Six PME sur dix n'ont pas effacé la crise

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La Tribune Infographie
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La dégradation de l'environnement économique national et international freine la demande, et pèse sur le moral des dirigeants des PME.

Pour les PME, le redémarrage de l'activité sera long et très progressif si l'on croit les derniers résultats du baromètre Ipsos réalisé pour le compte de La Tribune et LCL. En mars, 59% des dirigeants de PME interrogés estimaient que le niveau d'activité de leur entreprise était inférieur à celui affiché avant le déclenchement de la crise à l'automne 2008.

Dans ce contexte, il n'est guère étonnant de constater une baisse de deux points de l'indice mesurant le moral des dirigeants en mars.

Cette mollesse de la reprise s'explique essentiellement par la faiblesse de la demande, qu'elle provienne de la grande consommation, des PME et surtout de l'international, celle-ci s'inscrivant en forte baisse en mars. "La demande en provenance de l'export est très volatile depuis le début de l'année, fluctuant au gré des incertitudes géopolitiques et économiques", constate Axelle Lacan, économiste chez LCL.

Sans surprise, même si les ventes aux pays d'Afrique du Nord et au Japon ne représentent que 4% et 1,5% des exportations totales tricolores, ces incertitudes s'expliquent en grande partie par les profonds bouleversements politiques en cours au Maghreb et par la triple catastrophe subie par l'archipel nippon. Problème, marqué par la remontée récente des cours des matières premières, l'environnement économique national n'est pas plus réjouissant malgré le lancement des plans export et simplification lancés par la nouvelle équipe gouvernementale.

Seule bonne nouvelle

Seule note positive, l'emploi est bien orienté, même si la fin des aides à l'apprentissage devrait inciter 42% des chefs d'entreprises à moins recourir à ce dispositif. "Le solde hausse-baisse des réponses sur le niveau d'embauche montre une progression positive de 9%. On passe de - 3% à + 6%. C'est la deuxième fois en quatre mois que l'embauche est au dessus de zéro. C'est une très bonne nouvelle", avance Yves Fradier, directeur de clientèle chez Ipsos. On peut donc espérer que, sur ce point, les stigmates de la crise soient bientôt effacés. En 2010, l'économie française a créé 164.000 emplois dans le secteur marchand après en avoir détruit 514.000 en 2008 et 2009 selon les calculs du Trésor (La Tribune du 11 janvier).

"Ces résultats sont compatibles avec notre scénario. Après des performances décevantes affichées fin 2010, l'activité au premier trimestre devrait faire preuve d'un certain dynamisme", explique Axelle Lacan. La Banque de France table par exemple sur un rebond de 0,8% du PIB au premier trimestre, loin du timide + 0,3% observé trois mois plus tôt. "Au-delà, la croissance devrait se tasser. La consommation privée devrait en effet souffrir du programme d'assainissement des finances publiques, de la remontée de l'inflation et du niveau élevé du chômage. L'investissement des entreprises devrait quant à lui poursuivre son lent redressement. Face à un environnement qui reste très incertain, un rebond vigoureux n'est pas à attendre", poursuit l'économiste.

 Découvrez l'intégralité du baromètre

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Commentaires
a écrit le 22/03/2011 à 23:59 :
Comment pourrait-il en être autrement quand on voit, grâce à l'étude de la Cour des Comptes comparant les prélèvements obligatoires de la de la France et de l'Allemagne, que la France prélève 5% de plus du pib que l'Allemagne et que les prélèvements sur les ménages en France étant un peu plus faibles qu'en Allemagne, les entreprises françaises supportent plus de 5% du pib, plus de 100md ?, de plus que les entreprises allemandes. Quand on voit que ce gouvernement se tétanise sur l'ISF, 3md ? et le bouclier fiscal, 0,4md ?, il y a de quoi se taper le derrière au lustre. De nombreuses pme exerçant en France vont continuer à souffrir de la crise longtemps après sa disparition.

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