance

Sarkozy veut rassurer les agriculteurs mais froisse les écologistes

latribune.fr

Publié le 07 mars 2010 à 08:15 - Mis à jour le 07 mars 2010 à 08:47

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Nicolas Sarkozy a annoncé samedi au salon de l'Agriculture porter à 150 millions d'euros au lieu des 100 millions initialement prévus, les fonds destinés à aider les agriculteurs les plus endettés. L'enveloppe de prêts bonifiés passe à 1,8 milliard d'euros contre 1 milliard. Il s'est par ailleurs montré sensible à la "pause environnementale " réclamée par les syndicats agricoles suscitant l'émoi des défenseurs de l'environnement.

En visite au salon de l'Agriculture samedi, le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a annoncé augmenter les aides d'urgence dévoilées en octobre dernier pour aider les exploitants à traverser la crise actuelle. Crise, qui pour les agriculteurs, s'est traduite par une chute de 34% de leurs revenus en 2009, après déjà 20% de baisse l'année précédente.

"L'argent sera là pour financer tout ce qui vous permettra de passer le gros de la crise", a-t-il dit lors d'une table ronde avec des représentants des organisations agricoles. Les fonds destinés à aider les agriculteurs les plus endettés s'élèvent désormais à 150 millions d'euros, et non plus 100 millions comme prévu à l'origine.

Nicolas Sarkozy a promis qu'il ferait pour l'agriculture "ce que nous avons essayé de faire quand il y a eu la crise financière". "On a évité l'implosion du système. Je me battrai sur le front mondial et européen avec la même énergie", a-t-il assuré. L'enveloppe de prêts bonifiés d'un milliard d'euros annoncée en octobre pour le soutien à la trésorerie des agriculteurs était augmentée à 1,8 milliard. Se félicitant de ces annonces, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a néanmoins soulignée que la meilleure réponse à la crise serait que "les cours se redressent".

"Pause environnementale"

Les questions d'environnement, "ça commence à bien faire", a lancé le chef de l'Etat samedi, non sans déclencher de vives réactions auprès des écologistes. Sensible à la demande de "pause environnementale" exprimée par les syndicats agricoles en cette période de crise aiguë, le chef de l'Etat a déclaré qu'un groupe de travail allait plancher la semaine prochaine sur la mise en oeuvre des mesures prévues dans le Grenelle de l'environnement. Il aura pour mission de regarder ce qui se fait en la matière chez les partenaires européens de la France, d'évaluer l'impact économique et social des mesures environnementales dans les différentes filières et d'en chiffrer le bénéfice attendu pour la société. Cela pourrait se traduire par un allègement des contraintes écologiques.

"C'est le retour du double langage: on commence par dire qu'on croit à une agriculture durable et quelques secondes plus tard on la démolit. C'est une remise en cause du Grenelle et même une trahison", estime ainsi Lylian Le Goff, expert de la fédération France nature environnement (FNE) pour les questions agricoles et alimentaires. "Sarkozy envoie des signaux aux agriculteurs avant les régionales. Mais opposer environnement et agriculture est tout à fait contraire à l'esprit du Grenelle, qui avait justement voulu les réconcilier", juge Arnaud Gossement, du Réseau Environnement et droit.

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La France a été à plusieurs reprises condamnée par l'Union européenne pour non respect des recommandations sur la qualité des eaux de rivières. En 2008, dans la foulée du Grenelle, le ministère de l'Agriculture avait mis en place le plan Ecophyto qui vise à réduire de moitié, "si possible", l'usage des pesticides en dix ans.

"Au moment où, dans le domaine de l'eau, la France est sévèrement mise en cause pour les retards pris dans l'application des directives relatives à la protection des captages et aux nitrates, la décision de remettre en cause le volet agricole du Grenelle constitue un signal extrêmement négatif envoyé aux autorités européennes", déplore de son côté le porte-parole de l'association, Jean-François Piquot. "Ce recul ignore les engagements européens de la France", poursuit-il dans un communiqué.

Combat sur les prix, PAC, grande distribution, ....

Pour assurer la pérennité d'un secteur qu'il a qualifié de "stratégique" pour la France, Nicolas Sarkozy a réaffirmé la nécessité de mieux réguler l'agriculture. Le chef de l'Etat a indiqué vouloir porter le combat sur les prix au niveau du G20.

S'agissant de la réforme de la Politique agricole commune, prévue à l'horizon 2013, il s'est dit prêt à accepter une baisse de la part des dépenses agricoles dans le budget de l'UE "à condition que l'on fasse de la préférence communautaire". "Il est anormal qu'on continue à importer en Europe des viandes de pays qui n'ont aucune règle de traçabilité", a-t-il donné comme exemple, ajoutant : "On est souple sur la question des subventions mais on sera rigide sur la question de la préférence communautaire et la question des prix".

Pour le marché français, il a invité les producteurs à se regrouper et mieux structurer leurs filières afin de négocier en meilleure position face à la grande distribution. "S'il n'y a pas de regroupement, vous ne pèserez pas dans les discussions", a-t-il prévenu. Il a plaidé également pour la contractualisation des relations entre les agriculteurs et leurs clients, industriels et distributeurs, qui est un des points clés de la dernière loi de modernisation de l'agriculture.

Une visite plus calme que prévu

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Le chef de l'Etat avait attendu l'avant dernier jour du salon pour faire le déplacement Porte de Versailles à Paris, plutôt que le jour de son inauguration le 27 février dernier, provoquant la déception et la colère de professionnels. Arrivé plus tôt que prévu samedi matin, Nicolas Sarkozy a passé deux heures dans les allées du salon pour une visite ponctuée de rencontres avec des exploitants, éleveurs ou producteurs de fruits et légumes.

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