Les BTS attirent plus de bacheliers professionnels

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Les bacheliers technologiques continuent de diminuer mais restent majoritaires. La part des bacheliers généraux baisse pour la première fois depuis 2005 au profit des bacheliers professionnels.

Les sections de techniciens supérieurs (STS) ont toujours le vent en poupe mais la croissance des effectifs ralentit. Après une stagnation voire une chute dans le secteur de la production en 2005-2006, les effectifs de ce cursus professionnalisant court (que valide le BTS) sont repartis à la hausse, mais cette dernière marque une pause depuis l'année dernière, selon une note d'information publiée par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche (DEPP).

On comptait à la rentrée 2010 223.700 étudiants en STS (hors établissements sous tutelle du ministère de l'agriculture), soit une modeste progression de 0,8% par rapport à l'année précédente et une part de près de 10% du total des étudiants français. Mais les évolutions diffèrent d'un secteur à l'autre. Le secteur de la production attire de moins en moins d'élèves alors que celui des services (principalement les formations des échanges et gestion) attire désormais 71,2% des étudiants de STS.

Moins de bacheliers généraux en 2010

Autre fait notable, la typologie des bacheliers inscrits évolue. Si le nombre de bacheliers technologiques représente toujours plus de la moitié de ces effectifs (56%), il continue de diminuer (- 1,2% par rapport à l'année précédente) progressivement depuis dix ans. Même tendance pour les bacheliers généraux, dont la part régresse pour la première fois depuis 2005 (- 2,6%) mais "cette baisse fait suite à plusieurs années de hausse [...], et s'explique en partie par le fait qu'il y ait moins de bacheliers généraux en 2010". A l'inverse, ce sont les bacheliers professionnels qui font leur trou dans ces formations : leurs effectifs progressent tous les ans (même si cette hausse a été moins marquée cette année) : + 2,8% à la rentrée 2010, + 19,2% à la rentrée 2009, + 6,2% en 2008. Les bacheliers professionnels pèsent désormais 20% des effectifs de STS contre 9% en 1999.

De quoi faire renouer légèrement les STS avec leur finalité première, qui était d'accueillir les bacheliers issus des voies non générales. Or ces dernières années, nombre de places étaient trustées par des bacheliers généraux. Se pose aussi surtout la question de l'avenir des titulaires d'un BTS, appréciés des recruteurs mais dont l'image s'est quelque peu dégradée. La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a annoncé en mai dernier un plan pour rénover cette filière qui passe notamment par le développement de l'alternance, le renforcement de l'accompagnement personnalisé (près d'un quart des élèves de STS après le bac décrochent et n'obtiennent pas le diplôme, selon une étude du Céreq de juin 2010), ou encore les dispositifs de poursuite d'étude (passerelles avec les écoles d'ingénieurs ou de management, conventions passées avec les universités permettant la délivrance de crédits universitaires...). Cette dernière voie plaît d'ailleurs aux employeurs. Selon l'Observatoire Passerelle-Ifop-L'Etudiant publié le 17 décembre, "depuis 4 ans, les recruteurs interrogés déclarent privilégier les jeunes diplômés ayant suivi un parcours BTS + école de commerce", ce qui relativise quelque peu la prépondérance des classes préparatoires.

Premier cycle universitaire fondamental

En décembre, Valérie Pécresse est même allée plus loin lors de la présentation de la nouvelle licence en évoquant "la mise en place d'un premier cycle universitaire fondamental qui réunirait les classes préparatoires, les classes de BTS, les IUT, les licences, jusqu'à la licence professionnelle". Et à la rentrée prochaine seront expérimentés les enseignements modulaires dans cinq spécialités de BTS ainsi que l'introduction d'une part de contrôle continue afin de faciliter les réorientations. La ministre doit d'ailleurs faire de nouvelles annonces sur les dispositifs de réorientation prochainement. Pour autant, cette perspective provoque quelques inquiétudes. Certains syndicats craignent que le gouvernement cherche à terme à faire disparaître les STS via ce schéma afin de faire des économies (du fait d'un taux d'encadrement élevé, un étudiant de STS coûte 13.220 euros contre 9.400 euros pour un étudiant en université).

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a écrit le 23/02/2011 à 11:35 :
« près d'un quart des élèves de STS après le bac décrochent et n'obtiennent pas le diplôme. » Soit 25 % d?échec. Or, les étudiants issus d?un baccalauréat professionnel, qui représentent désormais 20 % des effectifs de BTS, n?ont souvent pas le niveau requis. D?ailleurs, la finalité originelle du BAC PRO était une insertion professionnelle immédiate ; il faut noter le faible pourcentage d?élèves de la filière professionnelle souhaitant poursuivre dans le supérieur. En outre, la réforme du BAC PRO 3 ans va aggraver le phénomène car elle aboutit à une dévalorisation du diplôme (un BEP amélioré ?). La preuve : le BEP, autrefois un diplôme professionnel reconnu, n?est dorénavant plus qu?une certification scolaire ; il a maintenant la valeur de la feuille sur laquelle il est imprimé ! Auparavant, un élève pouvait arrêter après le BEP, donc après deux ans de scolarité, aujourd?hui il doit en faire trois, même s?il n?a ni le niveau, ni la volonté. Ajoutez-y les orientations par défaut et tous les ingrédients sont réunis !

« Se pose aussi surtout la question de l'avenir des titulaires d'un BTS, appréciés des recruteurs mais dont l'image s'est quelque peu dégradée. » Une dégradation que risque d?aggraver la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Comme son collègue Luc Chatel, elle parle de rénover cette filière. Or, les rénovations entreprises ces dernières années ont été synonymes de dégradations, pis de dévalorisation ! Il est fortement à craindre que le BTS, filière d?excellence, n?échappe pas au saccage en cours? pour le plus grand malheur des étudiants concernés et des entreprises.

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