L'activité réduite, une alternative au chômage ?

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Une enquête réalisée par l'Unedic sur les chômeurs qui cumulent indemnisation et rémunération, dans le cadre du mécanisme de "l'activité réduite", montre que cette population retrouve un peu plus rapidement un emploi en CDI que les chômeurs "ordinaires". En outre, un tiers des chômeurs en activité réduite déclarent se sentir "plus proches" du marché du travail. Cependant, ce dispositif est considéré comme un pis aller par les deux tiers des sondés. A l'instar du chômage partiel, le mécanisme de l'activité réduite pourrait servir de base à un futur système de "flexisécurité" à la française, permettant d'assurer une formation, une rémunération et une activité partielle à des salariés victimes d'une restructuration.

C?est sans doute un hasard de calendrier. Mais il est le bienvenu. Alors que les partenaires sociaux vont plancher à compter du 4 octobre sur la façon de bâtir une "flexisécurité" à la française, l?Unedic publie une enquête* sur les allocataires de l?assurance chômage qui exercent en même temps une activité réduite. Autrement dit, l?étude s?intéresse à ces chômeurs qui, sous certaines conditions, bénéficient d'un cumul partiel de leur allocation avec un revenu d'activité. Parmi ces conditions, il ne faut pas que la durée d?activité mensuelle dépasse les 110 heures et la rémunération ne doit pas excéder 70% de l?ancien salaire brut.

L'activité réduite pourrait servir de base à un dispositif de "flexisécurité"

Mais quel rapport avec la "flexisécurité"? Gouvernement, patronat et syndicats sont à la recherche d?un dispositif qui permettrait à un salarié victime d?une restructuration de ne pas tout perdre: rémunération, protection sociale, etc. Il conviendrait de lui trouver un statut protecteur et de l'inciter à se former pour rester employable. Or, ce dispositif à inventer pourrait s?appuyer sur les mécanismes actuels de chômage partiel (où le salarié est encore sous contrat avec son entreprise) et "d?activité réduite" que propose l?Unedic. D?autant plus que, d?après l?enquête réalisée auprès de 2.000 personnes concernées, les bénéficiaires déclarent que ce système permet "de rester proche du marché du travail" et d?acquérir "une expérience professionnelle".
En 2011, 1,1 million d'allocataires ont été concernés par l'"activité réduite", selon l'Assurance chômage. Parmi eux, 51,7% ont effectivement cumulé rémunération et indemnisation, les autres ayant excédé le plafond fixé pour les revenus ou le volume horaire d'activité. Ces allocataires sont indemnisés le plus souvent à la suite de la perte d'un CDD ou la fin d'une mission d'intérim (les principaux motifs d?inscription au chômage).
L'Unédic souligne que, quelques mois après avoir été en "activité réduite", 61,4% des personnes interrogées sont en emploi, dont 35,1% toujours dans le cadre de "l?activité réduite", tandis que 26,3% sont sortis des listes de Pôle emploi, surtout des moins de 50 ans et des diplômés.

Les chômeurs en "activité réduite" sont davantage à retrouver un CDI que les autres

Par rapport à l'ensemble des indemnisés sortant des listes de Pôle emploi, les personnes interrogées qui ont pratiqué l'activité réduite avant de retrouver un emploi ont accédé plus fréquemment à un CDI (43,5% contre 39,3%) ou à des contrats de plus de six mois (53,5% contre 40,6%). Et près de 97% des bénéficiaires sondés considèrent que l'activité réduite leur a procuré au moins un avantage, notamment celui de rester proche du marché du travail (33,7%) et d'avoir pu acquérir une expérience professionnelle (23%). Cependant, "l'activité réduite" est vécue comme un pis aller. Près des deux tiers des enquêtés déclarent ainsi avoir accepté l?activité réduite à défaut d?avoir pu obtenir un emploi plus attractif, même s?ils sont 62% (surtout chez les plus inexpérimentées) à reconnaître que l?emploi occupé leur a permis de développer leur expérience professionnelle. En outre, l?espoir que le poste occupé dans le cadre de " l?activité réduite" se prolonge en CDI ainsi que la possibilité d?accroître la durée d?indemnisation constituent une source de motivation supplémentaire pour respectivement 40,9% et 28,9% des sondés.


