Un plan pour promouvoir l'enseignement français à l'étranger

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Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a présenté ce mercredi le plan pour le développement de l'enseignement français à l'étranger attendu depuis 2007.
Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a présenté ce mercredi le plan pour le développement de l'enseignement français à l'étranger attendu depuis 2007.
Le ministre des Affaires étrangères a présenté ce mercredi en conseil des ministres ce plan en gestation depuis trois ans. 420 millions d'euros par an seront consacrés au réseau des établissements à l'étranger pour 2011-2013.

Enfin ! Après trois années de consultations et de travaux divers et variés, le ministre des Affaires étrangères a présenté ce mercredi en conseil des ministres le plan de développement de l'enseignement français à l'étranger. Depuis 2007, la commission sur l'avenir de l'enseignement français à l'étranger, l'agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) ainsi que des Etats généraux se sont penchés sur la question. A l'origine de ces travaux, la recherche d'un meilleur équilibre financier du réseau des 470 lycées français qui accueillent près de 300.000 élèves (dont 55% d'étrangers) dans 130 pays alors que l'AEFE voit régulièrement ses subventions baisser.

Gratuité contestée

Le plan présenté ce mercredi par Alain Juppé vise à conforter ce réseau en "consacrant des moyens significatifs" à savoir 420 millions d'euros par an pour la période 2011-2013. Par ailleurs, le principe de la gratuité des frais de scolarité pour les élèves de ces lycées français à l'étranger a été réaffirmé comme "un effort particulier" de la part de l'Etat. Or, cette prise en charge des frais de scolarité, voulue par Nicolas Sarkozy et entrée en vigueur dès la rentrée 2007 pour les classes de terminale et étendue en 2009 aux élèves de seconde et de première terminale, est largement contestée. Il y a tout juste un an, un rapport parlementaire avait épinglé cette initiative et préconisé sa suppression (La Tribune du 12 juillet 2010). Et sa généralisation à tous les élèves des lycées français de la primaire au secondaire, qui devait être progressive a été suspendue et le montant de la prise en charge plafonné. En cause, le coût de cette promesse électorale : plus de 106 million s d'euros en 2010 et 177 millions prévus en 2013. Le coût d'une généralisation totale a, lui, été estimé à 700 millions d'euros. Une "charge privée" (dont s'acquittent souvent les employeurs des expatriés) désormais "assumée par le contribuable", avait critiqué les rapporteurs, pointant également l'éviction de fait des élèves étrangers, non dispensés de frais. Aujourd'hui, le sujet fait toujours débat.

Faire face à la concurrence

Autres mesures annoncées en Conseil des ministres, la mise en place d'une "cartographie de l'enseignement français à l'étranger" afin de mieux piloter l'offre scolaire à l'étranger et surtout la création d'un label "FrancEducation" à la rentrée prochaine. Ce nouvel outil vise à "développer la présence éducative dans le monde" en permettant à une "centaine d'établissements d'excellence étrangers" (publics ou privés) d'adosser leurs programmes respectifs locaux "au modèle éducatif français". Ce label sera attribué pour trois ans et pourra être renouvelé en fonction bien sûr d'un cahier des charges précis (enseignements en français, cours de culture françaises...) défini avec le ministère de l'Education nationale.

Ce plan vise à assurer le développement et le rayonnement de l'enseignement français à l'étranger alors qu'il souffre de plus en plus de la concurrence des autres modèles en particulier anglo-saxons.

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Commentaires
a écrit le 17/06/2011 à 5:44 :
Les lycées français sont un excellent investissement, surtout lorsqu'il s'agit d'élèves étrangers. Mais ce financement les exclut indirectement, puisqu'il permet à davantage de Français d'en profiter.
Certes la France ne peut financer la terre entière, et le label signalé sera, j'espère un bon moyen d'arriver à un résultat analogue sans avoir à le financer.
L'article aurait du rappeler que la demande de français est considérable dans le monde (comme cela étonne les Français, qui pensent que seul l'anglais est demandé, il faut le répéter) et que ni l'enseignement public dans les pays francophones (en piteux état), ni les Alliances Française, ni la Mission laïque n'arrivent à faire face. C'est le privé qui s'en charge, du plus humble (une école de secrétariat) au plus prestigieux. Que le Quai n'hésite pas à "déroger" en le reconnaissant !!!!
a écrit le 16/06/2011 à 13:50 :
@ candide : parfaitement exact !
cet enseignement est très coûteux, sous perfusion permanente, et ne rapporte quasiment rien au pays.
c'est simplement une solution de confort pour nos "très pauvres" expatriés, et si quelques étrangers viennent y effectuer leur scolarité, ils ne poursuivent que très rarement en France ( devinez pourquoi ?), mais passent sur l'enseignement supérieur US ou anglais.
a écrit le 16/06/2011 à 11:07 :
Avant de promouvoir l'enseignement à l'étranger, il faudrait déjà le promouvoir en France !
a écrit le 16/06/2011 à 7:50 :
Dans ces temps de mondialisation avancée, notre gouvernement a enfin réagit sur une tendance de fond. Les français s'expatrient de plus en plus, en quete de vie meilleure (moins taxée) et la plupart d'entre eux, sont dans l'obligation de placer leurs enfants dans des écoles locales par manque de place . Le gouvernement a pris conscience du risque pour ces enfants de perdre leur attachement ( rattachement ?) à la France ...
a écrit le 15/06/2011 à 21:29 :
La grande majorité des Français expatrie envoient leurs enfants dans les écoles local du pays dans lequel ils vivent .
a écrit le 15/06/2011 à 20:55 :
Encore du jeu de dînette et du gaspillage
a écrit le 15/06/2011 à 19:25 :
1) pas d'accord pour que ce soit le contribuable français qui s'appuie la note des résidents étrangers ou de leurs patrons. 2) le français est une langue quasi-morte et c'est donc jeter l'argent par les fenêtres que de lui consacrer un seul centime.
Réponse de le 16/06/2011 à 9:47 :
Avec ce genre de raisonnement, on ferme le ministère des affaires étrangères, tous les consulats et ambassades de France à travers le monde, et on se recroqueville à l'intérieur de ses petites frontières en attendant que le temps passe...
a écrit le 15/06/2011 à 16:32 :
L'ingénieur français comme le boulanger patissier français, quand ils sont en poste à l'étranger ils ne parlent pas le français mais la langue locale et/ou l'anglais. Quant aux résidents français en poste à l'étranger ou les vacanciers ou les retraités français à l'étranger, eh bien ils ne parlent pas le français qu'entre eux sinon ils parlent la langue locale et/ou l'anglais. Alors à quoi vont servir tous ces millions prélevés sur les impôts des français ?
Réponse de le 15/06/2011 à 20:48 :
@ tartemol: les retraités français dans des pays autre que ceux du Magrhreb où l'on parle français ne sont pas légions.... et c'est tant mieux, parce que les Français qui parlent correctement une autre langue ne sont pas légions non plus :-)

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