La porte-parole de Nicolas Sarkozy accuse le candidat socialiste de "volte-face" et de changer souvent d'avis sur ses principales annonces en matière fiscale: ISF, quotient familial, fusions CSG/CRDS.La porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, n'a pas mâché ses mots mardi à l'encontre de François Hollande. Elle lui a même inventé un nouveau slogan " le changement c'est tout le temps", façon de dénoncer, selon elle, le "flou" de ses propositions, ses " volte-face" et le fait "qu'il change d'avis tout le temps". Et d'égrener les questions fiscales et sociales sur lesquelles le candidat socialiste se serait plusieurs fois contredit. Ainsi, François Hollande est accusé de ne finalement pas "changer le seuil d'entrée pour l'impôt sur la fortune (ISF)" - actuellement fixé à 1,3 million d'euros - alors qu'il avait dit qu'il le ferait. En réalité, le candidat socialiste a précisé que, en effet, le seuil serait toujours de 1,3 million mais qu'il il y aurait taxation à partir de 800.000 euros selon l'ancien barème en vigueur avant la réforme d'avril 2011 si ce seuil de 1,3 million était atteint ou dépassé.
NKM ironise sur la la tranche à 75%
NKM a aussi reproché au favoris des sondages son incertitude sur la fusion des assiettes CSG et IRPP "avant c'était immédiatement, maintenant c'est à terme". De fait, François Hollande n'évoque plus qu' une fusion à terme, tant l'exercice est délicat a résoudre dans l'immédiat et les obstacles techniques nombreux à lever, de la CSG et de l'IRPP dans le cadre d'un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). NKM ne croit pas non plus à l'instauration d'une nouvelle tranche marginale d'IRPP à 75% au dessus de 1 million de revenu. Et de lancer : "On a en ce moment des membres de l'équipe de François Hollande qui font la tournée des artistes et footballeurs pour leur dire rassurez-vous nous n'avons pas l'intention de le faire"... Rien ne le prouve. Mais on voit mal François Hollande renoncer à l'une de ses rares mesures phares.
Augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire
Quant à la réforme du quotient familial (QF), là aussi NKM ironise "avant cela devait concerner tout le monde, maintenant ce serait seulement pour les plus aisés". De fait, une réforme globale du QF étant difficile à expliquer et risquant de le mettre en difficulté avec les classes moyennes, François Hollande a préféré ne s'intéresser, pour le moment, qu'au seul plafond du quotient, l'abaissant de 2.300 à 2.000 euros, ce qui ne concerne que les plus hauts revenus (supérieurs à six Smic) . Mais, parallèlement, réforme nettement plus visible, le candidat socialiste a décidé d'augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire (versée sous condition de ressources) dès septembre 2012. Enfin, la porte-parole de Nicolas Sarkozy a reproché à François Hollande d'annoncer la création de 60.000 postes dans l'Education nationale "sans dire où il supprimerait les autres puisqu'il a précisé que cela se ferait à effectif constant". Ceci est exact, François Hollande a parlé de "stabilité des effectifs".
"On doit vraiment les inquiéter », ironise à son tour un très proche de François Hollande, car vous remarquerez qu'il n'y a qu'à François Hollande que l'on demande de rentrer à ce point dans le détail de ses propositions ".