Crédit d'impôt compétitivité et emploi : les banques prennent enfin le relais d'Oseo

 |   |  643  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Attendue depuis plusieurs semaines, la charte pour le préfinancement du Crédit impôt compétitivité et emploi (CICE) sera signée à Bercy. L'objectif? Accélérer l'adoption d'un dispositif qui peine à se mettre en place. La cible ?Les entreprises ayant des difficultés de trésorerie.

Vendredi, à Bercy sera signée la charte pour le préfinancement du Crédit impôt compétitivité et emploi (CICE). Concrètement, à partir de cette date, les banques commerciales s'engageront à proposer le préfinancement de ce crédit d'impôt aux entreprises qui leur en feront la demande.

Qui demandera ce préfinancement, qui représente jusqu'à 85% du montant du CICE ? Essentiellement les entreprises qui ont des problèmes urgents de trésorerie. Et elles sont nombreuses! « Les retards de paiement progressent très vite, dans toutes les régions de France et en particulier en Ile-de-France », observe Patrice Coulon, le directeur général délégué de GE Capital France.

Seule Oseo était jusqu'ici sur le front

Depuis février, seule Oseo, qui s'appellera bientôt bpi financement, proposait de préfinancer le CICE aux entreprises en reprenant la créance de CICE qu'elles ont sur l'Etat.  2.670 préfinancements ont déjà été réalisés, ce qui représente près d'un demi-milliard d'euros versés aux entreprises en moins de trois mois.

Comment expliquer ce retard ?  Parce que les banques attendaient de connaître parfaitement un dispositif entièrement nouveau, en laissant Oseo « essuyer les plâtres ? Toutes les banques connaissent pourtant le CICE depuis une réunion organisée le 21 décembre au Trésor.

Oseo, une banque comme une autre

Parce que les banques doivent respecter des règles prudentielles plus strictes qu'Oseo ? Même pas. En tant qu'établissement de crédit, cette filiale de la SA BPI-Groupe est soumise aux normes bancaires, en particulier aux règles prudentielles « Bâle 3 », en cours de négociation. Elle doit donc trouver un équilibre entre le volume de prêts et leur niveau de risque. "Il faut préciser que le circuit de contrôle prudentiel est très court chez Oseo. Les prises de décisions sont bien plus longues dans les grandes banques commerciales", constate Eric Champenois, directeur Crédit court-terme chez Oseo qui, en tant que bras armé de l'Etat, se devait d'être prêt rapidement.

En fait, jusqu'à la signature de cette charte, rien n'obligeait les banques à proposer un produit dont le rendement ne sera pas extraordinaire, proche de 3% à 4% ? Oseo ayant normé le marché, les banques ne se sont pas précipitées compte tenu des rendements attendus. A titre de comparaison, un crédit court terme se négocie à un taux de 9%-10%  selon les statistiques de la Banque de France.

Actuellement, seuls quelques établissements de crédit parmi lesquels la Banque Palatine, LCL et BNP Paribas, dans de très petits volumes, ont décidé de ne pas attendre la signature de cette charte et pris l'initiative de proposer ce préfinancement à leurs clients. Le Trésor devrait communiquer le nombre de dossiers traités par les banques à la fin du mois.

Une créance sur l'Etat

Effectif depuis le 1er janvier 2013, le CICE est disponible pour les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel et soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu. Il s'applique quel que soit le mode d'exploitation de ces entreprises et quelle que soit la catégorie d'imposition à laquelle elles appartiennent, dès lors que ces entreprises emploient du personnel salarié. Il permettra à 1,5 million d'entreprises d'acquérir une créance fiscale de 13 milliards d'euros dès 2013, et de 20 milliards dès 2014.

En 2013, première année de montée en charge, le taux applicable est de 4% de la masse salariale brute supportée au cours de l'année pour les rémunérations inférieures ou égales à 2,5 SMIC. Il atteindra 6% dès 2014. Ses règles sont les mêmes que celles des allègements généraux de cotisations sociales et du crédit d'impôt recherche, deux dispositifs déjà bien connus des entreprises.