Vers une amplification du dispositif?

Alors certes, le mécanisme "d?activité réduite" est loin de constituer la panacée. Il mérite cependant de retenir l?attention des partenaires sociaux. Il peut constituer ? à l?instar du chômage partiel ? la base d?un nouveau dispositif (financé par l?Etat, les entreprises et l?assurance-chômage) permettant d?assurer un statut, un revenu, une activité même réduite et, surtout, une formation, à des salariés victimes d?une restructuration. Reste à trouver les tuyauteries pour le financement et, surtout, à construire l?architecture d?un tel mécanisme. Pas évident ! Mais ceci vaudra toujours mieux, économiquement et psychologiquement parlant, que le chômage à temps complet !

 

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a écrit le 21/09/2012 à 0:58 :
Excellente piste, la réglementation sur 'emploi est beaucoup trop rigide, c'est le tout ou rien, un coût énorme pour l'employeur et un stress beaucoup trop lourd pour le salarié constamment angoissé à l'idée de perdre son emploi, voire profondément déprimé. Parallèlement, les formalités d'entrée ou d'embauche sont souvent dissuasives.
a écrit le 20/09/2012 à 12:46 :
D'améliorer sans panacée aucune le statut du travail et de l'emploi est un sujet grave, j'entends par là,qu'il relève aussi des commissions de sur endettement si ce n'est des besoins de l'économie en matière de désendettement. Personne ne consent que sur la base fiscale aussi simpliste nous ayons des rapports à la retraite si violents, mal engagé pécuniairement, imprégné non seulement, d'écarts de salaires aussi impressionnants que totalitaire, et injuste. Un exemple : les jours consécutifs qui devraient être annulés alors qu'ils restent obligatoire sont une ineptie notoire. Il y a sur le plan de leurs validations des choses à changer sur une base plus souple,,les contrôles fiscaux de jadis en attestent pour ce qui est des entreprises en période de crise. Il y a tellement d'effort et d'objectivité à lutter contre, qu'il me semble nécessaire pour valider nos retraites d'être plus clair, et moins sentencieux car ce n'est pas les conditions d'offre du salarié à temps partiel qui sont responsables de nos faire valoir, c'est bien le mode de calcul empesé qui est significatif du rapport à l'argent en fonction du salaire/ Travail, c'est l'État pourvu d'une empathie qui fait des calculs pour moi trop rétrogrades imposant une logique comptable qui trahit l'effort de principe : il est nécessaire de revoir l'activité saisonnière ou à temps partiel, voire à temps indéterminé comme je l'évoquais plus haut. C'est pour certains une latitude saisonnière plus que comptable , c'est certain. Cette lutte implacable serait nécessaire pour nous satisfaire de nos retraites. Ceux qui nous emploie doivent être plus solidaires, il y a des richesses en friche, en occultant la gauche j'entends bien nourrir le débat...
a écrit le 19/09/2012 à 20:16 :
mdr cet article!!!!!!!
Réponse de le 19/09/2012 à 23:42 :
Pourtant , il n y a pas de quoi rire! Le chômage est la première préoccupation des Français. C'est un sujet austère... donc pas très drôle. Toutes les voies doivent être explorées pour réduire ce fléaux. Contrairement à ce que disait le président François Mitterrand, toutes les voies n'ont pas été explorées. L'activité partielle, comme la pratiquent en masse nos voisins allemands et italiens, peut permettre d'améliorer un peu les choses en période de crise. Certes, ce n'est pas la panacée, mais seulement une piste.
Respectueusement. Et merci pour votre riche contribution au débat.
Réponse de le 20/09/2012 à 10:06 :
très bon article, je travaille pour une société allemande, et le principe du travail réduit (kurzarbeit) a permis de sauver l'entreprise, de conserver les personnels et donc les savoir-faire. de plus les personnels ont eu une perte minime de revenu. c'est un système qui mérite d'être analysé et importé en France de manière intelligente.

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