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Affaire Bettencourt : Florence Woerth défend sa bonne foi

latribune.fr

Publié le 23 juin 2010 à 04:21 - Mis à jour le 23 juin 2010 à 04:22

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Florence Woerth, épouse du ministre du Travail, est intervenue à son tour ce mercredi pour se défendre d'avoir couvert l'évasion fiscale admise par l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt. Par ailleurs, le site Internet du Point révèle qu'Eric Woerth a remis en 2008 la légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt.

Florence Woerth a confirmé pour la première fois, dans des entretiens accordés ce mercredi au Parisien et à Europe 1, sa démission dans les jours à venir de son poste chez Clymène, société de gestion d'une partie des biens de la première actionnaire de L'Oréal. "Les révélations récentes (..) ne m'autorisent plus à rester salariée de la société où je suis pour le moment (...) Ce n'est que la suite logique de désaccords réguliers avec (Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt), aggravés par l'annonce de l'existence de comptes à l'étranger", commente-t-elle.

La femme la plus riche de France a confirmé lundi disposer de comptes bancaires à l'étranger et a engagé une équipe d'avocats fiscalistes pour en faire le recensement. Deux actifs, présumés placés en Suisse, ont été reconnus par l'entourage de Liliane Bettencourt, pour un montant de 85 millions d'euros.

Florence Woerth répète qu'elle ne pouvait avoir aucune connaissance de l'évasion fiscale de sa patronne car elle s'occupait du placement des dividendes de ses actions L'Oréal et non de ses comptes privés. "Je ne suis qu'une simple salariée et vous n'imaginez pas à quel point la culture du secret est colossale dans ce genre d'organisation".

Florence Woerth assure par ailleurs que sa nomination en novembre 2007 n'est pas liée à l'arrivée de son mari cinq mois plus tôt au poste de ministre du Budget, comme le laisse entendre Patrice de Maistre dans les enregistrements. Elle explique que c'est dans le cadre de son précédent travail, dans une banque de gestion de patrimoine, qu'elle a été amenée à rencontrer Patrice de Maistre, qui lui a proposé un poste quelques jours plus tard.

"La calomnie fait toujours mal quand on la reçoit mais normalement il en reste, je l'espère, assez peu de choses", dit Florence Woerth, qui ne "pense pas un instant" que son mari soit fragilisé politiquement. "Ce sont ceux qui disent (ces accusations) qui se fragilisent et se décrédibilisent", selon elle.

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Le ministre du Travail, chargé de mener la réforme des retraites, a été conforté mardi par François Fillon lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Je lui suis très redevable, j'ai trouvé qu'il avait parlé avec émotion", a commenté Eric Woerth sur iTélé. Selon lui, les affirmations du Premier ministre sur son absence d'intervention en faveur de Liliane Bettencourt a clos la polémique. "Vous pensez que le Premier ministre dit ca sans avoir vérifié ? Evidemment qu'il n'y a jamais eu d'intervention de ma part", a-t-il poursuivi.

Ce mercredi matin encore, le site Internet du Point a révélé qu'Eric Woerth avait remis la légion d'honneur à Patrice de Maistre le 23 janvier 2008, lorsqu'il était au ministère du Budget. Le décret est paru le 14 juillet 2007, élevant Patrice de Maistre au grade de chevalier de la légion d'honneur sur le contingent du ministère de l'Economie et des Finances, selon la grande chancellerie de la Légion d'honneur.

À lire également

  • Rebondissements dans l'affaire Bettencourt-Woerth
  • Eric Woerth nie avoir reçu de l'argent de Liliane Bettencourt
  • L'Oréal face à l'affaire Bettencourt : Nestlé officiellement pour le statu quo

De son côté, le Parti socialiste continue à demander une enquête sur ces faits. "Le mieux est qu'une inspection soit organisée sur ce point-là et qu'une instruction judiciaire, qu'une information judiciaire soit ouverte", a demandé l'ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, sur Radio Classique.

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