 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/05/2013 à 19:49 :
Je ne sais pas combien sont chefs d'entreprise parmi tous ces commentateurs négatifs mais je tiens à souligner pour être chargé régulièrement de leur apporter conseil, que cette tonalité franchouillarde misérabiliste n'est pas majoritaire, loin s'en faut, parmi les entrepreneurs: quand on ne veut pas écouter, évidemment on ne comprend rien : n'est ce pas sherpa ?
Réponse de le 21/05/2013 à 22:56 :
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs...
Je suis chef d'une petite entreprise. Je me suis fait massacré par ce gouvernement. Il est vrai que je ne comprends strictement rien au CICE et que je n'ai même pas envie d'y mettre le nez. J'ai pas confiance et dans les affaires, il n'est jamais bon de ne pas avoir confiance dans un supposé partenaire.
Depuis janvier 2013, j'ai basculé l'essentiel de mon activité sur une structure à l'étranger. Pour moi, Hollande, les socialos, la boite à outils, tout ça, c'est du passé dépassé...
a écrit le 21/05/2013 à 14:59 :
Encore un "truc" complexe qui s'ajoute au mille feuille Français et qui ne va pas aider réellement pour lutter contre le chômage ou la crise. A la France de simplifier, modifier certains acquis, certaines règles, pour ne pas scléroser nos entreprises, leur donner un futur optimiste en France (et non à l'étranger après délocalisation) et ainsi limiter tout ce chomage. C'est trop demandé à nos dirigeants de prendre des décisions courageuses ou espèrent ils s'en mettre plein les poches jusqu'à la banqueroute.
a écrit le 21/05/2013 à 14:38 :
Pour que la fonction publique se réinvente sans se renier :
la start-up administrative
www/librepolitique.com
a écrit le 21/05/2013 à 13:49 :
Un classement international très sérieux vient de décerner les prix de l'industrie. La France rafle une fois de plus le première place dans la catégorie "Usines â gaz" !
a écrit le 21/05/2013 à 13:40 :
Voilà que la BPI devient une simple banque de réescompte des créances CICE sur l'état. Une manière de créer du business bancaire complètement artificiel. La banque de réescompte est vraiment une antiquité à l'heure des technologies numériques. En plus il y a perte en ligne pour le vrai business non virtuel : prélèvement d'un intérêt de 6%.
a écrit le 21/05/2013 à 13:37 :
C'est au contraire simple et efficace : que l'entreprise paie (bénéficiaire) ou pas (déficitaire) l'IS ou l'IR, elle dispose d'un crédit d'impôt égal à 4% puis 6% de sa masse salariale éligible, donc c'est bon à prendre (environ 1000? par salarié). Seul le préfinancement est frappé d'un intérêt par les banques ou OSEO puisque c'est un prêt, mais rien n'oblige l'entreprise à en user. Les patrons éclairés ont bien compris le caractère avantageux du dispositif qui est clairement une réduction de charges sans contrepartie.
Réponse de le 21/05/2013 à 14:59 :
effectivement, seul le préfinancement coute...sauf qu?aucun patron éclairé ne préfinance quoi que ce soit à 6% sans sy être obligé. ceux qui le font y sont donc contraint - c?est d'ailleurs ce que dit l'article, l'objectif, c?est de récupérer du liquide pour éviter les ruptures. . ce qui fait de ce dispositif un dispositif "défensif" , à l'oppose du dispositif offensif, tourné vers investissement qu'il est censé être. sauf à investir en utilisant du cash à 6%...bref, le plus simple aurait été de diminué directement les charges.
a écrit le 21/05/2013 à 12:46 :
fantastique ! donc, au final, le crédit d?impôt se transforme en un prêt à 6%, pendant des mois (le temps que l'IS, et donc le crédit correspondant soit établit) ! et bien entendu, cette somme ne sera pas disponible plus tard pour investir ! Et pourquoi ? Parce qu'il est utilisé par des entreprises aux abois, qui essayent d?éviter le défaut le paiement...qui jouent leur survie, bien avant la volonté, ou la capacité de se développer...cette usine à gaz va tomber à coté , et c'était plus que prévisible.., c?est dramatique..consolons nous un peu : au moins, les 6% d?intérêt seront déductible sur le calcul l?impôt 2013 . enfin en partie, puisque la déductibilité été limitée: on va donc payer des impôts sur les intérêts de l?avance du crédit d?impôt !!! fantastique !!!
a écrit le 21/05/2013 à 12:08 :
Que c compliqué encore....
Arrêter ces p*tains de niches bordel! Baisser les taces pour toutes les ets et en échange plus aucune aide ciblé en fonction de 10 000 critères tout en blablatant des heures avec les banquiers, états et consorts!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :